Public Eye dénonce l'exploitation persistante des petites mains de la mode

TextileSix ans après le drame au Bangladesh, la situation des salariés reste désastreuse malgré les promesses faites à l'époque par les géants du secteur.

Le drame du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 est à l’origine d’une prise de conscience globale sur les conditions déplorables de travail au sein de l’industrie du textile.

Le drame du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 est à l’origine d’une prise de conscience globale sur les conditions déplorables de travail au sein de l’industrie du textile. Image: Keystone

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Au Bangladesh, le 24 avril 2013, le Rana Plaza s’effondrait et faisait 1138 victimes. Ce drame était alors à l’origine d’une prise de conscience globale, alertant sur les conditions déplorables de travail au sein de l’industrie du textile. Dans la foulée de l’incident, les principales marques occidentales s’engagèrent à pousser leurs fournisseurs à mettre en place des conditions sociales et salariales acceptables dans leurs ateliers de confection.

Six ans plus tard, les améliorations en termes de salaires seraient malheureusement loin d’être à la hauteur des promesses faites par les fabricants. C’est en tout cas le constat établi par Public Eye en Suisse et la Campagne Clean Clothes (CCC). «Aucun progrès significatif ne s’est encore concrétisé et aucune entreprise ne peut prouver qu’un salaire vital est versé à leurs salariés», peut-on lire dans la dernière enquête réalisée par les deux ONG auprès des plus grandes enseignes de la mode.

Les manifestations survenues au Bangladesh en début d’année tendent à donner raison aux deux organisations de défense des droits du travailleur. Durant plusieurs jours, les ouvriers du textile ont en effet débrayé pour pouvoir aller manifester leur mécontentement dans la rue et réclamer une hausse de salaires. À l’AFP, un responsable de la police, Sana Shaminur Rahman, évoquait la fermeture de plus de 50 usines durant ces jours de grève.

Calida pointé du doigt

Dans les mauvais élèves dénoncés par Public Eye et CCC s’illustrent des sociétés d’origine suisse. C’est notamment le cas de la marque emblématique Calida. Comme d’autres (Triumph et Tally Weijl), cette dernière ne remplirait pas «son devoir» en versant un salaire vital. Contacté, le groupe lucernois répond ne pas se sentir concerné par les accusations des deux ONG et réfute le manque de transparence souligné dans le rapport des ONG.

«Des partenariats à long terme et des visites hebdomadaires nous permettent un maximum de contrôle et une transparence totale dans ce domaine», explique une porte-parole du groupe. Cette dernière complète par ailleurs ses propos en soulignant le déplacement progressif (et bientôt complet) de leur production d’Asie vers l’Europe de l’Est. «La situation des employeurs sur le marché du travail dans les pays d’Europe de l’Est est tellement tendue que nous devons verser à nos salariés bien plus que le salaire minimum», assure l'entreprise.

Déménagement vers l’Europe de l’Est

Des propos contredits par une autre enquête menée par la Campagne Clean Clothes en 2017 auprès de centaines d’employés en Hongrie, Serbie et Ukraine. «La plupart des 1,7 million d'ouvriers et ouvrières qui travaillent dans l’industrie textile en Europe vivent dans la pauvreté et doivent s’endetter pour survivre», dénonçait le rapport.

D’un point de vue sécuritaire par contre, le déménagement de Calida semble bienvenu. Publiée en début d’année et réalisée par le Center for Business and Human Rights à New York, un rapport a démontré que question sécurité du travailleur, beaucoup de travail reste à faire au Bangladesh pour éviter un nouveau drame. Sur les 7000 usines du pays, 3000 sites seraient toujours sous la menace de dangers potentiellement mortels.

Créé: 19.09.2019, 08h57

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