Pourquoi le canton vend moins à l’étranger

Exportations L’export a décliné en 2016 à Genève, à l’inverse du reste du pays. Le franc fort et le blues horloger n’expliquent pourtant pas tout.

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La crise de l’horlogerie, Genève la subit de plein fouet. L’an dernier, ses exportations d’instruments de précision, de montres et de bijoux ont baissé de 3,3%, selon les derniers chiffres des douanes.

Les Rolex, Patek Philippe, Chopard et autres Vacheron Constantin ont écoulé pour 520 millions de francs de moins qu’en 2015, une somme qui représente près de 15% du reste des exportations genevoises. Autant de recettes fiscales en moins pour l’Etat.

Numéro deux du pays

La chimie, les produits pharmaceutiques, les machines, la microtechnique et la métallurgie ont beau tous présenter des chiffres en hausse, ces branches n’ont pas empêché les exportations cantonales de baisser. A l’échelon national par contre, elles ont retrouvé le chemin de la croissance, poussées par la chimie et les pharma. Et atteint un nouveau record.

«Genève a un biais horloger important», estime Jérôme Schupp, analyste financier indépendant. «On peut y voir un risque, mais il faut aussi voir que les marchés de l’horlogerie et de la bijouterie se sont fortement diversifiés cette dernière décennie.»

Les instruments de précision du bout du Léman ont longtemps composé avec trois marchés: l’Europe, les Etats-Unis et le Japon. Le secteur peut désormais compter sur les nations émergentes, de la Chine à la Russie et l’Amérique du Sud. «Les exportations de bijoux pèsent de plus en plus, presque autant que l’horlogerie désormais», souligne de son côté Valérie Lemaigre, cheffe économiste de la Banque Cantonale de Genève (BCGE). «Genève ne dépend pas que de l’horlogerie.»

Autre particularité genevoise, ses liens proportionnellement plus étroits que le reste de la Suisse avec l’Asie et le Moyen-Orient. «C’est lié à l’horlogerie et au luxe et c’est plutôt un atout, surtout lorsque l’Europe est à la peine, relève Valérie Lemaigre. La croissance se tasse en Asie mais reste largement plus dynamique que celle de l’Europe.»

Le canton est le deuxième exportateur du pays, loin derrière Bâle et son industrie pharmaceutique. Devant l’Argovie, Zurich, Vaud – canton dont l’économie est plus diversifiée, avec comme secteur fort la pharma – et Berne.

Solde commercial positif

Les quatre premiers partenaires commerciaux de Genève sont, dans l’ordre, la France, les Etats-Unis, Hongkong et le Royaume-Uni. Parmi ses vingt principaux marchés, on peut encore citer le Liban, le Qatar ou la Corée du Sud. La Confédération échange pour sa part d’abord avec l’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Selon les experts, on peut voir dans les exportations genevoises un indicateur macroéconomique. La chimie (surtout représentée par les poids lourds de l’arôme et du parfum Givaudan et Firmenich), la pharma (Covance notamment), les machines et les véhicules (ABB, l’ex-Agie Charmilles GF Machining Solutions) affichent des chiffres en hausse? Le signe que le franc fort peut être absorbé, que le dollar s’est stabilisé et qu’une reprise se dessine dans les pays limitrophes.

Les exportations de services pèsent davantage dans le produit intérieur brut (PIB) genevois que celles des biens, selon l’Office cantonal de la statistique. L’horlogerie et le négoce de matières premières ont contribué ces dernières années à réduire les pertes liées à la finance, estime Jérôme Schupp. Selon la BCGE, le PIB genevois devrait croître de 1,1% cette année, contre 1,3% en Suisse et 1,5% dans la zone euro, quand bien même l’horlogerie donne des signes de reprise.

Plus de 700 hectares – 2,5% du territoire genevois – sont dédiés aux zones industrielles et 4300 entreprises s’y activent. Le secteur secondaire génère environ 58 000 emplois, contre 40 000 au début du siècle. En 2016, Genève a exporté pour 18,9 milliards de francs de biens et importé pour 12,1 milliards, un solde positif de 6,8 milliards.

(TDG)

Créé: 29.01.2017, 20h59

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