Ferring part à la conquête des Indes et de l'Amérique

PharmaEn dix ans, ce groupe vaudois d’origine suédoise a doublé de taille. Il rêve de devenir numéro un mondial de l’infertilité.

L’effectif du site de Saint-Prex a doublé en dix ans. Près de la moitié des 640 employés sont occupés à la production.

L’effectif du site de Saint-Prex a doublé en dix ans. Près de la moitié des 640 employés sont occupés à la production. Image: FLORIAN CELLA

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Après Debiopharm jeudi, c’est Ferring, une autre compagnie pharmaceutique vaudoise qui a détaillé ses projets, en Suisse et à l’étranger, à l’occasion de ses 65 ans de présence sur sol helvétique. Mais il faut attendre l’an 2000 pour que le propriétaire de ce groupe familial, le Suédois Frederik Paulsen, ancre son siège à Saint-Prex, en le transférant du Danemark.

A la conquête des Indes
C’est en Inde (avec un investissement de 25 millions d’euros) et aux Etats-Unis que ce groupe entend se développer dans les mois à venir. Mais sans pour autant oublier la Suisse. Une nouvelle ligne de production est pratiquement prête à démarrer, sur son site de Saint-Prex, et un agrandissement y est aussi possible.

Position centrale de la Suisse, main-d’œuvre qualifiée et avantages fiscaux: ce sont les trois raisons principales qui l’ont amené dans le canton de Vaud. Un choix judicieux, à en juger par l’état de santé de la compagnie. En dix ans, Ferring a doublé son effectif et ses revenus. En 2005, le groupe employait 2200 personnes (dont 300 en Suisse) contre 5000 (dont 640 dans le canton de Vaud) aujourd’hui.

L’évolution du chiffre d’affaires a suivi la même courbe: 700 millions d’euros il y a dix ans, 1,5 milliard l’an passé (environ 1,6 milliard de francs). Et le développement se poursuit. «Nous espérons boucler 2015 avec un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros», a précisé hier le Canadien Michel Pettigrew, patron du groupe (lire ci-contre). Il n’en dira guère plus, côté chiffres, cette société privée ne publiant le montant de ses bénéfices. «Nous sommes rentables», lâche simplement le patron.

Spécialiste de l'infertilité
Ferring s’est spécialisé dans le domaine de l’infertilité, qui représente 44% de ses ventes de produits pharmaceutiques. A lui seul, son médicament Menopur – fabriqué dans son usine allemande – pèse entre 400 et 500 millions d’euros. Dans ce champ thérapeutique, Ferring talonne Merck Serono et espère même devancer la firme allemande. L’urologie et la gastro-entérologie sont les deux autres segments où ce groupe est aussi très présent.

A Saint-Prex, c’est le Français Eric Bertrand qui est chargé de diriger un site industriel où s’affairent quelque 300 collaborateurs, souvent tout de blanc vêtus pour obéir aux sévères critères appliqués à cette industrie. «Et l’usine tourne à plein régime», résume cet ingénieur. (TDG)

Créé: 18.09.2015, 22h17

«Notre site industriel est très performant»

Directeur général de Ferring depuis quinze ans, le Canadien Michel Pettigrew explique pourquoi cette multinationale reste ancrée en Suisse.

Les incertitudes pesant sur la fiscalité des multinationales vous inquiètent-elles?
Nous sommes très satisfaits d’être ici, malgré le vote du 9 février 2014 sur l’immigration, la cherté du franc et les incertitudes dans le domaine fiscal.

En Europe, vous gérez trois sites similaires à celui de Saint-Prex. La productivité en Suisse tient-elle la comparaison avec ces autres usines?
Nous bénéficions, ici, d’un site industriel très performant. En raison de la complexité propre à l’industrie pharmaceutique, nous nous devons de disposer de plusieurs sites.

Votre chiffre d’affaires devrait encore fortement progresser. Quelles en sont les raisons?
Deux facteurs se sont conjugués: le renforcement du dollar par rapport à l’euro et la bonne tenue du marché américain. Notre site du New Jersey, où nous avons investi 130 millions de dollars en trois ans, est désormais opérationnel pour répondre à cette demande.

Vous avez bénéficié d’aides fiscales aux Etats-Unis?
Non, nous avons même refusé leur aide car les conditions posées par les administrations américaines étaient trop strictes.

Que pensez-vous du taux de 13,8% qui pourrait être fixé pour les multinationales dans le canton de Vaud?
Ce taux me semble raisonnable. R.R.

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