Empreinte carbone suisse: l'EPFL invente le bon calcul

ElectricitéDes chercheurs lausannois sont parvenus à évaluer l'empreinte carbone de l'électricité suisse à l'heure, plutôt qu'en moyenne annuelle.

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'empreinte carbone d'un kilowattheure consommé en Suisse reste à ce jour difficile à formuler en raison de l'important nombre de variables impliquées dans ce calcul, a indiqué lundi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

La Suisse produit une partie de sa propre électricité et en échange avec la France, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie sous forme d'imports et d'exports. Il est ainsi difficile d'y voir clair et de savoir quel pays produit quoi à quel moment.

Didier Vuarnoz et Thomas Jusselme, membres du groupe Building2050 installé à Fribourg au sein du smart living lab, ont eu l'idée d'utiliser une nouvelle base de données européenne afin de mieux comprendre ces échanges.

Nommée ENTSO-E transparency platform et accessible depuis 2015, cette plate-forme financière comptabilise notamment les flux énergétiques entre chaque pays d'Europe, heure par heure.

Heure par heure

Les chercheurs ont traité ces données en convertissant les kilowattheures (kWh) en carbone en se basant sur le cycle de vie de chaque flux. Chaque kWh, produit à un moment donné (nucléaire, charbon, hydraulique, etc.), a ainsi hérité d'une quantité d'émission de carbone en fonction de son origine, fossile ou renouvelable.

Les chercheurs ont ensuite développé des visualisations comme outils pour voir rapidement, heure par heure, quel type d'énergie est utilisée à quel moment en Suisse durant une année. Pour les auteurs, cette nouvelle information horaire permettra un jour de responsabiliser les individus et les industriels, qui sauront quand consommer.

D'autres études similaires ont été réalisées en France, en Belgique, en Suède et en Finlande entre 2013 et 2015 à partir d'autres bases de données. Pour le cas suisse, les chercheurs ont développé une nouvelle méthode de calcul adaptée à la complexité des flux helvétiques.

Transition énergétique

L'enjeu est de taille: pour atteindre les engagements d'une société à 2000 watts, fixé à 2050, et assurer la transition énergétique, la Suisse doit en effet se doter d'outils précis et fiables pour mieux évaluer son impact sur l'environnement et trouver des alternatives à la consommation d'énergies fossiles, écrit l'EPFL.

«Ce nouvel outil d'analyse pointe un immense potentiel qui nous permettrait de répondre en partie à la promesse formulée pour 2050», conclut Thomas Jusselme, cité dans le communiqué. Ces travaux ont été publiés en libre accès sur la plate-forme Data in Brief ainsi que dans la revue Energy. (ats/nxp)

Créé: 29.10.2018, 16h57

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Grève des jeunes pour le climat
Plus...