Booking.com nie nuire aux hôtels

HôtellerieEn conflit avec son principal concurrent en France, le groupe Accor, le site booking.com s'est défendu d'aller contre les intérêts des hôtels.

Le site est accusé par son concurrent de fixer des tarifs trop rudes aux hôteliers, mardi 24 février.

Le site est accusé par son concurrent de fixer des tarifs trop rudes aux hôteliers, mardi 24 février.

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Le site de réservation hôtelière Booking.com s'est défendu mardi 24 février d'aller à l'encontre des intérêts des hôteliers, au lendemain de la saisine de l'autorité de la concurrence par le premier groupe hôtelier français Accor contre Booking pour abus de position dominante.

«On apporte une vraie valeur aux hôteliers; quand on fait venir un client russe en France sur un hôtel par exemple, cela représente beaucoup de travail de notre part, nous apportons un service aux hôteliers qui par ailleurs ne sont pas obligés de travailler avec nous», a expliqué Peter Verhoeven, directeur général Europe Moyen-Orient Afrique, lors d'un point presse du groupe, le premier en France depuis sa création en 1996.

Plainte du géant français

La veille, le géant hôtelier français Accor a déposé une plainte contre Booking.com auprès de l'autorité de la concurrence afin de dénoncer un abus de position dominante dans les réservations d'hôtels en ligne, se joignant ainsi aux saisines déjà effectuées par les syndicats patronaux du secteur contre la centrale de réservation en ligne.

«Accor s'est exprimé, nous attendons maintenant le retour de l'autorité. Chaque grande marque essaie de générer du trafic directement sur son site, c'est leur droit et c'est leur stratégie», a poursuivi M. Verhoeven, soulignant que «Booking n'est jamais en dessous du prix proposé par l'hôtel, jamais».

Depuis mi-février, Accor a signé un partenariat avec le site de conseils aux voyageurs Tripadvisor, afin que les 480.000 hôtels du groupe puissent être réservés directement, sans l'intermédiaire d'agences de réservation en ligne.

Géant internet

Booking.com compte 600.000 solutions d'hébergements dans le monde (+40% en 2014), dont 38.850 en France, contre 17.000 il y a deux ans. En nombre de nuitées par jour en moyenne pour 2014, Booking.com en compte 800.000, expedia 500.000 et Airbnb 101.000, selon M. Verhoeven.

En France, les réservations en ligne représentent 33% des réservations, dont un tiers sur les sites des hôtels et deux tiers sur les agences de réservation en ligne, selon Booking.com.

Fin décembre, ce dernier avait proposé de nouveaux engagements visant à lâcher du lest sur ses conditions tarifaires faites aux hôteliers. Ces nouvelles règles faisaient l'objet d'un test de marché jusqu'au 31 janvier, permettant ensuite à tous les acteurs de donner leur avis.

Fixation des tarifs

Concrètement, le leader des réservations hôtelières sur internet renonce à obliger les hôteliers, avec lesquels il est en contrat, à proposer les mêmes tarifs à l'ensemble des plateformes de réservation en ligne.

En revanche, le volet qui empêche les hôteliers de proposer sur leur propre site des tarifs inférieurs à celui proposé par les agences de réservation en ligne reste, lui, actif.

En France, l'autorité de la concurrence devrait rendre son avis aux alentours de la fin mars.

Dans un communiqué, l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration et des cafés et le groupement national des chaînes hôtelières (GNC), ont rappelé que «les engagements proposés par Booking.com, pris individuellement ou dans leur ensemble, doivent être rejetés par l'autorité».

«Sous l'apparence de supposées concessions, les engagements de Booking.com n'ont en réalité pour objet et ne pourront avoir pour effet que de maintenir des pratiques contraires au droit de la concurrence», regrettent-ils, espérant parvenir à «un accord rapide», afin d'éviter une «procédure européenne avec un calendrier beaucoup plus long».

Lors de son point presse, Booking.com a également présenté sa nouvelle application «now», destinée aux mobiles. Elle permet notamment au voyageur de réserver son hôtel avec l'aide de la géolocalisation.

«Le mobile représente un usage différent car la moitié des réservations sont pour le jour-même ou le lendemain, c'est l'immédiateté, la spontanéité», assure M. Verhoeven, précisant que la «voie du mobile est indispensable» pour son groupe. (ELB/afp/nxp)

Créé: 24.02.2015, 18h18

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