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Des compagnies aériennes changent leurs procédures

Norwegian Air Shuttle, Icelandair, Air Transat et EasyJet ont annoncé qu'il y aurait désormais deux personnes en permanence dans le cockpit de leurs avions.

EasyJet a été une de spremières compagnie a annoncé la modification des procédures.
EasyJet a été une de spremières compagnie a annoncé la modification des procédures.
Keystone

L'acte du copilote de l'A320 de Germanwings, qui a empêché le pilote de retourner dans le cockpit avant le crash de l'appareil, a immédiatement conduit plusieurs compagnies aériennes à décider la présence permanente de deux membres d'équipage dans le cockpit tout au long du vol.

Aussitôt après les révélations du procureur de la République française en charge de l'enquête judiciaire, sur les circonstances de la catastrophe aérienne qui a coûté la vie à 150 personnes, les norvégienne Norwegian Air Shuttle, islandaise Icelandair, canadienne Air Transat et britannique EasyJet ont annoncé qu'il y aurait désormais deux personnes en permanence dans le cockpit de leurs avions.

Le gouvernement canadien a par ailleurs annoncé que deux personnes se trouveraient désormais obligatoirement dans le cockpit de tous les avions des compagnies canadiennes.

Cet épisode a accéléré les choses

«Quand un occupant quittera le cockpit, il faudra désormais que deux personnes s'y trouvent», une hôtesse ou un steward s'installant dans le cockpit avec le pilote restant, a déclaré Thomas Hesthammer, le responsable des opérations de vol de Norwegian, la troisième low cost européenne.

«On discute de cela depuis longtemps mais cet épisode a accéléré les choses», a-t-il expliqué, en ajoutant s'attendre à une mise en place de la mesure à partir de vendredi, après le feu vert de l'Administration norvégienne de l'aviation civile.

D'autres compagnies aériennes européennes ont indiqué qu'elles envisageaient de telles mesures, mais qu'elles attendaient la fin de l'enquête judiciaire en France pour trancher la question.

Rien d'imposé

Icelandair a adopté les mêmes mesures: «C'est dû aux informations que nous avons reçues au sujet de l'accident en France», a indiqué un porte-parole, Gudjon Arngrimsson.

Quant à la low cost britannique EasyJet, elle a indiqué que cette décision serait applicable dès vendredi.

Pour l'heure, «la règlementation de l'Autorité européenne de sécurité aérienne (EASA) n'impose pas que le pilote soit remplacé par un membre d'équipage lorsqu'il quitte le cockpit», selon un porte-parole de l'agence.

«Elle prévoit que les pilotes sont tenus de demeurer dans le cockpit tout au long du vol sauf en cas de besoin physiologique», a-t-il ajouté, en précisant que cela doit leur permettre d'aller aux toilettes ou de se reposer sur les longs courrier, vols sur lesquels l'équipage est composé de trois pilotes.

Régulation spécifique aux USA

Aux Etats-Unis, le régulateur, la Federal Aviation Authority (FAA) stipule que pilote et copilote doivent demeurer dans le cockpit du décollage à l'atterrissage et durant le vol, sauf si l'un d'eux doit en sortir «pour réaliser des tâches en liaison avec les opérations de l'appareil (ou) pour des besoins physiologiques».

Dans ce cas, la FAA impose la présence d'un membre de l'équipage dans le cockpit lorsque l'un des pilotes en sort, avec porte verrouillée, jusqu'à son retour.

Certaines compagnies l'exigeaient déjà

En Europe, rares étaient les compagnies qui le faisaient jusqu'ici. Parmi elles, la finlandaise Finnair: «Le manuel prévoit déjà deux personnes en permanence dans le cockpit. Si un pilote veut s'absenter, un autre membre de l'équipage doit obligatoirement venir», a expliqué une porte-parole, Päivyt Tallqvist, sans préciser depuis quand cette mesure était en vigueur.

De même pour la low cost irlandaise Ryanair et la compagnie espagnole Iberia, chez lesquelles, lorsqu'un pilote sort du cockpit, un membre de l'équipage s'y rend.

Interrogé sur la question, le patron de Lufthansa Carsten Spohr s'est contenté d'indiquer que «ce n'est pas prévu en Europe et en Allemagne, dans le monde il y a très peu de compagnies qui font cela.»

Pas de sécurité à 100%

Pour autant, une telle mesure ne serait pas suffisante pour se prémunir totalement, a estimé Ilja Schulz, le président du syndicat allemand des pilotes Cockpit, à l'agence DPA.

«C'est une idée qui est évoquée par beaucoup. Mais cela ne garantirait pas non plus 100% de sécurité, parce qu'un collègue pourrait alors en terrasser un autre dans le cockpit», a-t-il déclaré.

Et si de nouvelles procédures devaient être adoptées, il faudrait qu'elles le soient «pas juste par la compagnie (aérienne), mais de manière obligatoire par les autorités» de régulation, a-t-il estimé.

En Europe, seule l'EASA est habilitée à rendre cette pratique obligatoire sur le continent.

Interrogée après l'annonce de Norwegian Air Shuttle, un responsable de l'Administration norvégienne de l'aviation civile, Frode Lenning, a estimé que «rien n'empêche une compagnie de mettre en place une procédure propre qui soit plus sévère que le cadre réglementaire», a également fait valoir Frode Lenning.

(AFP)

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