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La crainte d'une délocalisation hante l'usine ABB Sécheron

Des employés ont été alertés sur un risque de transfert de l'activité. La direction annule un point d'information avec le personnel.

Les ateliers de production du site ABB à Meyrin.
Les ateliers de production du site ABB à Meyrin.
Laurent Guiraud

Une réunion d'information ajournée au dernier moment. Des transferts à l'étranger de petites équipes depuis 2015. La tension monte au sein des ateliers d'ABB Sécheron. Au point que c'est la question de la délocalisation, qui est désormais posée par ses salariés. Environ 330 personnes sont actives dans l’usine située dans la zone industrielle de Meyrin.

«Plusieurs clients et fournisseurs ont attiré notre attention sur une délocalisation à venir du site, en Pologne», explique un employé, en alertant la Tribune de Genève. Initialement prévue lundi, une séance d'information trimestrielle – au cours de laquelle les employés devaient poser la question d'une éventuelle fermeture de ce pilier de l'industrie genevoise – a été reportée sine die. «Tout le monde se demande ce qui va se passer, en toute logique cette réunion devrait se tenir ces prochaines semaines», esquisse un autre membre du personnel. Ce dernier rappelle que des délocalisations partielles sont déjà à l'œuvre depuis 2015, plusieurs «modules» de production – occupant des équipes de 5 à 10 personnes – ayant été transférés à l'étranger.

«Nous sommes en mode alerte après avoir rencontré les délégués du personnel; l'inquiétude est vive, même si rien n'a encore été officiellement annoncé»

Interrogé à plusieurs reprises, le responsable de l'usine ABB à Genève, Jean-Luc Favre – par ailleurs président de l'Union des Associations Patronales Genevoises – finit par renvoyer à l’état-major de la multinationale. Au siège zurichois – où sera prise toute éventuelle décision de délocaliser – un porte-parole refuse de s'exprimer sur le sujet. «Le groupe ne commente jamais, par principe, les spéculations de marché», balaie ce dernier au téléphone.

A Genève, tandis que les employés continuent d'attendre des précisions sur leur sort, l'inquiétude se propage dans les milieux économiques. «Nous sommes en mode alerte après avoir rencontré les délégués du personnel; l'inquiétude est vive, même si rien n'a encore été officiellement annoncé», réagit un représentant du syndicat Unia, contacté hier après-midi. Contactés dans la soirée, pas plus le département de l'Emploi, des affaires sociales et de la santé du canton que celui de l'Economie et de la sécurité ne disent être au courant d'un transfert de l'activité du site à l'étranger.

Présent dans une centaine de pays, ABB emploie 136'000 collaborateurs – ce qui en fait la deuxième multinationale helvétique en termes d'effectifs, derrière Nestlé. Outre Genève, le groupe industriel emploie notamment 600 personnes dans son usine argovienne de Lenzburg, chargée de fabriquer les semi-conducteurs qui seront montés en modules et formeront la base d’un «convertisseurs de traction» pour locomotives. Ces pièces clefs des motrices sont ensuite assemblées à Turgi, un site argovien de 1100 employés.

(* collaboration: Philippe Rodrik)

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