Airbnb: l’entrée en Bourse de l’année est mise à mal

TourismeLe géant californien pourrait faire appel à des investisseurs privés même si cela remet en cause ses 30 milliards de valorisation boursière.

Wall Street aussi est affectée par la crise mondiale du coronavirus.

Wall Street aussi est affectée par la crise mondiale du coronavirus. Image: AP

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Pour Airbnb, il y a quelques semaines encore l’année 2020 s’annonçait flamboyante. En fin d’année, l’entreprise californienne avait confirmé être prête à franchir le cap symbolique et historique de son entrée en Bourse (IPO). Celle qui a bouleversé tous les codes du secteur hôtelier redonnait espoir à de nombreux investisseurs à Wall Street.

Après plusieurs trimestres d’IPO ratées, dont celle, désastreuse, du géant Uber au mois de mai 2019, Airbnb représentait une forme de renouveau, de renaissance pour les fameuses licornes de la Silicon Valley (ces sociétés privées dont la valeur dépasse le milliard de dollars).

Mais aujourd’hui cette renaissance est remise en cause, étant donné que la situation sur les marchés est chaque jour un peu plus précaire. Provoquée par la pandémie mondiale actuelle, cette instabilité boursière a le désavantage de rendre le terrain boursier trop marécageux pour une société telle qu’Airbnb. À en croire certaines sources citées par le «Wall Street Journal», «des divisions sur la meilleure voie à suivre» seraient apparues entre le conseil d’administration et les principaux investisseurs de la société.

Besoins de capitaux

Un tel report n’aurait pas d’incidence sur Airbnb si l’entreprise ne figurait pas parmi les principales victimes de la pandémie actuelle. Le tourisme, la restauration et l’hôtellerie font en effet partie des branches les plus contaminées par le coronavirus. Et pour le géant californien, qui s’est engagé à rembourser l’intégralité des réservations annulées, les pertes sont évaluées en centaines de millions de dollars. De quoi épuiser rapidement son trésor de guerre de 2 milliards, surtout si la crise sanitaire venait à se prolonger dans le temps.

Certains experts estiment que, même en réduisant ses coûts dans les semaines à venir, l’entreprise pourrait vite avoir besoin de fonds supplémentaires. Et, pour les trouver, la direction n’aurait d’autre choix que d’aller toquer à la porte d’investisseurs privés. Pour ceux qui attendent son IPO, cette solution équivaudrait à un vrai coup de massue, puisqu’elle pourrait remettre en cause la valorisation actuelle d’Airbnb (entre 30 et 35 milliards de dollars). «Une évaluation faisant partie de l’ancienne réalité», estimait lundi un analyste financier sur Yahoo Finance.

Économie de partage

Cette «ancienne réalité» ne concerne pas seulement Airbnb, mais tout un secteur, celui de l’économie de partage. Après des semaines (peut-être plus) de confinement chez soi – où le mot d’ordre est d’éviter de toucher tout ce que les autres touchent –, toute l’industrie pourrait pâtir des conséquences du coronavirus. En effet, personne ne sait vraiment comment le monde se remettra de cette pandémie ni de quelle manière elle influencera notre manière de consommer dans les mois, voire les années à venir.

«Les gens vont-ils vouloir venir à mon Airbnb? Est-ce que je veux que les gens viennent vraiment chez moi», questionne une psychologue sur bloomberg.com. «Je pense que cette crise va avoir un effet sur notre volonté de nous engager dans le même type de transactions sociales qu’auparavant. C’est comme un syndrome de stress post-traumatique. Tout cela restera dans les esprits des gens, de manière très discrète, mais indéfiniment», assure-t-elle.

Créé: 23.03.2020, 20h51

Uber et Lyft au plus bas

Déjà en petite forme en fin d’année dernière, les actions des deux sociétés reines des voitures de transport avec chauffeur (VTC) se sont encore effondrées depuis la mi-février de plus de 50%. Les mesures de confinement frappent de plein fouet les activités de Lyft et de son concurrent Uber. Dans les villes américaines les plus touchées par le coronavirus comme Seattle, Los Angeles ou New York, les trajets pour les deux plateformes ont diminué d’environ 70%. Des chutes de la demande qui se propagent dans le monde entier. Cette situation a poussé Dara Khosrowshahi à sortir du bois et organiser une conférence téléphonique. Le patron d’Uber a assuré aux investisseurs avoir assez de liquidités en réserve (quelque 10 milliards) et évoqué les bonnes performances de la livraison de nourriture. «Notre activité Eats est une ressource importante en ce moment, spécialement pour les restaurants qui ont été affectés par les politiques de confinement», a-t-il déclaré.
O.W.

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