«Longtemps molle, la croissance de la Suisse devrait s'accélerer en 2018»

ConjonctureGrégoire Rudolf, responsable des grosses fortunes pour UBS, détaille ses prévisions conjoncturelles, plutôt réjouissantes.

Grégoire Rudolf

Grégoire Rudolf Image: Tribune de Genève

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Des experts d’UBS étaient présents mercredi soir à Genève pour y prendre soin des segments de clientèle les plus significatifs de cette région. Apéritifs, antipasti et divers crus genevois... rien n’a été laissé au hasard pour assurer un moment de convivialité aux quelque 200 invités. Mais avant de satisfaire leurs papilles gustatives, les visiteurs ont pu profiter des éclairages de Grégoire Rudolf. Ce stratégiste est venu partager les vues d’investissement d’UBS. Entretien.

Combien de temps devrons-nous encore attendre avant de voir l’économie suisse sortir de cette phase de croissance tellement molle?

Nous prévoyons une croissance du produit intérieur brut (PIB) helvétique de 0,8% pour l'année 2017. Cette prévision – un peu décevante – résulte du fort recul des exportations au premier semestre. La faute au franc resté très fort. Mais tout devrait s’accélérer en 2018, avec des perspectives de croissance de 1.8%. La Suisse se rapprochera ainsi des autres régions développées, en Europe comme aux États-Unis. Leur croissance devrait être, respectivement, de 2,3% et 2,2% cette année. Puis 1,9% et encore une fois 2,2% l’an prochain.

Cette performance appréciable laisse la Suisse loin d’une croissance de 2% voir plus, comme son principal partenaire économique, l’Union européenne.

La crise financière a plus lourdement impacté l’Europe que la Suisse. Celle-ci a ainsi pu afficher, surtout entre 2012 et 2014, une meilleure croissance. En zone euro, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et la mise en place de mesures structurelles – notamment en Espagne – ont mis du temps à porter leurs fruits. Depuis 2015, la zone euro a cependant compensé une partie du retard pris face à la Suisse. Aujourd’hui, l’accès au crédit, des taux faibles et un niveau de chômage en baisse favorisent l’accélération de la croissance européenne. En résumé, l’ensemble des pays développés, la Suisse incluse, profite d’une croissance certes modérée, mais synchronisée dans la plupart des principales économies du globe.

Vous manifestez un optimisme certes fort nuancé, mais sans évoquer non plus le moindre risque. Avez-vous atteint le summum de la sérénité?

Actuellement, nous prêtons la plus grande attention à un risque: un resserrement non anticipé et, de ce fait-là, brutal des politiques monétaires. C’est le facteur le plus susceptible de mettre fin au cycle économique actuel. En cas de surchauffe de l’économie et de l’inflation, les banques centrales pourraient resserrer plus rapidement leur politique monétaire. Cependant, à l’heure actuelle, les taux étant encore bas et les bilans des instituts d’émission toujours en expansion, ce scénario semble peu probable.

Votre équipe peut-elle regarder ses clients dans les yeux, au vu des performances réalisées?

Nous devons bien sûr rendre des comptes sur nos recommandations, plus ou moins pertinentes, effectuées au cours de l’exercice écoulé. En ce sens, nous constatons que nos positions se sont avérées plutôt bonnes. Tactiquement, nos clients ont en plus tout particulièrement pu profiter de notre conseil de surpondérer les marchés actions et les positions sur devises, alors qu’ils se sont fortement appréciés: environ 15% à la Bourse suisse, 13,5% à celle de Francfort et même 17% à celle des États-Unis. Ces évolutions réjouissantes sont aussi stimulées par l’accélération de la croissance synchronisée au niveau mondial.

Créé: 16.11.2017, 20h53

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