Une fraude de 18 millions entache 86 dirigeants

EspagneL'ex-patron du FMI Rodrigo Rato a été convoqué par le tribunal espagnol en charge des affaires financières. Il pourrait être inculpé d'infraction au droit des sociétés et détournement de fonds.

Rodrigo Rato a rendu près de 55'000 euros sur 99'000, selon un audit interne mené par Banki.

Rodrigo Rato a rendu près de 55'000 euros sur 99'000, selon un audit interne mené par Banki. Image: Keystone

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Rodrigo Rato, l'ex-directeur général du FMI (2004-2007) est convoqué jeudi 16 octobre à partir de 17 heures par le juge Fernando Andreu en tant qu'ancien dirigeant de la caisse d'épargne Caja Madrid.

Entre 1999 et 2012, 86 dirigeants et membres du conseil d'administration ont reçu des cartes de crédit de cette banque puis de Bankia, dont 83 ont fait usage pour un total de 15,5 millions d'euros (18,7 millions de francs suisses), s'offrant safaris, art, bijoux, maroquinerie de luxe et restaurants, selon une source judiciaire.

Le juge a aussi convoqué l'ex-directeur financier de Caja Madrid, Ildefonso Sanchez Barcoj, et l'ex-directeur de Caja Madrid de 1996 à 2009, Miguel Blesa.

Safaris et vins

Dans le cas des dirigeants, ces cartes «B», comme la presse les a surnommées, venaient s'ajouter à leur carte de crédit professionnelle officielle. Les membres du conseil d'administration, eux, ne disposaient que de cette carte pour payer leurs frais de représentation, selon une source proche du dossier.

Mais dans certains cas, leurs bénéficiaires s'en sont servis pour bien d'autres choses. Miguel Blesa, avec un salaire annuel d'environ 3 millions d'euros, s'est offert par exemple avec cette carte des safaris en Afrique pour 9000 euros et a dépensé 10'000 euros en vin, rapporte la presse.

Retraits en pleine nuit

D'autres ont retiré des centaines de milliers d'euros en liquide, parfois en pleine nuit, ont acheté des bijoux, des vêtements de luxe, de l'électroménager, des meubles ou ont réglé restaurants et taxis avec ces fonds dont l'origine reste inconnue, détaillent les journaux. Certains ont remboursé les sommes dépensées après que l'affaire a éclaté début octobre, d'autres non.

Rodrigo Rato a rendu près de 55'000 euros sur 99'000, selon un audit interne mené par Banki. C'est cet audit qui a été transmis au parquet, entraînant l'ouverture d'une information judiciaire.

«Plus grande faute de la démocratie»

Le scandale éclabousse aussi bien la classe politique que des responsables syndicaux et du monde économique, mettant notamment en difficulté le Parti populaire au pouvoir (conservateurs), dont est issu Rodrigo Rato. Il suscite aussi l'indignation dans un pays où un quart de la population active est au chômage et tombe mal pour le gouvernement à près d'un an avant les prochaines élections générales.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, s'est défendu jeudi devant le Congrès, assurant qu'il avait fait «tout que qu'un gouvernement doit faire» dans cette enquête, qualifié par le petit parti Izquierda plural (Gauche plurielle) de «la plus grande faute de la démocratie».

Ancien ministre sur la sellette

L'affaire pourrait coûter à Rodrigo Rato, ancien ministre de l'Economie et héros de la droite espagnole, ses postes actuels de conseiller dans plusieurs grandes entreprises. Il n'a cependant pas pour l'instant été écarté du PP au pouvoir, qui a tout de même créé une commission interne pour décider de l'avenir de ses 16 membres mis en cause.

Le parti socialiste PSOE a fait le ménage dans ses rangs en expulsant dix de ses militants.

(ats/nxp)

Créé: 16.10.2014, 13h06

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