«UBS va bien et a retrouvé une certaine fierté»

BanqueLe patron d’UBS Suisse, Axel P. Lehmann, a pris ses fonctions en janvier. Il plaide pour un centre suisse de la cybersécurité.

Axel P. Lehmann a pris la tête d’UBS Suisse le 1er janvier 2018, après avoir occupé différents postes dans le groupe.

Axel P. Lehmann a pris la tête d’UBS Suisse le 1er janvier 2018, après avoir occupé différents postes dans le groupe. Image: DR

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UBS, l’une des banques au cœur de la crise financière de 2008, qui a failli couler corps et biens, est en grande forme, dix ans plus tard. Le nouveau président d’UBS Suisse, Axel P. Lehmann, est le mieux placé pour en parler. Le banquier mesure d’autant mieux le chemin parcouru qu’il était entré, en mars 2009, au conseil d’administration d’UBS en crise, le même jour qu’un certain Kaspar Villiger, appelé à la rescousse d’une banque secourue par les fonds de la Banque nationale suisse. «Je viens de terminer mes cent jours à la tête d’UBS Suisse. J’ai pu constater un très haut degré de satisfaction de nos employés, le plus élevé au sein du groupe. Et, c’est tout aussi important, le retour d’une certaine fierté», explique-t-il, de passage à Lausanne.

36 000 nouveaux clients

Ce retour de confiance se lit concrètement dans un chiffre. En 2017, UBS Suisse (le navire amiral du groupe bancaire) a gagné plus de 36 000 nouveaux clients, un record, la taille d’une banque régionale! Axel P. Lehmann précise d’emblée que cette «fierté» ne doit pas être assimilée à une forme d’arrogance. Mais, on l’a compris, UBS a tourné définitivement la page d’un passé très difficile et entend bien profiter de sa position de leader du marché. Le patron d’UBS Suisse donne quelques indications qui permettent de mesurer la place de la grande banque dans le paysage helvétique: UBS entretient une relation bancaire avec 95% des plus grandes entreprises suisses et finance plus de 120 000 PME. La banque est également le plus grand gestionnaire de fortune de Suisse et du monde. À l’entendre, UBS va maintenir son réseau de succursales dans le tout le pays, même si certaines voient leurs attributions évoluer. Mais, clairement, UBS donne le sentiment de croire encore et toujours au marché suisse, en dépit d’une densité bancaire très forte.

Interrogé sur l’appel lancé mardi par le patron de la FINMA (autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), Mark Branson, demandant aux banques et aux assurances de créer une plateforme commune pour lutter contre la cybercriminalité, Axel P. Lehmann n’hésite pas une seconde. Il considère qu’il s’agit «d’une bonne initiative. Nous avons déjà une collaboration de ce type aux États-Unis qui réunit les acteurs privés et les autorités publiques. C’est moins le cas en Europe. Mais nous soutenons l’idée, de même que le projet de Centre mondial de cybersécurité lancé par le World Economic Forum.» Pour Axel P. Lehmann, les acteurs suisses sont en discussion sur le sujet mais il est encore trop tôt pour fixer un agenda précis. À l’évidence, tous les acteurs ne ressentent pas la même urgence de créer une plateforme commune… Le patron d’UBS n’en dira pas davantage.

Une décennie numérique

Sur le plan stratégique, Axel P. Lehmann juge que si les dix dernières années ont été dominées par l’adaptation aux nouvelles régulations bancaires (la banque dit avoir dépensé 3,5 milliards à cette fin de 2014 à 2017), la prochaine décennie, elle, sera celle de la numérisation. D’ores et déjà, plus de un million de clients suisses sont actifs au niveau bancaire par le biais du téléphone mobile. Une offre de services qui va continuer à se développer, même si les Suisses sont globalement moins avancés que les clients des banques du nord de l’Europe.

Questionné sur les craintes liées à l’emploi, le nouveau président d’UBS s’est voulu plutôt rassurant: «Notre expérience montre que les robots et l’intelligence artificielle permettent de remplacer des tâches routinières et peu gratifiantes, tout en apportant aux conseillers bancaires une expertise plus approfondie.» UBS est actuellement active dans le développement de la «blockchain», ces contrats numériques sécurisés. Mais, pour l’heure, les applications sont réservées à des domaines très spécifiques.

Créé: 29.03.2018, 09h48

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