«Nous sommes baladés d’un service à l’autre»

Praille-Acacias-Vernets (PAV)CEO du groupe carougeois, Isabelle Harsch réclame davantage de visibilité

Isabelle Harsch, CEO de la firme familiale, ainsi que 1600 autres entreprises du PAV, réclament davantage de visibilité depuis cinq ans.

Isabelle Harsch, CEO de la firme familiale, ainsi que 1600 autres entreprises du PAV, réclament davantage de visibilité depuis cinq ans. Image: Steeve Iuncker-gomez

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Près de 200 responsables d’entreprises, de promoteurs immobiliers ou de propriétaires du PAV (zone Praille-Acacias-Vernets) ont récemment assisté à une présentation destinée à leur donner des précisions sur leur possible déménagement. Parmi eux, assise au premier rang, Isabelle Harsch trépignait sur sa chaise. Car, pour la CEO du groupe familial carougeois Henri Harsch HH SA (130 salariés avec le récent rachat d’un concurrent vaudois), il y a urgence.

«Nous avons rénové et étendu nos bâtiments en 2010, souligne la Genevoise. Et nous pourrions surélever notre dépôt, car de nombreux clients font appel à nos services. La zone sur laquelle nous nous trouvons serait ainsi densifiée. Mais, avant d’investir soit ici soit ailleurs dans le canton, nous avons besoin de davantage de visibilité.»

En vraie cheffe d’entreprise, Isabelle Harsch dit ce qu’elle pense et pense ce qu’elle dit. «Or, poursuit-elle, nous sommes proprement baladés d’un service à l’autre sans avoir en face de nous un véritable interlocuteur. Nous sommes dans le noir depuis cinq ans…»

Les représentants des 1600 firmes répertoriées dans cette vaste zone d’activités avaient d’abord sagement écouté les responsables de l’Etat: Yves Cretegny, directeur général de la FTI (Fondation des terrains industriels), Vinh Dao, dépêché par la direction de la planification et des opérations foncières. Et, côté politique, le conseiller d’Etat en charge de l’aménagement, Antonio Hodgers (lire notre édition du 27 septembre).

Une fondation ad hoc - encore fumeuse - sera créée pour gérer ces probables déménagements. Elle sera dotée d’actifs pesant 600 millions de francs et, pour contribuer à débloquer les dossiers les plus mûrs, de liquidités à hauteur de 60 millions de francs. Les députés devront accepter tout cela.

Isabelle Harsch, dont l’entreprise dispose d’un droit de superficie jusqu’en 2061, salue cette initiative. Mais ce que veulent les sociétés installées dans cette zone, ce sont des réponses concrètes. Du sur-mesure. Des montants précis: à quel prix cette fondation PAV leur rachètera leurs droits de superficie? Des indemnités sont-elles prévues pour les frais de déménagement? Quels autres terrains ou bâtiments va-t-on leur proposer en échange? A quel prix? Avec quels accès?

«Nous restons attachés à Carouge car les accès pour nos camions et nos chauffeurs y sont aisés. Les clients peuvent aussi facilement se rendre chez nous. Nous connaissons bien notre bassin de chalandise. Dans notre activité, l’emplacement est très important», glisse encore Isabelle Harsch.

Ce qui est sûr, s’agissant de l’entreprise Harsch, c’est que son droit de superficie s’achèvera dans 45 ans. La Genevoise, aujourd’hui âgée de 29 ans, aura 74 ans. Elle sera peut-être, comme son père aujourd’hui, présidente du conseil d’administration de l’entreprise, si celle-ci survit aux aléas de la conjoncture. Le projet du PAV sera alors – espérons-le – beaucoup plus abouti qu’aujourd’hui.

(TDG)

Créé: 02.10.2016, 21h45

La solution des «hôtels industriels»

Quitter le PAV? D’accord, mais pour aller où? Et surtout, se disent les 1600 entreprises situées entre l’Arve et le stade de la Praille, à quels coûts?
A Genève, le terrain industriel reste rare malgré la présence de 52 zones industrielles.
Pour rassurer les chefs d’entreprises, Yves Cretegny a exhibé trois «hôtels industriels». Le plus important, «l’espace Tourbillon», appelé ainsi pour rappeler la forte coloration horlogère de la zone industrielle de Plan-les-Ouates, s’étend sur 63?000 m2, avec six niveaux hors sol et 2 niveaux de sous-sol.
Le second, d’une surface de 53?000 m2 est en projet. Il se situe route du Pont-Butin, à Lancy, et est destiné à des activités allant de l’artisanat à l’industrie, en passant par le commerce ou même l’administratif. Le dernier «Sablières 1» (18?000?m2), est en chantier au sein de la ZIMEYSA.
R.R.

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