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Le propriétaire de Lucky Strike veut acheter Camel

British American Tobacco propose 47 milliards pour acquérir les 57,8% des parts de Reynolds qu'il ne possède pas encore.

Photo d'illustration (processus de fabrication de cigarettes).
Photo d'illustration (processus de fabrication de cigarettes).
AFP

Le propriétaire de Lucky Strike a annoncé vendredi qu'il mettait 47 milliards de dollars (46,3 milliards de francs) sur la table pour prendre le contrôle de Reynolds. Le cigarettier britannique British American Tobacco (BAT) veut concurrencer ainsi directement le fabricant des Marlboro et investir le marché américain.

BAT a expliqué qu'il voulait acheter, via du cash et un échange d'actions, les 57,8% des parts qu'il ne possède pas encore dans Reynolds American, dont il tient déjà 42,2% du capital. Si elle va à son terme, cette opération sera la plus importante consolidation dans le secteur depuis le rachat par le même Reynolds de son compatriote et concurrent Lorillard l'année dernière pour 27 milliards de dollars.

Le propriétaire des marques Dunhill, Lucky Strike, Kent et Rothmans (entre autres) a présenté jeudi soir cette proposition au conseil d'administration de Reynolds, a déclaré un porte-parole de BAT.

La loi américaine oblige BAT à rendre publique son intention, ce qu'il a fait en publiant un communiqué à la Bourse de Londres vendredi matin. Le porte-parole a précisé que cette proposition était «amicale et informelle» et que les discussions en détail allaient maintenant s'ouvrir entre les dirigeants des deux entreprises.

Aux Etats-Unis

Pour BAT, l'objectif consiste à mettre le pied aux Etats-Unis. Avec ses marques historiques Camel et Pall Mall, Reynolds y est le numéro deux derrière Altria qui commercialise les fameuses Marlboro.

Reynolds ne possède toutefois la marque Camel qu'aux Etats-Unis. En dehors du territoire américain, Japan Tobacco International (JTI) en est le propriétaire. Il produit ainsi depuis 45 ans les cigarettes Camel sur le site lucernois de Dagmersellen, a expliqué à l'ats un porte-parole de JTI.

Malgré quelques difficultés, le marché américain reste le deuxième plus important au monde derrière le marché chinois, dominé par le mastodonte d'Etat China National Tobacco Corporation (CNTC).

BAT a souligné que cette acquisition consoliderait sa place déjà importante dans les marchés émergents, où la consommation de tabac est en forte croissance, en Amérique du Sud, Afrique, Moyen-Orient et Asie, ainsi que dans les «principaux marchés des pays développés».

Le porte-parole du groupe a précisé que ses ventes étaient partagées pour environ moitié dans les pays émergents et moitié dans les pays développés.

Cigarette électronique

Le groupe britannique a aussi mis en avant qu'il serait un des leaders dans le domaine de la cigarette électronique. BAT vend notamment Vype au Royaume-Uni, où elle l'a lancée en 2013, ainsi qu'en France entre autres.

Si la transaction va à son terme, BAT deviendrait la première entreprise cotée de tabac du monde en termes de chiffre d'affaires et de bénéfice opérationnel. En nombre de cigarettes vendues, elle consoliderait sa troisième place mondiale, derrière CNTC et Philip Morris International qui vend notamment les Marlboro en dehors des Etats-Unis ainsi que les L&M et les Chesterfield.

BAT offre 56,50 dollars par action Reynolds - 24,13 dollars en cash et 32,37 dollars avec ses propres actions. L'offre représente une prime de 20% par rapport à la valeur du titre Reynolds à la clôture de la Bourse de New York jeudi. Reynolds est valorisé ainsi à hauteur de 93 milliards de dollars.

Shane MacGuill, expert chez Euromonitor International, a jugé que l'opération «faisait sens car elle donnera à BAT l'accès au marché américain - très lucratif mais protégé par de hautes barrières» commerciales.

Reynolds, numéro deux du marché américain, a acquis l'an passé le numéro trois, Lorillard (cigarettes mentholées Newport). Il s'est posé ainsi en concurrent plus redoutable d'Altria et de ses Marlboro.

Consolidation dans le tabac

L'annonce de vendredi «présage une nouvelle période de consolidation dans l'industrie mondiale du tabac dans les années à venir, avec la réunification de Philip Morris International et Altria, avec au final peut-être deux acteurs majeurs du tabac mondial», a estimé Shane MacGuill.

La transaction devra toutefois franchir de nombreux obstacles, dont la validation des actionnaires des deux groupes. Les autorités de régulation devront également se prononcer.

En Suisse, BAT possède un site de production et son siège social à Boncourt (JU) et des bureaux à Lausanne. A Boncourt, 320 personnes y travaillaient en 2014.

British American Tobacco Switzerland, est née sous sa forme actuelle en 1999, avec le rachat de l'entreprise familiale jurassienne Burrus en 1996 par la holding néerlandaise Rothmans International, suivi de la fusion globale de Rothmans International avec BAT.

(ats)

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