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Dreamscape tape dans l’œil de Spielberg

Le réalisateur et les studios Warner, Fox et MGM parient 11 millions dans la PME genevoise de réalité virtuelle.

Caecilia Charbonnier et son compagnon Sylvain Chagé, les fondateurs de Dreamscape Immersive.
Caecilia Charbonnier et son compagnon Sylvain Chagé, les fondateurs de Dreamscape Immersive.
Steeve Iuncker-Gomez

Saut dans le «big bizness» pour Caecilia Charbonnier et son compagnon Sylvain Chagué, les fondateurs, avec Ronald Menzel – leur parrain en affaires – de Dreamscape Immersive. Leur technologie informatique de réalité virtuelle vient de taper dans l’œil de la triade hollywoodienne Warner, 21st Century Fox et Metro-Goldwyn-Mayer. Mais aussi du réalisateur Steven Spielberg.

Ces derniers ont annoncé il y a cinq jours qu’ils mettaient 11 millions de dollars dans cette PME de Meyrin. Parmi les investisseurs figurent également les écrans géants Imax, les centres commerciaux Westfields ou les financiers de Bold Capital. L’argent devrait être dépensé en moins d’un an et un deuxième appel de fonds est prévu pour l’été ou l’automne.

L’eldorado des studios

Un pari destiné à étendre, à tisser des «malls» et des cinémas de Los Angeles, un vaste réseau de «cellules» dans lesquels le public pourra s’immerger, casque en tête, dans des univers créés de toutes pièces ou inspirés de films à succès. La première attraction ouvre à l’automne dans un centre commercial de Beverly Hills. L’idée reste d’offrir, pour 15 ou 20 dollars les dix minutes, des attractions utilisant une machinerie que le grand public ne peut encore s’offrir – à l’instar des jeux vidéo d’arcades des années 80.

Basée sur l’utilisation de plusieurs caméras infrarouges et de capteurs placés sur les participants, la technologie s’inspire des travaux des deux chercheurs en informatique, focalisés au départ sur l’imagerie médicale au sein de leur fondation Artanim. Les différents «univers» seront créés en internes ou sortiront de studios 3D au service des grandes maisons de production de L.A.

Un bref essai, casque en tête et ordinateur au dos, permet de basculer dans une mégalopole futuriste à moitié immergée, façon Bladerunner. Hormis le flot de navettes se croisant dans le ciel, le décor est vide. Mais l’irruption d’une créature des eaux sombres suffirait à rendre obligatoire la présence d’un défibrillateur à proximité de l’aire de jeu.

Ces derniers mois, tous les studios se jettent dans la bataille de la réalité virtuelle, y voyant un nouveau produit dérivé. Concurrent des Genevois, l’américain The Void vient ainsi d’ouvrir à New-York sa première arcade inspirée de Ghostbusters.

Dans la neige de Sundance

Tout a démarré il y a un an, sous le soleil hivernal du festival de film de Sundance. Les deux chercheurs genevois y présentent une nouvelle application de leurs travaux: «Space Travelers», une téléportation dans l’univers de plusieurs films. Dans la file d’attente se cache Kevin Wall, producteur de mégaconcerts live.

Conquis, cet apôtre des nouveaux médias débarque à Genève trois mois plus tard en compagnie d’un gros bonnet de LA LA Land. Walter Parkes, ancien boss de DreamWorks et producteur, entre autres, de Minority Report et Gladiator. «Juste avant de partir, ils nous disent: on va investir dans votre projet et lui consacrer du temps», se souvient Caecilia Charbonnier. Tout s’emballe, vitesse côte ouest. Des bureaux sont installés à Santa Monica, et l’ancien patron des attractions de Disney, Bruce Vaughn, est placé à la tête de Dreamscape.

Les deux vies de Caecilia

La créature virtuelle des labos de Meyrin échappe-t-elle à ses concepteurs? «Evidemment il y a toujours un peu de cela, mais comment imaginer se lancer dans une aventure hollywoodienne en voulant tout contrôler à 100%», rétorque Caecilia Charbonnier. Et puis, «le développement technique et la recherche – notre expertise – restent à Genève», ajoute Sylvain Chagué, un ingénieur formé à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne.

Ces deux-là se sont rencontrés à l’Université de Genève, dans le laboratoire de Nadia Magnenat-Thalmann, une pionnière de la «modélisation d’êtres humains virtuels». Née en 1981, Caecilia avait déjà eu une première vie. Joueuse de tennis pro, elle a joué en Fed Cup pour la Suisse en 1999. Titrée treize fois championne suisse toutes catégories confondues – «les mêmes années que Federer» – elle devait arrêter la compétition un an plus tard, en raison d’une blessure à l’épaule.

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