Deux marques romandes en pole position aux Jeux olympiques

SponsoringDahu et Movement équipent Présence Suisse en Corée du Sud et démontrent du savoir-faire suisse en skis et chaussures.

Carte de visite en rouge et blanc pour les marques romandes, au pied des pistes olympiques.

Carte de visite en rouge et blanc pour les marques romandes, au pied des pistes olympiques. Image: EDA/SCHWEIZ

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Depuis quelques jours, deux équipementiers romands jouissent d’une visibilité extraordinaire. Dahu pour la partie chaussures et Movement pour les skis se sont en effet vu confier la tâche de fournir leur matériel à toute la délégation de Présence Suisse lors des Jeux olympiques en Corée du Sud.

Les invités venus déguster raclettes et autres spécialités du pays à la Maison Suisse auront donc l’occasion de voir, si ce n’est de tester, l’équipement des deux marques romandes. «En faisant appel à nous, Présence Suisse nous permet de gagner énormément en visibilité», se réjouit Nicolas Frey, fondateur et patron de Dahu. Basée à Châtel-Saint-Denis, cette marque fondée en 2011 est en train de révolutionner le marché de la chaussure de skis en proposant un modèle qui, en quelques clics, permet de sortir les boots de leur coque de plastique dur et de marcher sans difficulté.

Pour Vincent Bardy, responsable du team skis Movement, «ce podium offert par Présence Suisse leur permet également de renforcer leur crédibilité dans le domaine du ski alpin». Après s’être fait un nom dans le freeride et la randonnée, la marque basée à Puidoux cherche effectivement à séduire les skieurs de pistes. Un tournant pour un groupe dont l’origine remonte à 1981, lorsque Serge Baud lance les snowboards Wild Duck.

Pour mémoire, dans les années 1990, cette marque connaît un énorme succès et devient l’un des plus grands vendeurs de planches dans le monde (face au rollois Nidecker). Mais le vent finit par tourner pour l’industrie du snowboard. Conscient de cette chute de popularité, Serge Baud finit par se tourner vers le ski et réussit à encaisser le choc. Pour la saison 2017-2018, Movement prévoit ainsi d’écouler quelque 25 000 à 30 000 paires.

En route vers l'Asie

En Corée, si les deux marques se partagent la vedette, elles n’affichent toutefois pas les mêmes objectifs. De taille encore modeste, Dahu concentre actuellement son déploiement sur le marché américain, soit le plus important vivier de skieurs du monde, derrière la France mais devant l’Autriche. «Aux États-Unis, nous sommes en tractation avec de potentiels partenaires», confirme Nicolas Frey en précisant que la difficulté sera de dégotter le bon. Quant à l’Asie, sa conquête est sur la feuille de route du groupe, mais reste encore un peu lointaine pour en parler.

Du côté de Movement, à l’inverse, cette présence en Corée représente une véritable opportunité de tester un nouveau marché asiatique (elle est notamment déjà présente au Japon) et de s’y étendre en cas de résultats concluants.

Résister aux grands

Les deux marques romandes, malgré leurs différences de taille, font par contre face aux mêmes défis: réussir à se faire une place face aux mastodontes du secteur tels que Salomon ou Stöckli (pour une marque suisse). «Dans un marché aujourd’hui très complexe et concurrentiel, cela nécessite de gros frais marketings et d’établir divers partenariats (ndlr: stations de ski ou offices du tourisme par exemple)», explique Vincent Bardy.

Préférant pour sa part faire appel à un panel de professionnels et de prescripteurs, le patron de Dahu estime qu’il est possible de s’imposer sur le marché avec «un produit différent et de qualité». Et cela quelle que soit la taille de l’entreprise.

L’entreprise fribourgeoise compte toutefois mettre la 6e pour accélérer sa croissance. Elle vient ainsi d’engager Olav Nietzer comme directeur international des ventes. «Nous bénéficierons non seulement de son expérience dans cette industrie (ndlr: il y travaille depuis plus de 25 ans), mais aussi de son vaste réseau développé successivement chez Lange, Burton ou encore Black Diamond», espère Nicolas Frey.

Écoulant actuellement quelque 4500 paires de chaussures sur une saison, Dahu prévoit d’en vendre 15 000 à 20 000 paires en 2020. Même volonté de croissance du côté de la marque vaudoise de ski. Cette dernière a l’avantage depuis deux ans d’être passée entre les mains d’un actionnaire solide: la société d’investissement Airesis, basée à Montreux, laquelle avait déjà acquis la marque française Le Coq sportif en 2005. (TDG)

Créé: 12.02.2018, 11h43

«Nous voulions offrir à nos visiteurs une expérience suisse du ski»

Responsable de l’équipe de Présence Suisse, c’est depuis la Corée du Sud que Nicolas Bideau revient sur son choix de faire appel à deux petites marques romandes pour équiper en matériel de ski la Maison Suisse. Interview.

Comment devient-on équipementier de Présence Suisse?
Les Maisons Suisses se basent toutes sur un modèle de partenariat public-privé, avec un objectif de financement par le secteur privé à hauteur de 30% du budget total. Au-delà de l’apport financier, les partenaires sont une plus-value pour l’image de la Suisse. Nous avons des contrats impliquant des financements en cash et d’autres en matériel. Pour les deux marques en question, notre partenariat se base sur le second modèle.

Qui s’occupait de votre équipement, auparavant?
Si nous avions déjà travaillé avec des marques suisses de vêtements de sport, faire appel à des partenaires pour les skis et les chaussures est une première. La dernière Maison Suisse ne se situait pas au pied des pistes, contrairement à celle en Corée. Nous voulions offrir à nos visiteurs une expérience réelle du ski. Il était donc naturel de trouver des partenaires dans le domaine, pour que nos visiteurs découvrent la glisse suisse «made in Switzerland»!

Pourquoi avoir choisi ces deux marques relativement méconnues?
Elles sont fun et donnent une image innovante de notre pays! Elles font partie des marques qui conçoivent leurs produits en Suisse et incarnent des valeurs positives: l’esprit d’entreprise, la qualité, l’innovation et un certain décalage. De nombreuses personnes nous ont d’ailleurs déjà demandé si l’on vendait ce matériel!

Est-ce le début d’un long partenariat?
Notre accord porte sur ces Jeux olympiques. Si les deux parties tirent un bilan positif à la fin de cette première collaboration, nous poursuivrons les discussions sur les suites possibles à donner! Dans tous les cas, nous resterons ouverts aux négociations avec les acteurs de la branche, par souci de représentativité. Mais nous aimons l’idée de partenariats thématiques sur la durée. D’autant que les prochains jeux d’hiver ont lieu en Chine en 2022, un gros marché potentiel pour l’industrie suisse des sports de glisse. O.W.

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