Ces start-up qui aiguisent l’appétit des investisseurs

InnovationLes lauréats du concours «Venture 2018» sont actifs dans les techniques médicales.

L’équipe de EBA-Med est active dans les faisceaux de protons.

L’équipe de EBA-Med est active dans les faisceaux de protons. Image: STUDIO PHILIPP KLEMM

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Artiria et EBA-Med: deux noms de start-up dont il faudra se souvenir. Les lauréats du prix «Venture 2018», qui viennent d’être dévoilés à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), vont se retrouver sur les radars des investisseurs. Cela s’explique aisément. «Les jeunes entrepreneurs à l’origine des idées d’entreprises et projets de développement permettent d’envisager l’avenir avec confiance. Ils inventent par exemple de nouvelles méthodes thérapeutiques pour soigner des malades ou résolvent des problèmes de gaspillage de nourriture ou de nouvelles applications pour les drones volants», relève Thomas Knecht, ancien directeur de Mc Kinsey Company Suisse et fondateur du concours. Logiquement, les produits et recherches de ces deux jeunes pousses devraient aiguiser les appétits:

Artiria (EPFL): «La jeune pousse a développé un appareil médical assistant les chirurgiens neuroendovasculaires lors du traitement des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Le système permet aux chirurgiens de naviguer rapidement et sûrement dans les artères cérébrales grâce à un micro-robot. Cet appareil améliore considérablement les résultats lors des interventions dans le cadre d’un AVC.»

EBA-Med (EPFL): «300'000 patients en Europe sont traités chaque année par des procédés opératoires manuels en raison d’une arythmie cardiaque. Pour les patients, ces traitements sont pesants, complexes et longs. La solution non invasive proposée à base de faisceaux de protons permet de réaliser le même traitement en une seule séance et fait économiser aux hôpitaux les quatre cinquièmes du temps et les deux tiers des coûts.»

Plusieurs start-up primées ces vingt dernières années ont attiré le regard de groupes bien établis. Covagen, spécialisée dans le développement de protéines thérapeutiques, a été reprise en 2014 par Johnson Johnson. La transaction aurait atteint 200 millions de francs. En 2013, Molecular Partners a conclu un accord de collaboration à hauteur de 1 milliard avec Roche pour le développement de thérapies contre le cancer. Il existe d’autres exemples encore. Intéressant, donc.

Le prix «venture 2018» est par ailleurs doté d’une enveloppe de 170'000 francs. «Depuis 20 ans, nous améliorons sensiblement les chances de réussite de jeunes entrepreneurs en leur offrant des connaissances, un coaching, et la possibilité d’élargir leur réseau», ajoute encore Thomas Knecht. L’origine des participants est la preuve de la vivacité du secteur de la jeune entreprise en Suisse: 50% proviennent des universités, 34% des écoles polytechniques fédérales et 9% des écoles spécialisées, le solde étant constitué de personnes hors milieu académique. Les équipes sont très internationales.

Dans le détail, 109 idées d’entreprises et 83 projets de développement ont été déposés dans le cadre du concours. Cela a représenté 192 équipes au sein desquelles 372 personnes se sont activées. Les domaines couverts sont très variés: techniques médicales, biotechnologie, pharmacologie, matériel informatique, technologie alimentaire. Le concours est organisé par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), l’EPFL, Mc Kinsey Suisse et la Commission pour la technologie et l’innovation de la Confédération.

À côté des deux principaux lauréats, d’autres jeunes pousses ont tapé dans l’œil de jury (et du public):

SwissProsthetics (ZHAW, Université des sciences appliquées, Zurich): «La jeune pousse propose une prothèse économique, modulable et robuste, pour les enfants et les adultes ayant perdu des membres supérieurs. Conçues pour être faciles à utiliser, les prothèses améliorent l’intégration sociale des utilisateurs ainsi que leur qualité de vie en leur permettant de participer à des activités de loisirs (p. ex. du vélo). Le projet profite des expériences d’un père et de sa fille, qui est née sans main gauche.» Gagnant du prix du public.

AgroSustain (Université de Lausanne, Agroscope): «La firme développe des traitements biologiques efficaces pour prolonger la durée de conservation des légumes et des fruits infectés par des souches de champignons. Grâce à cet allongement de la durée de conservation, ces produits permettent de réduire les déchets alimentaires et la consommation de plastique pour les emballages.»

Araris (Institut Paul Scherrer): «Cette équipe développe des conjugués anticorps-médicaments (ADC) pour les thérapies ciblées contre le cancer. La génération d’ADC avec les méthodes actuelles est complexe et coûteuse. De plus, les ADC présentent souvent une stabilité limitée et une efficacité suboptimale. Ici, on cherche à transformer chaque anticorps natif en ADC avec des propriétés optimales sans l’ingénierie habituellement nécessaire.»

INVOLI (EPFL): «Assurant une intégration sûre des drones dans le trafic aérien, ses solutions permettent d’éviter les collisions avec les avions et d’exploiter de nouvelles applications (livraison par des drones, drones-taxis). Le système met à disposition des drones les données actuellement manquantes du trafic des vols à basse altitude en garantissant ainsi un espace aérien sûr utilisable collectivement.» Nanoleq (EPFZ): «Spin-off de l’EPFZ, cette jeune entreprise développe des câbles incassables, extensibles et pliables pour les applications de techniques médicales, de robotique et de l’électronique de divertissement.»

EmbryoSpin (EPFL): «Première entreprise de hardware high-tech qui va proposer des instruments de résonance magnétique pour l’analyse d’embryons humains. L’objectif à long terme de l’équipe du projet est de commercialiser un appareil pour évaluer la santé et la viabilité d’embryons fécondés in vitro.»

Microcaps (EPFZ): «La start-up a développé une méthode polyvalente pour la fabrication de microcapsules avec un contrôle précis des dimensions. Ainsi, les clients peuvent entièrement contrôler le comportement de telles capsules, utilisées par les secteurs pharmaceutique, des cosmétiques ou encore de l’agrochimie.»

Rapid Graft (EPFZ): «Les plaies ou les défauts de la peau peuvent entraîner des conséquences physiques et psychiques graves sur le patient. Souvent, ces plaies nécessitent une greffe cutanée. La start-up développe un outil à l’aide duquel il est possible d’effectuer les greffes cutanées de manière bien plus simple et rapide qu’avec les techniques habituelles.» (TDG)

Créé: 25.06.2018, 18h27

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