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MonnaiePékin et Berne surveillés par le Trésor américain

Washington ne considère plus que la Chine manipule sa monnaie. Pékin est placée sur liste d'observation, tout comme Berne.

Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor américain.
Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor américain.
AFP

Les Etats-Unis ne considèrent plus que la Chine manipule sa monnaie et l'ont retirée de leur liste noire mais ils la maintiennent en observation avec Berne. Alors que la Suisse en avait été retirée en mai 2019, elle est de retour parmi les pays placés sous surveillance.

La Suisse et la Chine rejoignent huit autres pays - l'Allemagne, la Corée du sud, l'Irlande, l'Italie, le Japon la Malaisie, Singapour et le Vietnam, a affirmé lundi le Département américain du trésor dans son rapport semi-annuel sur le sujet.

Le Trésor américain met sur cette liste les Etats qui remplissent au moins deux des trois critères suivant: avoir un excédent des comptes courants global représentant plus de 2 % du produit intérieur brut (PIB), avoir un excédent commercial avec les États-Unis de plus de 20 milliards de dollars et intervenir activement sur le marché des devises de leur pays. Ce dernier critère étant rempli en cas d'achats continus sur les marchés des changes équivalant à 2% du PIB sur 12 mois.

Aux yeux du Trésor, la Suisse remplit dans ce rapport les deux premières conditions. Il appelle Berne «à ajuster ses politiques macroéconomiques, en particulier en utilisant sa vaste marge de manœuvre budgétaire pour soutenir plus énergiquement l'activité économique intérieure».

La Confédération a figuré dans la liste des pays sous surveillance dans chaque rapport entre octobre 2016 et octobre 2018, «en raison d'un excédent de la balance des opérations courantes et était engagée dans des interventions unilatérales persistantes sur le marché des changes», souligne le Trésor américain.

Autorités suisses pas d'accord

Pour les autorités helvétiques, le retour de la Suisse sur la liste américaine n'aura pas de conséquences immédiates. La Suisse ne manipule pas sa monnaie pour éviter des adaptations de sa balance des paiements ou pour obtenir des avantages concurrentiels injustifiés, a indiqué le Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI).

La Suisse est une économie très ouverte. Elle exporte beaucoup et importe aussi tout en faisant face à la concurrence internationale. Le Fonds monétaire international a confirmé en 2019 que son compte courant est conforme à une politique économique prudente compte tenu de la conjoncture mondiale.

Berne et Washington sont d'importants partenaires économiques. Les autorités des deux pays ont d'excellentes relations bilatérales et abordent régulièrement les questions financières et monétaires, relève le SFI. Les entreprises suisses figurent parmi les plus importants investisseurs aux Etats-Unis. Elles contribuent à ce titre à créer des centaines de milliers d'emplois, ajoute le Secrétariat d'Etat.

Traité sino-américain

Le rapport publié en ce début de semaine porte surtout sur la Chine et la décision du Trésor de lui retirer l'étiquette de «manipulatrice de devises». Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a salué les «engagements contraignants» pris par la Chine qui seront gravés dans le marbre du traité qui doit être signé entre les deux pays mercredi à Washington.

Le 5 août, le président Trump avait accusé la Chine, qui contrôle étroitement le cours de sa monnaie, de l'avoir laissé chuter face au dollar, pour s'arroger un avantage indu en rendant ses produits moins chers à l'exportation.

Cette annonce intervient deux jours avant la signature très attendue de la première phase de l'accord entre la Chine et les Etats-Unis, qui doit mettre fin à près de deux années de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Les Etats-Unis publient deux fois par an une liste actualisée des pays suspectés de manipuler leur monnaie. La décision d'en retirer la Chine a été saluée lundi par les investisseurs à la Bourse de New York, qui a terminé en hausse de 0,29%, reprenant sa course aux records.

Geste symbolique

En l'espèce, le geste a eu surtout une portée symbolique, Donald Trump ayant déjà imposé des tarifs douaniers punitifs sur des centaines de milliards de dollars d'importations pour forcer les Chinois à venir à la table des négociations.

ats

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