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Apple tue iTunes pour coller à la vague du streaming

La plateforme sera remplacée par trois applications, dont l’une devrait conserver les musiques acquises depuis 2001.

Lundi lors de l’ouverture de la grand messe annuelle d’Apple, Craig Federighi, responsable «logiciels» de la firme américaine, a présenté les trois applications qui remplaceront iTunes.
Lundi lors de l’ouverture de la grand messe annuelle d’Apple, Craig Federighi, responsable «logiciels» de la firme américaine, a présenté les trois applications qui remplaceront iTunes.
Keystone

«iTunes a une longueur d’avance sur les autres applications de jukebox et nous espérons que, grâce à son interface très facile d’accès, elle amènera plus de monde dans cette révolution digitale pour la musique.» Le 9 janvier 2001, Steve Jobs présente pour la toute première fois celle qui bouleversera bel et bien toute l’industrie musicale durant la décennie suivante.

Mais dans le secteur technologique, rien ne dure, une nouveauté finissant toujours par en remplacer une autre. Souvenez-vous, le CD a fini par tuer le walkman et la cassette audio, avant de décliner à son tour face aux formats MP3 vendus sur iTunes puis écoutés à l’aide des divers modèles d’iPod (et d’iPhone). Désormais, c’est le streaming qui met définitivement à terre la célèbre plateforme de la marque à la pomme. Enfin… célèbre surtout pour les trentenaires et plus, car la révolution iTunes est déjà bien loin, rappelant les paroles de «La Bohème» d’Aznavour: «Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.»

Fin du suspense

Dévoilée lundi soir par Apple, la mort programmée de son modèle obsolète de téléchargements est donc loin d’être une surprise. Depuis des mois, si ce n’est des années, toutes les analyses abondaient dans le même sens: les détenteurs de smartphone et de tablette ne veulent plus voir leur mémoire saturée de musiques, de films et d’autres fichiers gourmands en mémoire.

«Le streaming menace le modèle iTunes». Ce titre tiré d’un article paru dans notre édition du 18 juin 2018 résume plutôt bien les menaces qui planaient depuis longtemps sur la plateforme au vu du déclin continu de ses revenus. Il y a un an, l’interview de Jimmy Iovine sur la BBC effaçait les derniers doutes. Le directeur artistique d’Apple Music (filiale de streaming du groupe américain) y évoquait la forte probabilité que la musique en ligne puisse bien mettre un terme à «l’aventure iTunes».

Apple a pourtant longtemps hésité à tirer la prise et cela peut-être à cause de la valeur symbolique propre à iTunes. Car en supprimant sa plateforme, le groupe californien enterre définitivement son père (Steve Jobs) et tourne la page après presque deux décennies de croissance phénoménale. Sans iTunes, Apple ne serait clairement pas le géant actuel aux 265,6 milliards de dollars de revenus en 2018.

Remise en cause saluée

Du coup, la décision prise par Apple est d’autant plus forte. «Elle prouve que le groupe a la capacité de se remettre en question», salue Jérôme Schupp. Selon l’analyste financier chez Prime Partners, «elle permettra ainsi au groupe de se préparer à son prochain grand combat: celui de réussir sa transition dans les services et les applications afin de compenser les baisses des revenus liés au hardware (ndlr: vente de matériel informatique)».

Pour ce faire, la stratégie de redécouper iTunes en trois segments distincts (TV, musique et podcasts) se justifie pleinement aux yeux de Jérôme Schupp. «Elle représentera une excellente occasion pour analyser plus clairement, dans les mois à venir, ce qui fonctionne ou non, afin de procéder aux adaptations nécessaires», explique-t-il.

La concurrence explose

Dans un monde où le streaming prend chaque jour plus d’importance et où la concurrence s’intensifie, Apple semble condamné à mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard. Face à un Spotify, un Deezer ou un Tencent Music, Apple Music est arrivé tardivement sur le marché. Par chance, grâce à iTunes et sa vaste clientèle, la plateforme a connu une croissance assez extraordinaire depuis 2015, à tel point qu’elle dépasse déjà, aux États-Unis, son concurrent suédois en nombre d’abonnés payants. Fin février, Apple en comptait plus de 28 millions, contre 26 millions pour Spotify (qui reste leader mondial).

Sur le plan télévisuel, le problème est assez similaire avec un réveil assez lent du géant de Cupertino. Apple TV+ et ses contenus exclusifs ne seront pas disponibles avant l’automne prochain. Pendant ce temps, Netflix, Hulu ou Amazon creusent l’écart. Tout cela sans compter l’arrivée prochaine sur ce marché de l’empereur du divertissement: Disney.

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