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Crise de la detteLe départ de Varoufakis va-t-il désamorcer le bras de fer?

Le départ du ministre des Finances Varoufakis précède un sommet franco-allemand à Paris, crucial pour l'avenir de la Grèce dans l'Europe.

Les Grecs qui ont voté NON au référendum organisé par Tsipras voulaient notamment que la dette («schulden») soit restructurée.
Les Grecs qui ont voté NON au référendum organisé par Tsipras voulaient notamment que la dette («schulden») soit restructurée.
AFP

L'annonce surprise a été faite lundi matin tôt par l'iconoclaste ministre grec, universitaire entré en politique il y a cinq mois. Mais c'est bien Alexis Tsipras qui a pris la décision de sacrifier ce collaborateur, qu'il avait jusqu'ici soutenu contre les critiques de ses partenaires européens.

Dans un communiqué, le futur ex-ministre dit avoir été «informé» que certains membres de la zone euro estiment qu'il n'est plus le bienvenu aux réunions des ministres des finances et que sa démission a été jugée opportune par Alexis Tsipras en vue de la conclusion d'un accord avec les créanciers de la Grèce.

Le nom du successeur de M. Varoufakis doit être annoncé lundi au terme d'une réunion de responsables politiques. La presse évoque deux noms: Euclide Tsakalatos, l'actuel coordonnateur des négociations avec les créanciers, et Georges Stathakis, ministre de l'économie.

Rencontre franco-allemande

Ce choix d'Alexis Tsipras, fort de la victoire du «non» à 61,3% au référendum sur les propositions des créanciers, intervient avant la rencontre lundi soir à Paris entre Angela Merkel et François Hollande. La chancelière et le président, qui se sont entretenus au téléphone dimanche soir, ont décidé que leur première prise de parole n'aurait lieu qu'après leur réunion de travail à l'Elysée.

«Comme toujours, nous recherchons une approche commune en vue du sommet de la zone euro», dit-on de source diplomatique française, soulignant que Paris et Berlin ont obtenu une réunion d'urgence des dirigeants des pays membres de l'euro mardi soir. Les bases d'un dialogue existent, mais c'est à Athènes de «démontrer qu'elle prend au sérieux ce dialogue», a estimé le ministre français des Finances, Michel Sapin, sur Europe 1.

Dans les mains de la BCE

Athènes est convaincue que les négociations sur les réformes et les mesures budgétaires débattues avec l'UE et le FMI depuis cinq mois peuvent reprendre dès lundi. La situation est d'autant plus urgente que la Grèce n'a plus d'argent, ses banques sont fermées depuis une semaine et les Grecs ont procédé à des retraits massifs d'argent.

Tous les regards sont tournés vers la Banque centrale européenne qui a depuis plusieurs jours consenti à maintenir en coma artificiel les banques du pays au moyen de prêts d'urgence, les fameux ELA. Elle doit décider si elle veut continuer de le faire, au risque de violer ses règles. Une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE est prévue lundi.

Vote regrettable

Le chef de l'Eurogroupe et ministre des finances des Pays-Bas, Jeroen Dijsselbloem, a lui jugé le résultat du vote «très regrettable pour l'avenir de la Grèce». Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker devait lundi le consulter lors d'une conférence téléphonique ainsi que Donald Tusk, président du Conseil européen, et Mario Draghi, patron de la BCE.

Alexis Tsipras a assuré à ses compatriotes que le résultat du référendum ne marquait pas «une rupture avec l'Europe», mais au contraire «un renforcement du pouvoir de négociation» de son gouvernement. Il a déclaré que «cette fois la dette serait sur la table» des négociations.

Schneider-Ammann prend acte

En mission aux Etats-Unis pour cinq jours, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a dit «prendre acte de la décision du peuple grec». Il s'en remet à la Banque nationale suisse en cas de nouvelle appréciation du franc par rapport à l'euro.

Interrogé par le quotidien Le Temps, le ministre de l'économie affirme que «la situation critique dans laquelle se trouve la zone euro nous montre l'importance de diversifier nos marchés d'exportation.» «La pression sur le franc va peut-être s'accentuer», a-t-il indiqué.

Londres veut protéger son économie

Le gouvernement britannique a lui aussi pris acte de «l'opinion décisive» exprimée par les Grecs. Il a assuré qu'il «fera tout ce qui est nécessaire pour protéger» son économie, selon un porte-parole du premier ministre David Cameron.

Quant au ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, il a jugé «difficilement imaginables» de nouvelles négociations dans un entretien au quotidien Tagesspiegel paru lundi.

ats

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