Un nain genevois de la «VOD» résiste à Netflix

Vidéo sur InternetCinq ans après son démarrage, SwissTV continue de grandir. En dépit de l’arrivée du géant californien.

Directeur opérationnel de SwissTV, Christophe Pian explique comment sa société est entrée en résistance face au géant Netflix.

Directeur opérationnel de SwissTV, Christophe Pian explique comment sa société est entrée en résistance face au géant Netflix. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Nostalgiques du vidéoclub du coin de la rue, une alternative virtuelle existe! Une PME genevoise de douze personnes, serrée dans des bureaux du quartier de Rive, loue depuis 2011 des films sur Internet. Résistant aux géants de la location de vidéos sur Internet – terme ringard qui a cédé la place à «VOD». Comme Swisscom et son million d’abonnés à son offre de vidéos. Ou Netflix, qui a débarqué l’automne dernier et attire 140 000 abonnés suisses selon le New York Times.

SwissTV assure avoir enregistré l’an dernier 11 000 personnes ayant ouvert un compte client, venues s’ajouter aux 20 000 inscrits depuis le lancement de la société, il y a quatre ans et demi. «C’est encore un peu tôt pour mesurer l’impact de l’arrivée de Netflix. Pour l’instant, on continue de voir le nombre de visionnage par utilisateur – et donc nos ventes – s’accroître mois après mois», commente Christophe Pian, 27 ans, directeur opérationnel.

L’originalité de SwissTV, gage de sa survie face à une multinationale californienne qui a déboursé 3 milliards de dollars (2,8 milliards de francs) pour acquérir – ou produire – des contenus? La location du film à la pièce. Comme le vidéoclub de papa. Pas d’abonnements, comme le pratique le graal des géants du secteur mais aussi de plus petits concurrents, comme le neuchâtelois HollyStar. «Le modèle de Netflix c’est l’abonnement, ce qui impose d’attendre entre 12 et 24 mois pour proposer un film après sa sortie en salle; alors que pour la location à la pièce les droits sont accessibles en 3-4 mois, règle qui vaut pour les séries», vante le responsable de SwissTV. Cette fraîcheur du produit est cruciale. Oublié l’ambiance cinéclub ou la programmation éclairée d’un Kino.ch. «On essaie de donner du caractère à notre catalogue – en négociant avec les studios français que Netflix ne dessert pas bien – mais les huit dixièmes de l’activité restent le «blockbuster» que les gens ont ratés au ciné», invoque Christophe Pian.

«Evidemment, en louant à la pièce, on doit se battre en permanence pour que le client revienne, mais on compte profiter de l’effet fitness – ces abonnements auxquels on s’engage après les fêtes, pour ne finalement y aller que trois fois durant l’année.» But du jeu pour survivre: faire installer la petite icône reliant au service SwissTV sur un maximum de téléviseurs connectables à Internet – désormais la norme – vendus en Suisse. Le coup de force a été de convaincre Samsung dès 2011. «On est maintenant sur les appareils LG et en cours de développement avec Sony», poursuit Christophe Pian.

Difficile cependant de renoncer à l’attrait d’un flux de recettes régulier. SwissTV étudie des abonnements de location spécifiques, par exemple sur le contenu pour enfants. La PME sous-traite également les services de location de câblo-opérateurs comme les PTT luxembourgeois ou le lausannois Citycable. Autre activité récente, un petit abonnement à la télévision sur Internet, offrant quarante chaînes HD. Différence par rapport aux «packs» Internet + TV des câblo-opérateurs et leurs centaines de canaux? Une simplicité et un prix – 9 fr. 90 par mois, le tiers du téléréseau facturé dans la plupart des appartements genevois – à même d’attirer ceux qui allument occasionnellement leur écran.

Créé: 23.02.2015, 07h24

Vidéoclub virtuel

Fondée par Lloyd La Marca, ancien initiateur du site de trading de devises ACM coulé par un feuilleton judiciaire et repris par Swissquote en 2010, SwissTV a commencé à offrir ses services au grand public à une époque où la vidéo sur Internet rimait surtout avec le téléchargement (pirate) de séries TV sur les plates-formes de partage de fichiers. La PME a ensuite surfé sur la popularisation de tablettes et de nouveaux téléviseurs connectables au Wi-Fi. Aujourd’hui, ses utilisateurs louent entre cinq et six films par an – au prix moyen de 6 fr. 90 – ce qui ramène un chiffre d’affaires d’un peu plus d’un million. Et des bénéfices? «Nous ne sommes pas loin de l’équilibre», assure Christophe Pian. P-AL.S.

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