Banques et locataires font mine de se rapprocher

Location ou acquisitionAsloca et Raiffeisen veulent des logements abordables. L’état actuel du marché ne leur convient pas. Ni à l’un ni à l’autre.

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Sans le vouloir, Raiffeisen Suisse et l’Asloca (Association suisse des locataires) font mine de se rapprocher. Ils défendent en effet, tous deux, la cause des logements abordables. La revendication du troisième groupe bancaire du pays porte sur le marché du logement à la vente et celle de l’association, forte de 220 000 membres, sur le marché de la location.

La société saint-galloise, réunissant 246 banques coopératives autonomes, donne l’alerte: «Le rêve de devenir propriétaire de son logement devient de plus en plus difficile pour une grande majorité de la population suisse. Plus de 70% des ménages du pays ne disposent pas de moyens suffisants pour acquérir une maison individuelle. C’est 82% à Genève et 80% à Fribourg. La hausse des prix de la propriété du logement s’observe cependant dans toutes les régions de Suisse au premier semestre.»

Les forces de vente d’ImmoScout24 semblent souvent surpasser les contraintes du marché. Cette filiale de Scout24 Suisse, société appartenant à Ringier Digital AG et Mobilière Assurances, exploite l’une des plus puissantes plates-formes d’offres de vente en ligne de biens immeubles en Suisse. Ses spécialistes reconnaissent cependant eux aussi les difficultés du moment: «Moins de 10% de la population suisse pourraient encore s’offrir une maison individuelle dans le pays, alors qu’un quart de ses représentants continue d’en rêver.»

Conséquence inéluctable

Les observations de Raiffeisen sur les prix ne se limitent en outre pas aux maisons individuelles ou aux villas: «Les plus fortes hausses de prix pour les appartements en propriété par étage s’observent en Suisse romande (5,6%) et sur l’arc lémanique (5,3%).» Décidément, les préoccupations de certains acteurs commerciaux tendent à se rapprocher de celles de l’Asloca. Tout au moins en apparence.

Cette organisation a ainsi déposé à la Chancellerie fédérale, le 18 octobre 2016, l’initiative populaire «Davantage de logements abordables», forte de 104 800 signatures. «L’objectif du logement abordable pour toutes et tous passe par un développement des logements en coopératives. Une propriété collective, bon marché à l’achat et à l’exploitation. La seule solution durable de logements abordables pour les classes moyennes et modestes», relève Carlo Sommaruga, président de l’Asloca Suisse.

Le conseiller national socialiste considère en outre l’inflation observée actuellement sur le marché immobilier comme la conséquence inéluctable d’un contexte de taux d’intérêt hypothécaires historiquement bas. Ceux-ci stimulent évidemment le goût de l’acquisition, autrement dit la demande. Rien de tel pour faire monter les prix au bout de la chaîne.

«Les vendeurs et les banques savent que les acheteurs de leur propre logement peuvent obtenir un crédit plus important pour les mêmes intérêts mensuels à payer. Comment dès lors une banque peut-elle renoncer à générer des profits en octroyant davantage de prêts hypothécaires?»

«Pressions sur les marges»

La question se pose d’autant plus si l’on se réfère à Raiffeisen Suisse. La firme saint-galloise indique qu’au terme de l’exercice écoulé, près d’un crédit hypothécaire sur quatre en Suisse provenait de ses propres banques. Philippe Thévoz, porte-parole de Raiffeisen Suisse, reconnaît lui-même que le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt constitue le principal moteur de la hausse de la demande en biens immeubles: «Notre activité hypothécaire bénéficie certes des taux d’intérêt actuels. Mais, simultanément, nos marges subissent une forte pression ces dernières années. Dans ce contexte, une question se pose: la Banque nationale suisse est-elle prête à relever les taux d’intérêt pour atténuer la hausse des prix sur le marché immobilier?»

Taux négatifs en baisse?

Cette question prend un poids tout particulier aujourd’hui. Raiffeisen Suisse et d’autres banques helvétiques, à commencer par UBS, s’attendent à une nouvelle baisse des taux directeurs et de ceux sur les avoirs à vue de la BNS le mois prochain: de moins 0,75% à moins 1%. Dure perspective pour les épargnants, propriétaires ou locataires!

Créé: 19.08.2019, 17h48

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