Credit Suisse visé par une enquête genevoise

Effet dominoUne fraude financière en lien avec la Turquie rejaillit sur la banque à Genève, qui pourrait être poursuivie, selon «Le Matin Dimanche».

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Les pratiques très peu orthodoxes de certains gérants de fortune genevois remontent une nouvelle fois à la surface. Cette fois il s’agit d’une officine qui orchestrait le placement de la fortune – 1,5 milliard de dollars au total – de riches «tycoons» de Turquie. Dans le collimateur de la justice genevoise depuis près de deux ans, deux de ses responsables ont admis être à l’origine d’une véritable débâcle financière: les enquêteurs ont établi que le préjudice approchait déjà les 150 millions de dollars, révèle Le Matin Dimanche. Ce trader et ce gestionnaire de fortune ont reconnu avoir pris des risques démesurés en Bourse afin de tenter de rattraper les pertes qu’ils avaient auparavant fait encourir à leurs clients. Le duo – ainsi que deux de ses employés et deux juristes d’une autre société – sont soupçonnés d’escroquerie, de faux dans les titres, d’abus de confiance et de gestion déloyale.

En résumé, tous les attributs d’un nouveau fait divers prompt à alimenter les discussions sur la place financière. Sauf que. L’histoire est en passe de prendre une autre dimension. Car si les deux financiers géraient les placements boursiers de leurs richissimes clients turcs, ils utilisaient pour cela des comptes ouverts au sein de Credit Suisse à Genève. Ce qui vaut à la grande banque d’être aspirée dans cette affaire.

Et de se retrouver, elle aussi, sur la sellette. Selon le journal dominical, le procureur genevois en charge de l’enquête envisagerait même «d’étendre les charges à l’établissement bancaire lui-même». La raison? Les deux années d’enquête sur cette affaire turque auraient mis à jour «un défaut grave d’organisation de l’établissement» qui aurait exercé une «surveillance minimale» voire «inexistante» des activités de ces deux financiers, révèle l’hebdomadaire, citant un magistrat en charge de l’affaire. Plus d’une centaine d’infractions – perpétrées entre 2008 et 2015 et concernant 80 comptes bancaires – auraient été mises au jour par les enquêteurs. Une dizaine d’employés de Credit Suisse seraient dans le viseur. Les faits pourraient également concerner du blanchiment.

Contacté dimanche, un porte-parole de la deuxième banque du pays répète que, jusqu’à présent, «l’instruction pénale en cours n’a pas été ouverte contre le Credit Suisse, mais en premier lieu contre des représentants de cette société TG Investment». La banque ne donne pas davantage de détails sur une procédure toujours «en cours». Son porte-parole ajoute simplement que la banque «se conforme aux lois en vigueur dans les pays où elle exerce ses activités».

(TDG)

Créé: 29.01.2017, 21h07

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