Virgin Galactic s’envole en Bourse et place Wall Street en orbite

Marchés financiersEn quatre mois, le titre du groupe fondé par l’Américain Richard Branson a progressé de quelque 400%.

Avec cet avion, Virgin Galactic veut rendre l’espace accessible.

Avec cet avion, Virgin Galactic veut rendre l’espace accessible. Image: AP

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Jeudi 20 février, entre 10h30 et 11h15, le cours boursier de Virgin Galactic plonge de 42,18 à 31,58 dollars avant de remonter pour terminer la journée à 37,26 dollars. Une journée plus tôt, sans actualité particulière, le titre s’envole de 23,27% et cela après sept séances consécutives de hausse. Et en remontant quatre mois en arrière, au jour où la première entreprise active dans le tourisme spatial entre en Bourse (depuis la fin octobre), on constate que sa valorisation a depuis augmenté de 400% pour dépasser les 7,5 milliards. Actuellement, la popularité de Virgin Galactic est telle que son action est l’un des titres les plus échangés à Wall Street.

Pourtant, en y regardant de plus près, cette étourdissante évolution boursière ne se justifie pas sur le papier. De nombreuses incertitudes persistent sur le potentiel même du tourisme spatial. Virgin Galactic n’a atteint l’espace qu’à deux reprises et les premiers vols avec clients n’auront pas lieu avant la fin de cette année (pour autant que l’agenda établi soit respecté).

Les résultats du groupe fondé en 2004 par le milliardaire Richard Branson parlent également d’eux-mêmes. Au dernier trimestre, l’entreprise américaine affichait une perte nette de plus de 50millions pour des revenus ne dépassant pas le million de dollars. Dans une note, un analyste de Morgan Stanley reconnaissait que «les mouvements (boursiers) semblent pousser par des forces ne relevant pas de facteurs fondamentaux».

Paradoxalement, alors que la banque américaine conseille désormais à ses clients de liquider leurs positions, cette dernière a contribué à cette flambée à la suite de la sortie d’une publication dans laquelle elle explique que Virgin Galactic pourrait réussir à convaincre près de trois millions de personnes à embarquer pour un voyage autour du globe.

Wall Street en orbite

Cette hausse folle du groupe aérospatiale est en réalité à l’image de ce qui se passe sur les marchés (surtout aux États-Unis). Après plus d’un an de hausse quasi continue, avec un Nasdaq à deux doigts d’atteindre les 10'000 points et un Dow Jones proche des 30'000 points, Wall Street semble ne plus avoir les pieds sur terre. Il y a un mois déjà, dans nos pages, Anton Sussland, conseiller financier indépendant à Genève, expliquait que le mot d’ordre en ce début d’année est d’acheter sans trop réfléchir lorsque les titres se replient. «De nombreux investisseurs trop prudents ont raté la hausse l’année dernière», selon lui.

À ce jour, Wall Street semble même immunisée contre tous les doutes liés au coronavirus. «Malgré le fait que l’on est en droit de s’inquiéter sur les conséquences du coronavirus sur l’économie chinoise et — in extenso — sur le reste du monde, absolument tout est en train de monter», confirme le trader et ancien chroniqueur dans nos journaux Thomas Veillet sur le site Investir.ch.

Même quand Apple — première capitalisation boursière au monde — avertit que l’épidémie aura des conséquences négatives sur la production d’iPhone et émet une alerte sur résultats, les marchés reculent à peine. Preuve que plus rien ne semble pouvoir affaiblir la soif d’achats des investisseurs.

Cette situation pousse naturellement à se reposer la question d’un risque d’emballement général des marchés. Thomas Veillet explique que «le problème avec l’euphorie, c’est comme avec la stratosphère: on ne peut ni la voir, ni la toucher, ni la palper et encore moins la saisir». Certains signes, comme la hausse récente du prix de l’or (proche des sommets de 2013), laissent toutefois entrevoir quelques fissures dans l’impassibilité manifeste des places boursières et pourraient finir par rappeler que «les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel».

Créé: 21.02.2020, 18h00

Des croisières sans enfants

Richard Branson ne compte pas se limiter au tourisme spatial. Vendredi, il a présenté son nouveau projet entrepreneurial, Virgin Voyages, une compagnie de croisières de luxe dont la particularité sera d’être interdites aux enfants. «Je rêve de la lancer depuis que j’ai une vingtaine d’années», a déclaré le milliardaire qui était dans le sud-est de l’Angleterre pour présenter le Scarlet Lady, le premier des quatre paquebots qui sillonneront les mers et les océans.O.W.

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