Congé paternité de 8 semaines pour J&J en Suisse

Pharma Le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson va offrir à ses employés un congé paternité de 2 mois dès fin 2017. J&J s'intéresse aussi à la Suisse à long terme.

Les consommateurs suisses sont familiarisés de longue date avec les produits de consommation pour la santé de J&J.

Les consommateurs suisses sont familiarisés de longue date avec les produits de consommation pour la santé de J&J. Image: Keystone

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Johnson & Johnson (J&J) se targue d'être le premier employeur américain en Suisse. Le groupe de sociétés chapeautées par la multinationale totalise 6921 emplois. Dès la fin 2017, les collaborateurs auront droit à un congé paternité payé de 8 semaines.

Le géant pharmaceutique américain affirme choyer ses employés. Déjà au bénéfice d'un congé paternité payé de deux semaines, les collaborateurs de J&J dans le monde - en Suisse aussi - pourront bénéficier dès fin 2017 d'un congé paternité prolongé à 8 semaines au minimum, dans le cas d'une naissance ou d'une adoption.

Pionnier aux USA

«J&J est certainement parmi les pionniers dans ce domaine aux Etats-Unis», a indiqué à l'ats Brandi Marsh, responsable des ressources humaines de J&J Switzerland, en marge d'une conférence de presse mercredi. En Suisse aussi d'ailleurs.

L'annonce a ainsi valu à l'entreprise une réaction immédiate de l'association «Le congé paternité maintenant!». Les 160 organisations derrière l'initiative pour 20 jours de congé paternité payés en Suisse ont salué l'initiative venue d'un représentant du secteur privé.

J&J s'intéresse à la Suisse à long terme

Par ailleurs, Johnson & Johnson (J&J) affirme s'intéresser à la Suisse à long terme. Le géant pharmaceutique américain vient encore d'y renforcer sa présence avec le rachat d'Actelion, convaincu là aussi de la croissance durable du laboratoire bâlois.

«Beaucoup de gens ignorent l'importance de J&J en Suisse», a souligné mercredi devant les médias à Zurich Thomas Moser, responsable de la communication pour les filiales helvétiques de J&J. La société des frères Johnson fondée en 1886 dans le New Jersey a pris pied sur le marché helvétique en 1959, année où elle s'est emparée du fabricant pharmaceutique schaffhousois Cilag.

L'acquisition d'Actelion, finalisée en juin, a suscité une nouvelle prise de conscience quant à l'ampleur des activités en Suisse de la multinationale. Pourtant, elle avait déjà avalé le spécialiste soleurois des équipements chirurgicaux Synthes, qui a rejoint en 2012 la «famille de sociétés J&J».

Là pour rester

«Nous sommes là pour rester», a souligné Andrea Ostinelli, président de l'équipe de direction de J&J Switzerland. «Les principales acquisitions récentes de J&J ont eu lieu en Suisse», a-t-il insisté. Sans dévoiler les projets d'avenir, il a assuré que «l'appétit» pour de nouveaux rachats sur le sol helvétique existe.

Au niveau mondial, l'américain J&J occupe le 5e rang parmi les poids lourds de la pharmacie. C'est aussi le numéro 6 pour les produits de consommation dans le domaine de la santé. Le géant emploie globalement 126'500 collaborateurs, dont environ 7000 en Suisse. Il a généré 16,54 milliards de dollars (15,82 milliards de francs au cours actuel) de revenus l'an passé.

Ses investissements en Suisse incluent quelque 875 millions de francs d'achats aux fournisseurs et 100 millions dans les bâtiments. Dans la seule division pharmaceutique, les investissements en recherche et développement (R&D) se sont chiffrés à quelque 80 millions l'an passé. A cela s'ajoutent plus de 7 millions de mécénat.

Intégration en cours

L'entité helvétique de J&J se compose de 27 filiales. Depuis le 1er juin, Actelion a intégré le giron de la filiale zougoise Janssen Holding. J&J a mis 30 milliards de dollars sur la table pour acquérir le laboratoire biopharmaceutique sis à Allschwill (BL), cofondé en 1997 par Jean-Paul Clozel.

