Passer au contenu principal

La démission du directeur d’ABB Sécheron laisse craindre le pire

La nouvelle de ce départ est un choc pour les employés qui redoutent la délocalisation de 180 emplois sur 330 du site genevois.

Jean-Luc Favre, Directeur général de ABB Sécheron, dans les ateliers de Meyrin-Satigny. Son départ suscite de vives inquiétudes chez les employés.
Jean-Luc Favre, Directeur général de ABB Sécheron, dans les ateliers de Meyrin-Satigny. Son départ suscite de vives inquiétudes chez les employés.
Magali Girardin

Les inquiétudes quant à l’avenir d’ABB Sécheron, fleuron de l’industrie genevoise, prennent de l’ampleur. Jean-Luc Favre, son directeur général, a décidé de quitter l’entreprise après vingt-cinq ans d’activité, a révélé Le Matin Dimanche. L’ingénieur français originaire de Haute-Savoie, qui a fait ses études à l’EPFL, avait donné un nouvel élan à cette entreprise qui s’est fait connaître en fournissant les transformateurs de traction des TGV. S’il se refuse pour l’heure à motiver sa démission, tout porte à croire qu’il ne partage plus les plans de «démantèlement» de la filiale du groupe ABB installée dans la zone industrielle de Meyrin-Satigny.

Bruits de délocalisation

Au début du mois, la Tribune de Genève s’était déjà fait l’écho des craintes de délocalisation qui se répandaient dans les ateliers d’ABB Sécheron. Près de 330 collaborateurs y sont employés actuellement. Comme nous le relations alors, une séance d’information trimestrielle qui devait fournir des renseignements aux employés quant à leur sort et l’éventualité d’une fermeture a été reportée. Il faut dire que le personnel avait déjà de quoi être très inquiet, des collaborateurs ayant été informés par des clients et fournisseurs qu’une délocalisation partielle du site était projetée en Pologne.

Cette démission de Jean-Luc Favre, annoncée aux employés par message électronique envoyé jeudi dernier, a provoqué un choc dans l’usine, bien que son contenu dévoilé par Le Matin Dimanche n’annonce pas encore de mesures de restructuration: «Bien Chers Tous, je souhaite vous informer personnellement qu’après 25 ans d’activité je quitte ABB Sécheron SA le 31 octobre prochain.»

Contacté hier, le patron démissionnaire, n’a pas répondu à nos appels. Au siège zurichois de la multinationale, on confirmait dimanche à l’ATS ce départ. Son successeur, à compter du 1er novembre, a déjà été désigné. Il s’agit de Thierry Lassus, chez ABB depuis 1999. Le groupe se tait sur les motifs de ce brusque changement. Mais pour Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat Unia à Genève, la menace qui pèse sur cette entité du géant helvético-suédois ne fait aucun doute. Chacun comprend que ce départ marque «une désapprobation de la stratégie du groupe». Il assure que son syndicat est sur ses gardes et qu’il est en train d’organiser les travailleurs pour la suite. Sans vouloir en dire davantage.

Du côté de l’Etat, en particulier le Département de la sécurité et de l’économie, dirigé par Pierre Maudet, on s’active pour ne pas être mis devant le fait accompli. «Plusieurs contacts ont déjà été établis entre le DSE et la direction générale d’ABB. Le Département de la sécurité et de l’économie est en attente de clarification», indique Emmanuelle Lo Verso, chargée de communication au DSE.

ABB Sécheron SA est depuis un certain temps déjà dans le collimateur de la direction, qui poursuit la réorganisation de ce groupe de 136 000 collaborateurs à l’échelle mondiale. La délégation du personnel s’était plainte récemment de «voir chaque année des lignes de production être délocalisées vers des pays dits de faible coût de main-d’œuvre». La restructuration du site aurait «déjà conduit à une perte de 20% des postes de travail» depuis deux ans. Les employés craignent maintenant que les 180 postes de travail de la production du site ne soient transférés en Pologne.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.