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Marchés financiersLa blockchain menace la place financière suisse

Les nouveaux actifs numériques sont dans le viseur de l'autorité de surveillance des marchés en raison du risque accru de blanchiment.

La Finma et son directeur Mark Branson mettent en garde contre les menaces que représentent les nouvelles technologies.
La Finma et son directeur Mark Branson mettent en garde contre les menaces que représentent les nouvelles technologies.
Keystone

Les actifs numériques sur la blockchain font planer de nouvelles menaces sur la place financière suisse. Si les nouvelles technologies permettent d'améliorer l'efficacité du secteur financier, elles sont également source de dangers, selon un rapport de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma).

«Le danger de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme se trouve accentué par un anonymat potentiellement plus grand et la vitesse ainsi que la nature transfrontière des transactions», a averti le régulateur dans une étude publiée mardi.

«Des irrégularités au sein des établissements financiers actifs dans le domaine des Fintech pourraient fortement nuire à la réputation de la place financière et freiner les évolutions s'inscrivant dans le sillage de la numérisation», selon la Finma. Cette dernière exige que ces activités «respectent au moins les mêmes standards que les affaires traditionnelles».

D'un point de vue plus général, la Suisse reste particulièrement exposée aux risques liés au blanchiment d'argent, étant l'un des lieux principaux pour la gestion de fortune transfrontière. De plus, la baisse des marges peut encourager les établissements financiers à «accepter de nouveaux clients financièrement intéressants mais venant de pays émergents présentant de forts risques, notamment en lien avec la corruption», a remarqué la Finma.

«Durcir les conditions d'accès aux marchés»

Par ailleurs, la suppression de l'équivalence boursière avec l'Union européenne (UE) constitue un tournant. «Dans différentes juridictions, il existe une tendance à durcir les conditions d'accès aux marchés pour les prestataires étrangers», a écrit la Finma. Les établissements financiers suisses doivent par conséquent faire face à une insécurité juridique et à des frais supplémentaires.

«En raison des négociations en cours entre la Suisse et l'UE, les procédures d'équivalence sont dans l'ensemble aujourd'hui compliquées», remarque le gendarme financier, qui s'inquiète notamment de la possibilité de délocalisation de certaines activités à l'étranger.

La faiblesse persistante des taux d'intérêt, qui pèsent sur la rentabilité des banques, ainsi qu'une possible correction sur les marchés immobilier et hypothécaire figurent également parmi les sujets de préoccupation.

Manque de préparation en vue de l'abandon du Libor

Dans son étude, la Finma a également insisté sur les risques en lien avec l'abandon du Libor. Critiqué après la crise financière en raison de possibilité de manipulation notamment, ce taux de refinancement interbancaire devrait être abandonné d'ici fin 2021. Or, ce taux est utilisé dans de nombreux contrats, précise la Finma. Les hypothèques basées sur le Libor représentent par exemple 15 à 20% du volume total.

«Les conséquences d'un manque de préparation à l'abandon du Libor pourraient être considérables», s'est alarmé le gendarme financier. Le marché est encore réticent à utiliser d'autres taux de référence et «la plupart des banques» sont en retard dans la préparation de l'abandon du Libor.

La Finma accompagne sur ce volet les banques. Elle veille à ce «qu'aucun nouveau produit ou contrat ne se rapporte aux taux de référence Libor» si leur durée dépasse la date de la disparition de ce taux et qu'aucune disposition juridique n'est prévue.

A long terme, la place financière suisse devra faire face à d'autres risques, liés notamment au changement climatique, au vieillissement de la population, ainsi qu'au respect de la vie privée des preneurs d'assurances dans le contexte de nombreuses collectes de données.

ats

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