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Les CFF dénoncent des trains «trop rouillés» de Stadler Rail

Coup de colère de l’ex-régie contre le groupe thurgovien, juste après celui contre Bombardier.

Présentation d’une rame FLIRT pour le RER Vaudois en gare d’Allaman en septembre 2008.
Présentation d’une rame FLIRT pour le RER Vaudois en gare d’Allaman en septembre 2008.
Jean-Bernard Sieber

Nouveau coup de colère des CFF contre un de ses principaux fournisseurs! L’ex-régie fédérale aurait en effet manifesté son courroux auprès de Stadler Rail, fabricant de 148 trains «Flirt», livrés au cours des quinze dernières années. Le transporteur dénonce un niveau de corrosion de ces machines injustifiable à ses yeux et à l’origine de nombreux dommages, selon le «SonntagsBlick».

À l’appui de ses informations, l’hebdomadaire zurichois se réfère à un courrier en sa possession, daté du 21 décembre. Dans cette missive, à l’intention des CFF, l’Office fédéral des transports (OFT) se montre fort clair: «Sur la base des informations à notre disposition, nous constatons qu’entre le fabricant des trains Flirt et les CFF il n’y a pas d’accord sur les causes de la corrosion, ou des dégâts qu’elle a provoqués, et pas davantage sur les mesures d’assainissement nécessaires.»

L’OFT exhorte en outre la compagnie de chemins de fer de renoncer à l’ensemble des mesures d’assainissement ne s’avérant pas impérativement nécessaires. Cela afin d’éviter les coûts de travaux superflus. L’autorité de surveillance exige également que la direction des CFF mette en évidence, de façon intelligible, son application scrupuleuse des soins requis en matière de maintenance.

Les travaux de remise en état des trains «Flirt» ont, quoi qu’il en soit, déjà commencé en février 2017. Ils sont effectués dans des ateliers des CFF, situés au Tessin, et devront se prolonger jusqu’en 2024. À ce jour, Stadler Rail ne voit aucune raison de participer aux frais qu’ils occasionnent. Même s’ils se comptent en millions de francs. Le groupe thurgovien qualifierait les dommages en cause de tout à fait normaux et sans risque en termes de sécurité. Stadler Rail préciserait en outre que la garantie d’usine de machines livrées il y a jusqu’à une quinzaine d’années est échue depuis belle lurette.

Si le contentieux entre le constructeur alémanique et les CFF se confirme, il s’ajoutera à celui opposant le transporteur à la firme canadienne Bombardier. Celui-ci porte sur 59 trains à deux étages, connus sous le nom de FV Dosto. Les CFF leur reprochent de nombreuses défaillances techniques, aggravées par des retards de livraison d’environ six ans.

Dans ce cas-là aussi, la compagnie de chemins de fer pourrait tenter de manifester des prétentions en dommages et intérêts. La solution à ce litige, apparaissant souvent comme la plus vraisemblable, serait d’ajouter trois trains supplémentaires dans le contrat, sans majoration de la facture.

Ces incidents entre les CFF et certains de ses principaux fournisseurs retiennent la plus grande attention à Berne. Des parlementaires fédéraux se mobilisent déjà pour promouvoir un contrôle accru de la direction des CFF pour les acquisitions. «Nous avons déjà un corset juridique très strict sur de tels achats. Tout est réglé dans les moindres détails et constitue une grosse charge de travail administrative», prévient cependant Andreas Meyer, le patron des CFF.

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