«L'intégration d'Actelion suit son cours», a indiqué Ludo Ooms, directeur de Janssen-Cilag. «Nous sommes convaincus que c'était la bonne transaction, le bon moment et le bon partenaire», a-t-il déclaré. Le groupe compte sur une accélération de la croissance à court et à long terme. La collaboration avec Idorsia, la firme de R&D née de la scission des activités d'Actelion, apportera une plus-value.

Pour mémoire, la division Janssen Pharmaceutical a repris dans son portefeuille les produits d'Actelion déjà commercialisés - notamment la franchise contre l'hypertension artérielle pulmonaire (PAH). Idem pour les traitements expérimentaux prometteurs ponesimod (sclérose en plaques) et cadazolid (antibactérien). Le nouveau propriétaire s'est en outre réservé une option sur un traitement expérimental.

L'hypertension artérielle pulmonaire (PAH) est une maladie mortelle, progressive. Si le taux de mortalité demeure élevé, les nouveaux médicaments ont des impacts positifs, explique Ludo Ooms. Le PAH devient ainsi le 6e pilier de Janssen.

«D'ici 2015, Actelion vise à doubler le nombre de patients traités dans le monde, estimé à 20'000 aujourd'hui», a précisé à l'ats Ludo Ooms, par ailleurs . Surtout, la maison mère compte sur son empreinte géographique pour pénétrer de nouveaux marchés, notamment en Amérique latine et en Asie.

Impact du franc fort

Les consommateurs suisses, eux, sont familiarisés de longue date avec les produits de consommation pour la santé de J&J. En Suisse, la division Consumer Health Care réalise 47% de son chiffre d'affaires dans le commerce de détail, avec des produits de beauté, de soins pour bébés et dentaires, ainsi que d'hygiène intime.

«La marque propre J&J n'est pas explicitement mise en avant», explique Astrid Ziebart, directrice commerciale pour la Suisse et l'Autriche. Car J&J, c'est aussi des marques telles que Listerine, les serviettes hygiéniques Carefree, les savons de douche Petit Marseillais, toute la gamme Penaten ou encore les traitements Nicorette contre la dépendance tabagique.

«L'environnement de marché suisse est difficile», admet Astrid Ziebart. La faute au franc fort et au tourisme d'achat. En 2016, la division Consumer Health Care a réalisé 53% de son chiffre d'affaires dans les pharmacies et drogueries. L'an dernier, celui-ci était en repli de 1,1%. Dans le commerce de détail, il a carrément chuté de 5%.

Centre de compétence

C'est toutefois la division d'origine, Medical Devices, qui pèse le plus lourd en Suisse. Elle inclut notamment son centre de compétence pour la neurochirugie, la médecine sportive et l'orthopédie concentré dans le canton de Neuchâtel.

L'ancrage de J&J en Suisse romande date de 1991, suite au rachat de la société Medos basée au Locle (NE). Sa réorganisation a donné naissance en 2004 à Medos International, active en particulier dans le développement, la production et la commercialisation des implants et accessoires. (ats/nxp)

Créé: 23.08.2017, 15h17

27 filiales en Suisse

En Suisse, J&J compte 27 filiales distinctes. Ses activités sont réparties sur 21 sites dans 10 cantons, dont 13 usines. En Suisse romande, le canton de Neuchâtel, avec 4 sites, compte 923 employés, répartis sur le chef-lieu, Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Marin.

J&J dispose aussi d'une usine à Rarogne (VS). Au Tessin, il est présent à Mezzovico. Sur son site d'origine à Schaffhouse, il compte 1276 employés. Les six sites du canton de Soleure totalisent plus de 2000 emplois. Le groupe est également actif dans les cantons de Zurich, d'Argovie, de Zoug, de Bâle-Campagne et de Berne.

La division Medical Devices constitue la plus grande à l'aune des effectifs, regroupant plus de 4100 postes. En 15 ans, les effectifs de J&J dans le pays ont plus que triplé et englobent désormais 88 nationalités.

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