L’avenir prometteur de Ferring à Saint-Prex

PharmaLe groupe, qui fête ses dix ans de présence dans la commune vaudoise, pourrait compter mille employés d’ici à 2020, contre quelque 640 actuellement.

Chaque année, ce sont des dizaines de millions de francs qui sont investis par Ferring Pharmaceuticals à Saint-Prex pour y optimiser son site de production.

Chaque année, ce sont des dizaines de millions de francs qui sont investis par Ferring Pharmaceuticals à Saint-Prex pour y optimiser son site de production. Image: Florian Cella

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Cinq millions d’euros (5,5 millions de francs suisses) pour une nouvelle ligne d’emballage; 3 millions pour doubler la capacité de production du Pentasa (un traitement contre les troubles inflammatoires chroniques de l’intestin); 1 million pour une presse à comprimés flambant neuve… Chaque année, ce sont des dizaines de millions de francs qui sont investis par Ferring Pharmaceuticals à Saint-Prex pour y optimiser son site de production, voire pour y agrandir son siège mondial.

«Nous comptons bien rester»

Le groupe, qui vient de fêter ses dix ans de présence dans la petite commune vaudoise, n’a cessé de grandir ces dernières années, tant en termes de chiffre d’affaires – 1,8 milliard d’euros en 2015 – que de nombre d’employés (6700 dans 56 pays). «Nous sommes très satisfaits de notre présence dans le canton de Vaud et comptons bien y rester», confirme Michel Pettigrew, directeur général du groupe. A demi-mot, sans vouloir donner trop de détails, ce dernier évoque un avenir proche (2020) où Saint-Prex pourrait compter quelque mille employés, contre près de 640 actuellement.

Sans nier l’excellent bilan que représente l’implantation de Ferring à La Côte, un doute subsiste. La dégradation des conditions-cadres en Suisse n’a-t-elle pas joué en défaveur du site de Saint-Prex ces dernières années? Sans elles, l’entreprise n’aurait-elle pas hésité plus longtemps avant d’aller dépenser quelques dizaines de millions de dollars aux Etats-Unis pour bâtir sa toute nouvelle usine au New Jersey? Au dire de son directeur général, ces aspects n’ont pas pesé sur les choix ni le calendrier de l’entreprise. «Notre développement outre-Atlantique relève en réalité d’une volonté à ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier», assure-t-il.

Les choix du groupe appartenant au Suédois Frederik Paulsen relèvent en réalité du basculement attendu de ses affaires dans le monde. Entre l’Europe et les Etats-Unis principalement. D’ici 2020, le Vieux-Continent ne devrait plus peser que pour 28% du chiffre d’affaires (contre 57% en 2008), alors que les revenus américains devraient grimper à 35% (18% en 2008).

Réorganisation du groupe

Ces derniers mois, Ferring a du coup opéré une réorganisation complète de sa structure d’entreprise. Désormais, elle compte six entités locales, bénéficiant chacune d’une certaine autonomie. Toutes devraient d’ailleurs être pourvues de leur propre centre de développement. Un rééquilibrage entre celui de Copenhague, qui emploie actuellement quelque 500 personnes, et les Etats-Unis (150 salariés) est également prévu à moyen terme.

Concernant ses capacités de production de solutions médicamenteuses, sa stratégie a également évolué. «A l’avenir, nous produirons nos médicaments phares dans deux usines distinctes, explique François Hosotte, responsable des sites de fabrication des formes solides et de conditionnement du groupe. Un moyen d’éviter de se trouver à court en cas de problèmes, voire de paralysie d’un des sites.»

Ses installations au New Jersey serviront ainsi à produire du Menopur (médicament servant à lutter contre l’infertilité), fabriqué jusqu’ici uniquement en Allemagne. Au sujet du Pentasa, médicament produit pour le moment exclusivement à Saint-Prex, l’ouverture d’une seconde usine en République tchèque est actuellement à l’étude. Une potentielle concurrence qui ne devrait toutefois pas menacer l’usine vaudoise, qui tourne aujourd’hui à plein régime.

(TDG)

Créé: 30.06.2016, 22h01

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Le New Jersey, un important pôle pharma des Etats-Unis

Situé à l’ombre de New York, l’Etat du New Jersey regorge en fait de compagnies pharmaceutiques, de sociétés spécialisées dans la biotechnologie ou encore de firmes centrées sur les technologies médicales. Cet Etat est considéré comme l’un des principaux pôles pharma des Etats-Unis, après l’incontournable région de Boston.

Selon le New Jersey Department of Labor and Workforce Development (promotion économique locale), en 2014, l’Etat regroupait 3000 compagnies employant 115?000 professionnels. C’est précisément ce foisonnement de chercheurs et de techniciens que recherche tout autre acteur du secteur. Des emplois bien rémunérés: leur masse salariale équivaut à 8% du total des salaires de l’Etat.

De Johnson & Johnson à Sanofi, en passant par Merck, Bayer, Bristol-Myers Squibb, Pfizer, et en n’omettant pas les deux géants suisses Novartis et Roche, tous les grands noms du secteur y sont présents, souvent avec des sites de production et des centres de recherche et de développement. Un de ses atouts est représenté par l’aéroport international de Newark, situé à un jet de médicament de ces industries mais aussi à proximité de la Grande Pomme.
Roland Rossier

«Ferring a largement dépassé nos attentes»

Hier, le syndic d’Etoy, Michel Roulet, rendait sa casquette de président du Littoral Parc. Depuis la création de cette association, en 1997, l’homme a vécu les grands bouleversements de ces vingt dernières années. Et cela tant dans sa commune que dans celle, voisine, de Saint-Prex. Interview.

Concernant Ferring, son implantation a-t-elle répondu à vos attentes?

Elle les a même dépassées, puisque nous espérions au départ que cette société emploierait à Saint-Prex entre 250 à 300?personnes. Avec ses 640?salariés, elle représente aujourd’hui le plus gros employeur de la région.

Quelle marge de manœuvre a le Littoral Parc en termes d’accueil pour de nouvelles entreprises?

S’il reste peu de terrains disponibles, notre offre de locaux commerciaux s’est fortement étendue grâce à l’aboutissement de récents projets immobiliers. Nous avons désormais quelque 10?000?m2 disponibles pour accueillir plusieurs entreprises.

L’arrivée de nouvelles multinationales s’est fortement ralentie ces dernières années, pensez-vous que la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) va changer la donne?

Ce sera une aide, c’est clair. Face au louvoiement des autorités genevoises, le positionnement très
clair du Canton de Vaud concernant cette réforme fiscale devrait également être un atout. Ensuite,
tout n’est pas paralysé. Nous avons
de gros projets sur le point d’aboutir comme le centre multifonctionnel i.Life et le garage AMAG. D’autres
sont aussi sur le point de démarrer,
à l’exemple de la transformation de la halle Friderici en hôtel, parc d’attractions et espace de coworking. Un investissement d’environ 50 millions de francs.
O. W.

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