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Désécurisé, ArcelorMittal annule le rachat d'Ilva

Le Sénat italien eut fait sauter le verrou de l'immunité pénale de son site de Tarente en cours de dépollution. Le géant de l'acier exerce par conséquent son droit de retrait.

Le site de Tarente, ici à l'été 2019.
Le site de Tarente, ici à l'été 2019.
AFP

Le géant mondial de l'acier ArcelorMittal a annoncé lundi qu'il annulait le rachat de l'Italien Ilva, après le retrait d'une protection pénale pour les gérants du site de Tarente, en voie de dépollution.

«Le Parlement italien a retiré la protection légale nécessaire à la compagnie pour mettre en place son plan environnemental sans risquer de poursuite judiciaire, ce qui justifie cet avis de retrait», a indiqué le groupe sidérurgique dans un communiqué.

En reprenant le site de Tarente fin 2018, ArcelorMittal, qui a gardé 8200 employés dans cette région socialement sinistrée, s'était engagé à injecter 2,4 milliards d'euros (2,64 milliards de francs) sur cinq ans pour améliorer sa productivité et accélérer la dépollution.

L'accord stipulait alors que si une nouvelle législation venait affecter le plan de remise aux normes environnementales prévu pour le site et «nuire matériellement (...) à sa capacité à mettre en place son plan industriel», ArcelorMittal aurait un droit contractuel de retrait, affirme-t-il dans son communiqué.

En juin, ArcelorMittal avait clairement menacé de fermer le site de Tarente lorsque le Parlement italien, sous l'impulsion du Mouvement Cinq étoiles (M5S), avait révoqué une période d'«immunité pénale» accordée initialement au groupe pour lui permettre de mettre l'usine aux normes environnementales.

Mais le Parlement était ensuite revenu sur cette mesure. Le Sénat italien a toutefois approuvé fin octobre un amendement déposé par le Mouvement 5 étoiles supprimant cette protection pour les dirigeants du site de Tarente.

Le site, qui figure parmi les plus pollués en Europe, se trouve au cœur d'un énorme procès, les experts cités par le parquet italien estimant que sur 11'500 décès recensés à proximité entre 2004 et 2010, 7500 ont été causés par des maladies cardio-respiratoires et des cancers imputables aux émissions toxiques des hauts fourneaux.

(AFP)

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