La chaîne de jouets Franz Carl Weber est sauvée par sa direction

Rachat L’enseigne helvétique au petit cheval de bois échappe aux difficultés financières de sa maison mère, le français Ludendo.

Les dix-neuf magasins retrouvent leur indépendance et repassent en mains suisses.

Les dix-neuf magasins retrouvent leur indépendance et repassent en mains suisses. Image: KEYSTONE/Walter Bieri

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Après quelques couacs de dernières minutes – dues, selon l’un des nouveaux propriétaires, Marcel Dobler, à la «France, championne du monde de football et de la bureaucratie» – le rachat de la chaîne Franz Carl Weber a été validé vendredi dans l’après-midi. «Un groupe d’investisseurs mené par le directeur général Yves Burger a acquis l’ensemble du capital-actions de l’enseigne de jouets, affirme le communiqué de presse du groupe. Le contrat d’achat a été signé par toutes les parties et par le tribunal de commerce de Paris.» Et pour cause. La maison mère de l’enseigne suisse, le groupe français Ludendo est en redressement judiciaire, écrasé par une dette de 150 millions d’euros (174,5 millions de francs) qu’il ne parvient plus à honorer.

Depuis mars dernier, sa filiale depuis 2006 Franz Carl Weber était donc à vendre, afin de renflouer les caisses de Ludendo. La solution trouvée a de quoi réjouir les 240 salariés des dix-neuf magasins sis en Suisse. Car, aux côtés du CEO Yves Burger, se trouvent le fondateur de la plateforme d’électronique de loisirs Digitec et conseiller national saint-gallois PLR Marcel Dobler, ainsi que le fabricant allemand de jouets Simba Dickie Group. Chacun de ces trois repreneurs détient un tiers du capital. Le montant de la transaction n’a été divulgué.

Une chaîne survivante

Fou de joie, Marcel Dobler – une figure haute en couleur en Suisse alémanique, à la fortune estimée par «Bilanz» à 50 millions de francs – a immédiatement tweeté: «Je suis un enfant Franz Carl Weber! Nous nous réjouissons de pouvoir aller de l’avant et de préserver la joie que procurent les jouets». Le fondateur de Digitec, ainsi que le sauveur à l’interne Yves Burger comptent beaucoup sur leur partenaire allemand, qui, non seulement, leur ouvrira le puissant marché d’outre-Rhin, mais surtout accélérera le passage à la vente en ligne que l’enseigne helvétique, fondée en 1881 à Zurich par l’Allemand d’origine Franz Philipp Karl Friedrich Weber, a franchement raté.

Dès lors et même si, à en croire Marcel Dobler, FCW reste bénéficiaire, il n’en demeure pas moins que son chiffre d’affaires est en recul depuis plusieurs années. Selon l’institut de recherche de marché GFK, la chaîne de jouets a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 52 millions de francs, contre 56 millions en 2016 et 58 millions en 2015, la plaçant en Suisse derrière Toys’R’Us. Or, si le marché suisse du jouet, estimé l’an dernier à 470 millions de francs, semble plus résistant que celui de nos voisins européens où la guerre des prix fait rage, il subit comme d’autres les assauts du discount, des jeux électroniques et de la vente par Internet.

Comme le soulignait Yves Burger en décembre dernier dans la «SonntagsZeitung», Migros et Coop proposent régulièrement des actions de 30% sur les poupées ou les ours en peluche. «À cela s’ajoutent désormais les Black Friday, peu avant Noël et importés des États-Unis, dénonce le nouveau copropriétaire de FCW. C’est fatal pour la branche, car cela n’incite pas les gens à acheter davantage de jouets tout au long de l’année, mais uniquement un jour par année et, encore, à prix cassés.» Redevenue indépendante et en majorité en mains suisses, l’enseigne helvétique a donc encore de gros défis devant elle. Mais, heureusement, la marque connaît la résilience. En cent-trente-sept ans d’existence, Franz Carl Weber a effet connu de nombreux écueils, voire a frisé la disparition pure et simple. Durant plusieurs décennies, de 1881 à 1984, la chaîne – dont le premier objet vendu fut le petit cheval à bascule devenu son logo – a prospéré en mains familiales. Trois générations de Weber se sont ainsi succédé à la tête de l’entreprise, gagnées peu à peu par la folie des grandeurs. De la Bahnhofstrasse à la Rue de la Croix-d’Or à Genève ou à la place de la Pallud à Lausanne, FCW a investi les adresses les plus prestigieuses des villes suisses. Dans les années 70, l’enseigne a compté 50 magasins en Suisse et 86 autres dans cinq pays étrangers.

La crise pétrolière des années 80 lui fut fatale. La famille fondatrice fut alors contrainte de vendre son groupe au discounter Denner et à son fondateur Karl Schweri, qui réduisit la chaîne à neuf magasins seulement. En 2004, le gendre de Karl Schweri, Philippe Gaydoul, tenta de relancer la marque, toujours en pleine léthargie. Rien qu’à Zurich, il a alors investi plus de 12 millions de francs dans la rénovation du bâtiment phare de la Bahnhofstrasse. Rien n’y fit et Franz Carl Weber fut vendu en 2006 au français Ludendo qui tente, à son tour, d’échapper à la faillite. (TDG)

Créé: 20.07.2018, 20h02

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