La Bourse de Londres mise à fond sur l'information

FinanceLe London Stock Echange offre 27 milliards de dollars pour racheter le principal concurrent de Bloomberg, Refinitiv.

Refinitiv va être racheté.

Refinitiv va être racheté. Image: GETTY IMAGES

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L’opération, révélée vendredi par le «Financial Times» et confirmée samedi par le London Stock Exchange Group (LSE), donne le vertige et met surtout en lumière l’importance qu’ont aujourd’hui les données dans le monde de la finance. La société qui contrôle la Bourse de Londres vient en effet de mettre 27 milliards de dollars (autant de francs suisses) sur la table pour racheter Refinitiv, un des plus gros fournisseurs d’informations, de données et d’analyses financières au monde.

Si les négociations aboutissent, LSE deviendra, avec un chiffre d’affaires cumulé de 6 milliards de livres (7,4 milliards de francs suisses) le premier concurrent du leader mondial actuel en la matière, le groupe Bloomberg.

40 clients traders

Refinitiv, dont la capitalisation boursière est estimée à 20 milliards de dollars, appartient pour l’heure au fonds d’investissement Blackstone, qui l’a racheté voici dix-huit mois à Reuters Thomson. Le fournisseur anglo-saxon a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars et un bénéfice net de 1,6 milliard de dollars. Il compte 40 000 clients, principalement des traders et des professionnels de l’investissement dans 190 pays.

Le prix des données flambe

Ces grandes manœuvres agitent les milieux bancaires et financiers, car, comme l’affirme le «FT», «elles surviennent à un moment où la place financière de Londres est confrontée à des incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et à la nomination de Boris Johnson comme premier ministre».

Mais le prix offert par LSE illustre surtout le poids qu’ont pris les données et les informations pour les Bourses mondiales, dont le rôle principal s’est longtemps concentré sur des transactions de titres ou de devises. Or, ces activités ont connu une forte de chute des prix, suite à l’informatisation des opérations. Régulièrement par le passé, les bourses ont tenté de fusionner afin de réaliser des économies d’échelle, à l’instar de LSE et de la Deutsche Boerse.

En quête de diversification

Mais ces tentatives ont toujours échoué en raison de l’opposition des autorités nationales. Aux États-Unis comme en Europe, elles ont dès lors trouvé de nouvelles sources de revenus dans l’information financière. «Les données sont plus jamais l’élément vital des marchés financiers et ces données ont de plus en plus de valeurs», déclare ainsi à Reuters Kevin McPartland, responsable de la structure des marchés et de la recherche technologique chez Greenwitch Associates».

Avant ce projet de rachat, LSE avait déjà développé ses propres services d’informations. Ils représentent aujourd’hui 40% de son chiffre d’affaires contre 19% seulement pour ses activités traditionnelles, les opérations sur actions ou les introductions en Bourse.

Créé: 28.07.2019, 21h41

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