Donald Trump vole au secours d’un banquier au service d’UBS

ProcèsScott Hapgood, un Américain œuvrant pour la banque suisse, est accusé de meurtre dans les Caraïbes.

Le Président Trump à pris position en faveur de  Scott Hapgood sur Tweeter.

Le Président Trump à pris position en faveur de Scott Hapgood sur Tweeter. Image: Carlos Barria

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Entre un tweet pour soutenir son ancien porte-parole engagé dans l’émission de télé-réalité «Dancing with the Stars» et un autre pour se plaindre de la procédure de destitution qui menace sa présidence, Donald Trump n’a pas oublié Scott Hapgood lundi. «Je vais me pencher sur son cas et sur celui de l’île d’Anguilla», a affirmé le président des États-Unis à propos de ce banquier d’UBS accusé de meurtre dans les Caraïbes. «Quelque chose a l’air complètement faux. Je sais qu’Anguilla voudra une juste résolution de ce cas!»

Ce tweet présidentiel a été provoqué par l’appel lancé lundi matin par Kallie Hapgood, l’épouse du financier inculpé, sur la chaîne de télévision conservatrice Fox News. «J’ai vu Trump aider des Américains en danger à travers le monde et nous avons vraiment besoin de son aide», a-t-elle déclaré dans l’émission «Fox and Friends», un talk-show dont Donald Trump est un téléspectateur assidu. Le président n’a pas tardé à réagir avec une prise de position qui rappelle son intervention dans l’affaire du rappeur A$AP Rocky, poursuivi cet été pour une agression en Suède.

Bagarre avec un employé

Scott Hapgood, un père de trois enfants vivant dans la banlieue de New York, est accusé d’avoir tué Kenny Mitchel, un employé de l’hôtel de luxe dans lequel le financier passait ses vacances en famille en avril dernier. Kallie Hapgood a affirmé sur Fox News que Kenny Mitchel, 27 ans, s’était présenté dans la chambre de la famille en prétendant vouloir régler un problème de plomberie. Il aurait ensuite brandi un couteau et exigé de l’argent. Le banquier d’UBS se serait alors battu contre l’employé pour protéger ses enfants.

L’affrontement a tourné à l’avantage de Scott Hapgood, un ancien joueur de football américain. Le financier a plaqué l’employé de l’hôtel, qui était plus frêle que lui. Selon le témoignage d’un collègue de Kenny Mitchel arrivé rapidement sur les lieux, Scott Hapgood asphyxiait son adversaire et l’aurait empêché de parler en lui lançant: «Tu n’as rien à dire.»

Mitchel est mort peu après. Scott Hapgood avait été arrêté et inculpé pour coups et blessures ayant entraîné la mort. Il avait été remis en liberté dans l’attente de son procès après le versement d’une caution. En août, le rapport d’autopsie, qui avait initialement indiqué une mort par asphyxie, a été modifié. Selon le médecin légiste, Kenny Mitchel aurait pu succomber d’une overdose de cocaïne, une conclusion qui corrobore la version de Scott Hapgood.

En août toujours, le banquier, qui plaide la légitime défense, s’est rendu à une audience préliminaire et a affirmé à la sortie de la Cour: «Je suis reconnaissant d’avoir la possibilité de comparaître devant un tribunal d’Anguilla, car chaque comparution signifie que nous effectuons un pas de plus pour mettre fin à ce cauchemar.»

L’appel à Trump de l’épouse

À l’approche d’une nouvelle audience prévue le 11 novembre à Anguilla, Kallie Hapgood a décidé de s’adresser directement à Donald Trump. «Sur la forme, cette requête peut paraître exceptionnelle, mais sur le fond, elle s’inscrit dans le cadre de nos efforts pour obtenir la représentation consulaire que le Département d’État assure aux citoyens américains», explique Juliya Arbisman, l’avocate de Scott Hapgood. «À cause de la petite taille de l’île et des passions déchaînées par ce cas, nous avons des raisons de redouter que Scott Hapgood ne puisse pas être jugé justement, surtout à la lumière des récentes conclusions de l’enquête, selon lesquelles la drogue aurait joué un rôle déterminant dans la mort de M. Mitchel.»

L’avocate souligne que la démarche de la famille Hapgood auprès de Donald Trump et la remise en liberté sous caution de son client n’ont «rien à voir avec une question de privilège accordé aux Blancs». Elle poursuit: «Scott Hapgood a été remis en liberté sous caution notamment pour des raisons de sécurité.» Des propos confirmés par la décision du juge, dont nous avons pu nous procurer une copie. Le magistrat avait souligné que des proches de la victime travaillaient dans la prison dans laquelle Scott Hapgood était incarcéré.

Suspendu par UBS

La famille de Kenny Mitchel réclame que justice soit rendue. Juliya Arbisman souligne pour sa part l’impact qu’a eu l’affaire sur son client. «UBS l’a suspendu dans l’attente de son jugement, conclut-elle. Scott Hapgood ne peut plus entraîner les équipes de ses enfants. Il doit avoir un dispositif de sécurité important à chaque fois qu’il se rend à Anguilla. Son monde a été brisé.» Le 11 novembre, l’avocate déposera une motion demandant que l’affaire soit classée.

Créé: 18.10.2019, 19h25

Pots-de-vin: Credit Suisse plongé dans un autre scandale

Alors que l’affaire Khan-Thiam est encore fraîche dans les mémoires, Credit Suisse fait à nouveau parler de lui. Ces derniers jours, la presse anglo-saxonne s’est emballée pour une affaire de pots-de-vin au Mozambique impliquant un ex-employé de la grande banque suisse. Devant un jury à New York, le banquier a expliqué qu’il avait accepté d’être payé par Jean Boustani (patron de Privinvest, ce groupe accusé d’avoir abusé des investisseurs américains) contre une réduction des frais de transaction pratiqués par Credit Suisse lors d’un prêt. En tout, ce dernier a admis avoir touché pas moins de 45 millions de dollars sur un total de 2 milliards prêtés à des entreprises au Mozambique.

Sa justification fait toutefois sourire, puisque le banquier explique que sa décision d’accepter de tels pots-de-vin résulte d’une histoire sentimentale. Il entretenait en effet une affaire avec une subordonnée. «Nous étions tous les deux mariés à l’époque et il était difficile de nous voir à moins que nous ne voyagions», explique le banquier. Il affirme qu’il voulait quitter Credit Suisse et établir une vraie relation avec cette femme.

Alors que la maîtresse a également plaidé coupable, Jean Boustani nie, pour sa part, avoir commis un acte répréhensible. Et il en va de même pour sa société Privinvest. «De toute évidence, le banquier suisse a une entente de faveur avec le gouvernement [américain] pour qu’il dise ce que le gouvernement veut qu’il dise», a déclaré à Bloomberg Stephen Hauss, l’un des avocats de Privinvest.
Olivier Wurlod

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