La BNS a regagné en indépendance

SuisseSelon des experts, la fin du taux plancher a permis à l'institution d'asseoir son contrôle sur la politique monétaire du pays.

La BNS avait pris la décision mi-janvier de supprimer le taux plancher.

La BNS avait pris la décision mi-janvier de supprimer le taux plancher. Image: Archives/Keystone

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Pour la Banque nationale suisse (BNS) elle-même, la fin du taux plancher mi-janvier dernier a permis d'éviter une perte énorme de crédibilité. L'institut d'émission a aussi regagné, du moins partialement, son indépendance et donc la capacité à conduire sa politique monétaire, selon les experts.

La décision de la BNS a permis d'éviter un scénario «insoutenable», estime Angelo Ranaldo, professeur en finance et risque systémique à l'Université de St-Gall. «Au début 2015, il était clair que l'économie suisse se portait mieux qu'ailleurs et que la Banque centrale européenne (BCE) envisageait des mesures massives d'assouplissement monétaire.»

«La BNS était consciente que le franc suisse se serait apprécié davantage en produisant des pertes énormes dans ses bilans futurs», rappelle l'expert. Ce qui aurait fragilisé et sa crédibilité et son indépendance, selon lui.

Marge de manœuvre

«Non seulement, elle n'aurait plus eu les moyens de verser les dividendes aux cantons, mais une injection de capital propre aurait été probable», explique Angelo Ranaldo. «Cette situation aurait mis en doute la capacité de l'institut d'émission à remplir ses tâches conformément à la Constitution et à la loi.»

Par ailleurs, une banque centrale ne peut pas déterminer efficacement le taux de change et le taux d'intérêt simultanément, poursuit le spécialiste. Du moment où la BNS avait arrimé la valeur du franc à l'euro, elle avait donc perdu son pouvoir de gouverner le taux d'intérêt. Ainsi, avec la liberté de laisser fluctuer le franc, nos banquiers centraux ont regagné en indépendance et en marge de manœuvre.

«En abandonnant le taux plancher, la BNS a retrouvé son indépendance vis-à-vis de la BCE», renchérit Michel Girardin, professeur de macro-finance à l'Université de Genève. Car la théorie veut qu'on ne peut pas avoir «l'indépendance d'une banque centrale par rapport à une autre, un taux de change fixe et la liberté de mouvement des capitaux. Il faut renoncer à l'un des trois», explique-t-il. (ats/nxp)

Créé: 29.12.2015, 11h26

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