Les banques centrales en état d'alerte

BrexitLes autorités craignent des remous considérables sur les marchés financiers en cas de Brexit.

La BCE fait partie de ce plan d'action.

La BCE fait partie de ce plan d'action. Image: Keystone

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L'issue incertaine du référendum britannique et les risques de turbulences en cas de Brexit alarment les banquiers centraux: ils compliquent l'équation déjà très ardue que tentent de résoudre Fed, BCE, Banque du Japon et les autres pour dynamiser l'économie.

Lorsque les électeurs britanniques se prononceront le 23 juin sur le maintien de leur pays dans l'Union européenne, «il n'est pas exclu que les incertitudes et les turbulences se multiplient», a mis en garde jeudi le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan.

Le référendum est le «plus gros risque immédiat» pour les marchés financiers britanniques et mondiaux, a enfoncé le clou le même jour la Banque d'Angleterre (BoE).

Mercredi, la présidente de la Fed américain, Janet Yellen, avait estimé qu'un Brexit pourrait «avoir des conséquences économiques et financières au niveau mondial». Le référendum est l'un des facteurs ayant poussé la Fed au statu quo mercredi.

La Banque du Japon (BoJ) n'a pas fait montre de plus d'audace jeudi, en laissant inchangée sa politique monétaire malgré le récent regain du yen qui heurte la troisième économie mondiale.

La BCE a quant à elle rappelé jeudi qu'elle agirait «en utilisant tous les instruments à sa disposition» en cas de matérialisation des risques pour la stabilité des prix, parmi lesquels un Brexit figure en bonne place.

Situation compliquée

«Il est clair que le référendum et les turbulences actuelles sur les marchés compliquent la situation des banques centrales», estime pour l'AFP Carsten Brzeski, chef économiste chez ING-Diba.

Depuis plusieurs années, les grandes banques centrales se démènent, en déversant des montagnes de liquidités dans le circuit financier et en abaissant les taux d'intérêt, pour soutenir une économie mondiale très fragile depuis la crise financière de 2008, et pour faire repartir les prix. Les résultats sont jusqu'à présent mitigés.

La perspective d'un Brexit et le climat de tension sur les marchés, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, de chute des prix du pétrole et de conflits géopolitiques, n'aide pas.

Alors que les derniers sondages pointent de plus en plus vers un Brexit, les Bourses européennes accusent le coup. Francfort, Paris et Londres se sont repliées de plus de 3% depuis lundi, tout comme la Bourse suisse. Sur le marché obligataire, l'emprunt allemand à 10 ans a vu son taux passer sous zéro cette semaine, signe d'une ruée sur ce placement refuge.

En cas de Brexit, «les marchés seraient à nouveau fragilisés, on pourrait assister à une chute du cours des actions et de l'euro, une fuite des investisseurs vers les placements sûrs et éventuellement à un durcissement des conditions de financement pour certains Etats de la zone euro», estime M. Brzeski, selon qui un Brexit «a incontestablement le potentiel pour déstabiliser l'économie européenne».

Vents contraires

Face à ces risques, la BCE a notamment demandé à voir les préparatifs des banques européennes à un possible Brexit et veut s'assurer que le système bancaire est préparé aux «vents contraires» qui pourraient souffler, a indiqué lundi la chef de la supervision bancaire européenne.

Pour autant, «si le Royaume-Uni vote en faveur d'une sortie de l'UE, il pourrait bien falloir quelques semaines avant que les grandes banques centrales soient en mesure de se faire une idée claire des implications de ce résultat», estime Ben May, économiste pour Oxford Economics, selon qui les conséquences économiques pourraient être plus limitées que ne le craignent certains observateurs.

«Beaucoup de choses vont dépendre de la réaction des marchés en cas de victoire des partisans du Brexit. Si ces réactions sont bénignes, alors les banques centrales seront à l'aise pour poursuivre le cours actuel de leurs politiques», ajoute M. May.

Mais en cas de fortes perturbations, il serait «vraisemblable que la Banque du Japon augmente encore ses mesures d'assouplissement monétaire», estime Christiane von Berg, de BayernLB.

La Fed pourrait quant à elle être tentée de reporter dans le temps la remontée de ses taux directeurs, anticipe M. Brzeski. Et pour la BCE, qui intervient directement sur les marchés, la semaine prochaine sera «très tendue», Brexit ou pas, pointe-t-il. (ats/nxp)

Créé: 17.06.2016, 06h46

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