En Suisse, les start-up se féminisent peu à peu

EntrepreneuriatSur les 100 jeunes pousses les plus prometteuses du pays, 28 d’entre elles comptent une femme comme (co)fondatrice.

Déborah Heintze, Cofondatrice et COO de Lunaphore, a reçu en 2014 le 1er prix ARC.

Déborah Heintze, Cofondatrice et COO de Lunaphore, a reçu en 2014 le 1er prix ARC. Image: Jean-Bernard Sieber

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«Où sont les femmes?» Dans l’écosystème grandissant des start-up suisses, la question chantée par Patrick Juvet en 1977 semble très actuelle tant elles restent rares à diriger une jeune pousse ou à oser franchir le pas en (co)fondant leur propre société. Dans le monde des nouvelles technologies, notamment, la barrière d’entrée semble particulièrement difficile à franchir.

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Les initiatives se multiplient toutefois pour essayer d’inverser cette tendance. Inspirées par le mouvement populaire Girls in Tech aux États-Unis, les Suissesses ont commencé à s’organiser depuis quelques années. En 2016, grâce à l’association Womenway, plusieurs centaines de femmes actives dans l’entrepreneuriat, la technologie et l’innovation s’étaient réunies lors d’un premier Female Founder Summit. À l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), depuis la fin de l’année dernière, le réseau Lish, créé par deux jeunes entrepreneuses, Suchi Dubey et Lilla Papp, cherche à motiver les étudiantes en leur proposant des services de mentoring.

Les honneurs de «Forbes»

Mercredi soir, la présentation du classement de Venturelab consacré aux 100 start-up les plus prometteuses du moment montre qu’il existe bel et bien un premier basculement. Sur les 100 jeunes pousses de l’année, 28 comptent une femme dans leur équipe fondatrice. C’est même le cas pour les trois start-up en tête du classement, dont la première, Ava AG, une start-up zurichoise à l’origine d’un bracelet indiquant les jours de fertilité d’un cycle féminin.

Sa cofondatrice, Lea von Bidder, a d’ailleurs récemment eu les honneurs de «Forbes» en entrant dans la prestigieuse liste des 30 personnalités économiques de moins de 30 ans qui comptent. Il en va de même d’ailleurs de la cofondatrice et COO de Lunaphore (3e au classement), Deborah Heintze. Preuve que les entrepreneuses suisses parviennent aujourd’hui à se démarquer sur un plan international.

Jordi Montserrat salue «cette féminisation du monde des start-up en Suisse». Le directeur de Venturelab tient toutefois à nuancer cette évolution. «Les équipes fondatrices se féminisent certes, mais lorsqu’il s’agit du premier rôle, celui de CEO, les femmes ne sont que 10% à endosser actuellement une telle fonction», regrette-t-il. Nadine Reichenthal, responsable de l’Accélérateur de start-up de l’UNIL et membre fondateur du Cercle suisse des administratrices, constate pour sa part qu’il s’agit toujours de femmes extrêmement qualifiées et compétentes dans des domaines bien spécifiques (biologie, chimie, informatique, etc.). «Sans cela, et contrairement à certains profils masculins relativement médiocres, elles n’arriveraient pas à convaincre les investisseurs», assure l’entrepreneuse. «Cette percée des femmes dans le classement de Venturelab n’en reste pas moins une bonne nouvelle puisqu’elle pourra servir de source d’inspiration à d’autres entrepreneuses dans l’âme mais hésitant encore à tenter leur chance», estime Nadine Reichenthal.

Encore marginale, cette tendance devrait se poursuivre au vu des conclusions de certaines recherches récentes. Dans une étude, Boston Consulting Group (BCG) arrive notamment à la conclusion que les start-up (co)fondées par des femmes sont globalement plus rentables. D’après leur calcul, elles rapportent en moyenne 78 centimes, contre 31 centimes pour les jeunes pousses créées par des hommes.

Retour en force de Zurich

Au-delà de la question purement féminine, l’autre évolution notable du dernier classement de Venturelab est géographique. Après des années de règne des entreprises romandes (essentiellement vaudoises), un basculement en direction de Zurich apparaît en 2018.

L.E.S.S. ou Mindmaze n’étant plus listées (une start-up ne peut rester que cinq ans dans le top 100), les start-up vaudoises ne sont désormais plus que quatre au sommet du classement, contre six zurichoises. De quoi relancer les rivalités entre les deux cantons qui jouent des coudes pour devenir le hub principal de l’innovation en Suisse.

Plus globalement, l’écosystème des start-up suisses connaît une forme resplendissante. Jordi Montserrat s’attend notamment à une nouvelle année record en termes d’investissements. «Au cours de ces derniers mois, ce sont 270 millions qui ont déjà été collectés par seulement huit start-up», précise le directeur de Venturelab. Ces fonds permettent «à ces jeunes entreprises d’être compétitives à l’échelle mondiale et de bâtir l’avenir de l’industrie suisse». (TDG)

Créé: 05.09.2018, 19h42

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