Plus de cent licenciements chez ABB Sécheron

IndustrieLa direction de la multinationale a annoncé la mauvaise nouvelle en début d'après-midi au personnel: plus d'une centaine de postes seront touchés sur deux ans. L'industrie genevoise est en état de choc

Image: Keystone

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La délégation est venue de Zurich, emmenée par le grand patron des activités d'ABB en Suisse, Remo Lütolf. Les membres de la direction de la multinationale ont rencontré ce lundi matin les délégués des 212 employés encore actifs dans l'usine de pièces pour locomotives du groupe située à Meyrin. A 13h30, l'ensemble du personnel s'est vu signifier qu'une centaine de postes fixes – ainsi qu'une quarantaine de contrats temporaires – seront concernés par les restructurations, confirmant ainsi les indications fournies auparavant par plusieurs sources au fait du projet. Un proche de la direction a ajouté dans la foulée que ces mesures seront étalées sur une période de deux ans.

Confirmé, ce verdict balaie la plus grande partie des 180 postes encore dédiés à la production de masse sur le site d'ABB Sécheron. Des activités qui seront délocalisées en Pologne. La décision parachève les restructurations silencieuses ayant touché ABB Sécheron ces trois dernières années. Le transfert à l'étranger de plusieurs «modules de production» a ainsi conduit à la disparition, depuis 2015, de 65 postes.

Les dernières coupes s'inscrivent dans la restructuration, à l'échelle de l'ensemble du groupe, de la production des «transformateurs de traction» – un élément clef des locomotives électriques. Si l'usine est encore rentable, la direction de la multinationale a jugé que le maintien d'une production de masse à Genève ne pouvait s'inscrire sur la durée. Résultat, en Europe, l'ensemble de la fabrication des «transformateurs de traction» sera centralisée en Pologne. Le groupe va regrouper dans son usine de Lodsz la fabrication de tous ses transformateurs pour locomotives aux côtés de celle des transformateurs pour ligne haute tension, histoire de générer des économies d'échelle.

Concurrence chinoise acharnée sur les «locos»

En cause, la concurrence acharnée à laquelle se livrent les constructeurs chinois de locomotives. Une pression sur les prix qui vient de forcer le groupe français Alstom – le constructeur du TGV – à regrouper ses usines de matériel ferroviaire avec celle de Siemens, son concurrent de toujours. L'effet boomerang d'un tel mariage entre fabricants de locomotives? Ces derniers mettent encore plus la pression sur leurs fournisseurs, comme ABB-Sécheron.

«un centre d'expertise regroupant la recherche, l'ingénierie ainsi que les forces de vente sera maintenu»

Un port-parole de la direction d'ABB assure que le site genevois ne sera pas fermé. «En ce qui concerne l'activité liée aux transformateurs de traction, un centre d'expertise regroupant la recherche, l'ingénierie ainsi que les forces de vente sera maintenu», esquisse ce dernier. Le groupe maintiendra également à Genève , qui abrite les activités liées au bus électrique TOSA, un centre développement dans le domaine de l'e-mobilité.

Le couperet, après un mois d'attente dans les ateliers

Cela faisait près d'un mois que les ouvriers de ce symbole de l'industrie lourde à Genève – le site porte encore le nom de quartier ouvrier de Sécheron – redoutaient le pire: une délocalisation de la production en direction de la Pologne d'un site ayant autrefois conçu les transformateurs des locomotives de TGV.

Des fuites intervenues début octobre, et relayées par la Tribune de Genève, avaient plongé les ateliers dans l'attente. Mardi dernier, 150 employés avaient quitté leur poste une heure en signe de protestation face au silence de la direction de la multinationale. Un débrayage qui faisait écho aux démissions au sein de la direction du site, quelques jours plus tôt. Le départ fin octobre de Jean-Luc Favre – le responsable d'ABB Sécheron en poste depuis vingt-cinq ans, également le porte-drapeau du patronat genevois – avait été accompagné de celui de son numéro deux, en charge de la production, ainsi que de sa responsable des ressources humaines.

Présent dans une centaine de pays, ABB emploie 136'000 collaborateurs – ce qui en fait la deuxième multinationale helvétique en termes d'effectifs, derrière Nestlé. Outre Genève, le groupe industriel emploie notamment 600 personnes dans son usine argovienne de Lenzburg, chargée de fabriquer les semi-conducteurs qui seront montés en modules et formeront la base d’un «convertisseurs de traction» pour locomotives. Ces pièces clefs des motrices sont ensuite assemblées à Turgi, un site argovien de 1100 employés.

Créé: 06.11.2017, 17h04

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