DuPont se démarque sur le marché des durites

MultinationalesLe groupe présent à Genève depuis 1959 a lancé une machine à conduits d’air. En grande pompe

La machine à durites, présentée au conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet (à droite de face), peut créer une centaine de conduits d’air par heure.

La machine à durites, présentée au conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet (à droite de face), peut créer une centaine de conduits d’air par heure. Image: Pierre Abensur

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Une machine qui crée des conduits d’air pour moteur automobile. L’entreprise américaine DuPont a inauguré ce vendredi, en présence de nombreuses personnalités, dont le conseiller d’Etat Pierre Maudet, un outil inédit dans son centre de recherche de Meyrin. Le ministre a même coupé un ruban rouge pour marquer l’événement.

Une célébration censée rappeler à quel point le bout du lac compte pour l’industrie automobile et combien les grandes entreprises y sont attachées. DuPont est un acteur historique à Genève: le géant des matières a ouvert un premier bureau dans le canton en 1959 et il a longtemps été son principal employeur privé.

Un géant méconnu

Cet acteur reste méconnu du public, lui qui ne lui vend rien directement. Le fournisseur en matières pour emballages – des paquets de céréales aux chips Pringles – composants électriques, flacons cosmétiques ou encore machines à café – pas seulement celles de Nespresso – est pourtant omniprésent. Il s’est fait un nom en créant les marques Téflon, un polymère essentiel aux ustensiles de cuisine, Kevlar, une fibre textile résistante qu’on trouve dans les casques, ou Lycra, une fibre élastique également commercialisée à travers la planète.

DuPont est d’autant moins connu qu’il fournit d’autres entreprises méconnues – des convertisseurs qui transformeront ses matières granulées en produits fins. Ces groupes, qui s’appellent Valeo, Hutchinson, Continental ou Denso, sont eux-mêmes des sous-traitants des constructeurs, de Volkswagen par exemple.

Plus d’un tiers (37%) des ventes de DuPont émane de sa division consacrée aux transports. La machine meyrinoise – techniquement il s’agit d’une extrudeuse souffleuse 3D par aspiration, elle a nécessité huit ans de recherche – a été créée par une société partenaire, ST Blow Moulding, basée en Italie et en Suisse. Le prototype fait office de moule pour conduits d’air, soufflets ou durites. DuPont se charge des matières moulées, qui doivent être suffisamment souples et résistantes pour s’épanouir dans l’environnement à haute pression et à température élevée d’un moteur. Conçues à Genève, elles seront développées en masse dans d’autres succursales de la multinationale.

Le marché est immense. En 2021, une centaine de millions de moteurs devraient être en circulation, la moitié d’entre eux seront turbocompressés, donc susceptibles d’utiliser les services de DuPont. L’entreprise est leader dans ce secteur. «Tous les fabricants d’automobiles mondiaux sont passés par notre centre à Meyrin au moins une fois», selon Michel Renaud, cadre chez DuPont. «Ils viennent pour s’informer, discuter, exprimer leurs désirs.»

Turbulence à Genève

Pour satisfaire aux exigences en termes d’émissions de gaz à effet de serres, la branche automobile se tourne vers les moteurs turbocompressés. Plus légers, moins complexes et moins chers que les modèles traditionnels, les conduits d’air qui jailliront des usines de DuPont – le prototype de Meyrin peut en cracher une centaine par heure – doivent contribuer à rendre les véhicules moins polluants.

La célébration d’hier s’est déroulée dans un contexte difficile. DuPont a supprimé 45 postes à Genève cet hiver, les conséquences d’un plan d’austérité destiné à lui faire économiser 700 millions de dollars en 2016. Ces dernières années, le groupe a déjà réduit sa présence en Suisse à plusieurs reprises. Ses effectifs dans le pays – le gros des troupes est à Genève – sont passés de 677 salariés en 2009 à 560 l’an dernier.

En décembre, une fusion avec son concurrent américain Dow Chemicals a été annoncée, elle doit encore être validée par les autorités de la concurrence et ses actionnaires. S’accompagnera-t-elle de nouvelles mesures douloureuses pour Genève? Les employés sondés par notre journal se sont dits «pas trop inquiets» car, entre Dow Chemicals et les activités genevoises de DuPont, peu d’activités se chevaucheraient.

Créé: 25.06.2016, 14h02

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