Des PME romandes livrent des crèches clés en main

Petite enfanceEn l’espace de huit ans, Pop e poppa et Cap Canaille ont développé 18 établissements.

Pop e poppa et Cap Canaille ont su répondre à la forte demande de crèches.

Pop e poppa et Cap Canaille ont su répondre à la forte demande de crèches. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Développement de marques de prêt-à-porter, explosion des boutiques en ligne, les entrepreneurs s’intéressent aux plus jeunes. Et le monde des crèches ne fait pas exception. Souvent associé à un service public, le secteur séduit de plus en plus les entreprises. En Suisse romande, deux sociétés ont su surfer sur cette tendance.

Avec quatorze structures développées et exploitées depuis 2008 — dont cinq en 2014 — Pop e poppa occupe la place de leader romand (600 places). Dernière crèche en date: celle du Sabotier de Veyrier et ses 25 places. Inaugurée samedi, cette dernière est active depuis septembre. «Contrairement à la Suisse alémanique, où les pouvoirs publics se tournent généralement vers les crèches privées, le marché Suisse romand reste souvent réservé aux communes, précise Frédéric Chave, membre du comité de Pop e poppa. Notre statut d’association à but non lucratif nous permet de nous développer dans un tel cadre.»

Depuis dix ans, l’entrepreneur dirige en parallèle, avec son associé Frédéric Baudin, l’entreprise Amalthée Sàrl, spécialiste de la gestion administrative des crèches. Basée à Aubonne, cette société devrait faire 2,1 millions de francs de chiffre d’affaires en 2014 et emploie 22 personnes pour 2000 places d’accueil. Elle se charge essentiellement des salaires, de la comptabilité et de la facturation aux familles.

Un service pour entreprises

Depuis un an, les associés d’Amalthée se sont diversifiés, avec la création de Pop e poppa Suisse Sàrl. Le but: développer des crèches privées. Un service plutôt destiné aux entreprises, à l’image de l’établissement ouvert le 15 octobre sur le business park de Terre Bonne près de Nyon, mais qui n’exclut pas pour autant les municipalités. Le réseau nyonnais a réservé 30 des 78 places disponibles.

Une activité privée lucrative? «Elle est avant tout risquée, souligne Frédéric Chave. Nous avons besoin d’un taux d’occupation de 80% pour être rentables. C’est très difficile à Genève, avec des charges (notamment le loyer) qui nous poussent à définir des tarifs aux alentours de 3700 francs le mois, alors que la Ville de Genève plafonne le prix à 1640 francs (hors employés des organisations internationales) dans les crèches municipales.» Avec un tarif ramené à 2900 francs, Pop e poppa peut être plus compétitive dans le canton de Vaud, où elle exploite trois crèches privées.

Crèches bilingues

Avec trois structures à Rolle, Morges et Mont-sur-Lausanne, la société Cap Canaille SA a aussi choisi de se développer dans le canton de Vaud. Basé à Villars-sur-Glâne (FR), où le premier de ses quatre établissements a été lancé en 2006, l’exploitant de crèches pour entreprises et communes mise sur des établissements bilingues français-anglais. «Le concept intéresse les expatriés, mais aussi les Suisses qui composent 55% de notre clientèle», remarque Peter Zahnd copropriétaire de la société, qui propose actuellement 370 places.

Une stratégie qui permet à l’entreprise de séduire des multinationales et de s’assurer une clientèle subventionnée par son employeur. «Pour atteindre un taux de remplissage de 80%, il faut en général compter trois ans et faire face à des pertes potentielles, analyse Peter Zahnd. C’est moins le cas avec un partenaire solide.»

Pour l’avenir, les deux entreprises parlent de «projets en développement». Elles envisagent par ailleurs l’arrivée d’acteurs étrangers, notamment de France, pays où le marché national des crèches est déjà arrivé à maturité. Pop e poppa a d’ailleurs annoncé en janvier une joint-venture avec la Maison Bleue, acteur majeur du secteur dans l’Hexagone. (TDG)

Créé: 27.10.2014, 21h04

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