La fermeture de deux usines en France coûtera jusqu'à 50 millions à Geberit

Conflit socialUn accord est obtenu avec les 256 salariés de deux usines de WC en céramique vouées à la fermeture par la multinationale suisse.

Geberit va fermer deux sites en France.

Geberit va fermer deux sites en France. Image: DR

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Clap de fin pour le conflit social qui déchire depuis quatorze mois deux usines françaises condamnées à la fermeture par le géant des sanitaires Geberit. Ne se faisant que peu d’espoir sur leurs capacités à sauver les sites de la filiale Allia à Digoin (Saône-et-Loire) et à La-Villeneuve-au-Chêne (Aube), leurs 256 salariés ont accepté mardi le plan social négocié par leurs représentants à la quasi-unanimité. Un sur trois travaillait depuis plus de trente ans dans cette usine.

Une enveloppe «de 45 à 50 million d'euros»

Quelle sera la facture de la fermeture de ces ateliers des toilettes et lavabos en céramique – seul un centre de logistique d’une quarantaine de postes subsistera sur celle de Digoin? Selon des représentants du personnel contactés vendredi, «l'ensemble du plan représente un budget total qui pourra atteindre jusqu’à 45 ou 50 millions d’euros».

Soit près de 50 millions de francs à la charge d’une multinationale qui a fait un demi-milliard de profits en 2016. «Durant les négociations, la direction française appelait Rapperswill-Jona à chaque fois que l'enveloppe budgétaire était dépassée», décrit Pierre-Gaël Laverder, représentant syndical. Vendredi soir, Geberit ne répondait pas aux questions posées sur le coût de la fermeture de ces usines.

Un plan social généreux...

Parmi les mesures obtenues de Geberit par les ouvriers de cette région sinistrée: des chèques de départ dépassant «largement ce qui avait été obtenu à l'issue du conflit Whirlpool», selon un syndicaliste – en clair au moins 50 000 euros, auxquels s'ajoute une prime calculée en fonction de l'ancienneté. Mais aussi quinze mois payés à 80% durant leur recherche d’emploi. La multinationale devra également contribuer à un fonds étatique «de revalorisation du bassin d’emploi».

Selon le syndicaliste, le passage des salariés de plus de 55 ans en préretraite, «n'aurait pu être obtenu sans les efforts, au ministère du travail, de l'équipe de Christophe Sirugue». Secrétaire d'Etat sous l'ancien gouvernement socialiste français, ce dernier est l'ancien maire de Chalon-sur-Saône, ville voisine de l'un des sites.

... qui peine à faire oublier la désindustrialisation

Sur les 256 collaborateurs concernés, environ le tiers garderont un emploi, soit sur le dépôt qui sera conservé sur une usine soit en étant réaffecté à un autre centre logistique. Environ un autre tiers partira en préretraite, le reste devant rechercher un emploi en bénéficiant des différentes aides au reclassement financées par Geberit.

«Mon regret est de ne pas avoir pu maintenir une activité [de fabrication de sanitaires en] céramique en France, toute la production sera délocalisée dans des pays low-cost en Europe», explique Pierre-Gaël Laverder. Ainsi dans l'usine de Digoin, seules 40 personnes continueront de conditionner dans un carton pour l'expédition des «packs» comprenant un WC, un réservoir et un abattant.

«Mon regret est de ne pas avoir pu maintenir une activité [de fabrication de sanitaires en] céramique en France»

Depuis mai 2016, les salariés s'étaient fortement mobilisés pour tenter de sauver leurs usines. En octobre dernier, 400 personnes étaient venues interpeller la direction de Geberit, pour lui demander de suspendre la délocalisation. Début avril un groupe de vingt-cinq délégués déguisés en Gaulois avaient distribué des tracts d’information sur leur sort aux actionnaires arrivant à l’assemblée générale du groupe à Rapperswil-Jona.

Christian Buhl, directeur général du groupe, avait alors averti les salariés français, «qu’il n’était pas dans son intention de modifier le projet industriel». Il rappelait dans une lettre que leurs «interlocuteurs uniques» restaient les dirigeants de sa filiale française.

Créé: 30.06.2017, 18h14

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