La technologie de réalité virtuelle de MindMaze fait des prodiges

Les entreprises à l'ère numériqueLe système de rééducation motrice, notamment pour les victimes d’AVC, a été avalisé aux États-Unis. Il ouvre un vaste marché à la jeune société lausannoise.

Dans le laboratoire de recherche et développement de MindMaze à Lausanne, on teste des équipements de neurosciences et de réalité virtuelle reconstituant les interactions du cerveau avec les mouvements du corps humain.

Dans le laboratoire de recherche et développement de MindMaze à Lausanne, on teste des équipements de neurosciences et de réalité virtuelle reconstituant les interactions du cerveau avec les mouvements du corps humain. Image: Florian Cella

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Au siège de MindMaze, situé dans un immeuble qui surplombe Ouchy, sont réunis des spécialistes en neurosciences, ingénieurs, informaticiens, programmeurs, créateurs de hardware, roboticiens, concepteurs de jeux vidéo, designers, médecins, thérapeutes, experts en transports, etc. Une équipe pluridisciplinaire de recherche qui fait comprendre l’étendue des domaines qu’espère conquérir la jeune société hightech lausannoise sur la base de ses technologies médicales de neurosciences et de réalité virtuelle.

Son fondateur et directeur général formé à l’EPFL, Tej Tadi, a déjà convaincu les investisseurs de l’énorme potentiel d’affaires de l’entreprise fondée en 2011. La levée de fonds de 100 millions de francs, à laquelle ont souscrit l’an dernier plusieurs fonds d’investissement familiaux ainsi que le groupe indien Hinduja, valorisait alors la société à un milliard de francs. Ce qui fait d’elle ce qu’on appelle une «licorne», lui assurant une notoriété internationale. Au point que l’acteur Leonardo DiCaprio, qui est aussi chasseur de nouveaux business, a investi une partie de son pactole – non révélée – dans MindMaze. Il fait même partie du conseil consultatif.

Motivation redoublée

Les appareils de réhabilitation neurologique de MindMaze rassemblent «medtech» et jeu vidéo, y intégrant la robotique, l’intelligence artificielle et la réalité augmentée. Depuis une année, ils font une percée dans les centres de réhabilitation de grands hôpitaux en Europe et en Suisse, et désormais aux États-Unis, où la technologie est homologuée depuis juin. Les principaux utilisateurs sont les victimes d’une attaque cérébrale (AVC) ou d’une lésion de la moelle épinière les privant de leurs fonctions motrices. Grâce à la plate-forme informatique mobile MindMotion Pro, qui comprend caméras 3D, moniteur, écran tactile et console, le thérapeute aide le patient en chaise roulante à ranimer ses membres paralysés grâce à un programme de jeux vidéo personnalisé qui permet une simulation virtuelle de ses gestes et mouvements.

«Notre système est efficace au moins par le fait qu’il augmente la motivation du patient, dit-on chez MindMaze. Et la réhabilitation est plus rapide si on accroît la dose de cette thérapie au plus vite après l’hospitalisation.» Depuis peu, l’entreprise a lancé une version portable de son produit, MindMotion Go, destiné à des cabinets médicaux ou des thérapeutes. Mais cette plate-forme, beaucoup plus simple, sera vendue à l’avenir pour être aussi utilisée par le patient à domicile.

Pour se faire une idée du marché de cet équipement de rééducation à la motricité, Tej Tadi explique qu’il y a en Suisse 10 000 nouveaux patients concernés chaque année. Aux États-Unis, ce chiffre est de 800 000 et en Inde, son pays d’origine, 2 millions. L’entrepreneur précise toutefois que pour donner accès à cette thérapie au plus grand nombre, le modèle d’affaires n’y est toutefois pas le même partout. Car le coût de l’équipement pro est de l’ordre de 80 000 à 100 000 francs auxquels s’ajoute un abonnement pour les applications. Dans le sous-continent indien, grâce à des volumes très importants, son utilisation peut-être réduite à deux dollars la séance.

Forte croissance

Cette année, MindMaze devrait réaliser un chiffre d’affaires de moins de 10 millions de francs. Mais son CEO prévoit une forte croissance dans les prochaines années, estimant que la société devrait être rentable d’ici une année approximativement. Aujourd’hui, elle compte une centaine de collaborateurs, dont plus d’une septantaine à son siège lausannois. La recherche et développement (R&D) occupe les trois quarts d’entre eux. L’équipe de R&D la plus importante est installée près du Léman, mais d’autres sont en France (Paris), en Roumanie et en Pologne. La société a aussi des bureaux à Zurich et à San Francisco.

MindMaze a repris au début de l’été une autre start-up issue de l’EPFL, Gait Up, spécialisée dans l’analyse des mouvements à l’aide d’objets et accessoires connectés. Née il y a 4 ans, comptant seize collaborateurs, elle est partenaire notamment de Logitech et de Swatch Group. Ses outils d’analyse de précision destinés aux professionnels de la santé, de la recherche et du sport, ouvrent la voie à de nouvelles orientations dans le développement des technologies de sa grande sœur.

Horlogers suisses

Tej Tadi veut par exemple mettre au point un senseur, pour équiper une montre connectée ou mécanique, qui apporte «une nouvelle dimension d’analyse des performances» de l’être humain, plus pointue, notamment dans le sport. Il dit être déjà en contact avec des horlogers suisses. Les technologies de réalité augmentée et dans les neurosciences qu’il a explorées dans son parcours de formation d’ingénieur, qui l’a conduit de Bombay à Genève puis à l’EPFL, l’entraînent également dans le secteur des loisirs et jeux vidéo où il compte lancer aussi de nouveaux produits, mais avec des partenaires.

L’entrepreneur de 36 ans, docteur en neurosciences, compte également être actif dans les transports, sur le chemin de la voiture 100% autonome. Il veut mettre à disposition des instruments capables d’analyser le comportement du conducteur, qui devra partager le contrôle du véhicule avec la machine, afin d’améliorer et sécuriser la conduite. La route de MindMaze est infinie. (TDG)

Créé: 05.12.2017, 17h12

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