Le franc fort fait grimper la dette allemande

EmpruntsOutre-Rhin, les régions et les communes voient leurs dettes augmenter pour avoir contracté des prêts en francs suisses. Elles restent néanmoins sereines face aux échéances.

Le décrochage de l'euro par rapport au franc suisse a été une très mauvaise nouvelle pour de nombreuses collectivités locales allemandes.

Le décrochage de l'euro par rapport au franc suisse a été une très mauvaise nouvelle pour de nombreuses collectivités locales allemandes. Image: Keystone

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Le décrochage de l'euro par rapport au franc suisse a été une très mauvaise nouvelle pour de nombreuses collectivités locales allemandes. La ville d’Osnabrück, en Basse-Saxe, a déjà calculé la perte occasionnée par le "tsunami" du 15 janvier. Selon le trésorier de la ville, Thomas Fillep, la décision de la Banque nationale suisse pourrait coûter plus de 7 millions de francs aux contribuables en raison d'emprunts cumulés de 50 millions de francs. «C’est une valeur qui reste théorique. Il faut attendre l’évolution du cours du franc», tempère Wolfgang Griesert, le maire conservateur d’Osnabrück.

La Rhénanie-du-Nord-Westphalie est de loin la région la plus touchée. Selon les statistiques du ministère régional de l’Intérieur, près de 400 communes ont contracté des emprunts dans des monnaies étrangères pour l’équivalent de 1,4 milliard d'euros dont une «grande majorité» en francs suisses. «Mais on ne peut pas évaluer à l’heure actuelle la perte occasionnée. C’est complètement fictif», a insisté Ralf Jäger, le ministre de l’intérieur du Land.

La seule ville d’Essen, par exemple, a vu sa dette augmenter de 75 millions d’euros en une nuit. Sa voisine Bochum s’est retrouvée avec 30 millions d’euros à rembourser en plus. Dans cette région, Gelsenkirchen est confrontée à la pire des situations avec 40% de la dette libellée en francs suisses (450 millions).

Mais Gelsenkirchen n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les dettes en devises des collectivités publiques allemandes s’élèvent actuellement à plus de 21 milliards de francs, selon l’Office fédéral des statistiques (chiffres de fin 2013), dont près de 18 milliards pour le seul Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Or, la majorité des devises sont des francs. Mathématiquement, la dette de l’Allemagne a augmenté de 4 milliards d'euros le 15 janvier, estime le quotidien économique allemand Handelsblatt.

Pour l’opposition conservatrice en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le gouvernement régional rouge-vert a sa part de responsabilité dans le "laissez-faire spéculatif". «On n’a pas le droit de spéculer avec de l’argent public», a attaqué André Kuper, président du groupe parlementaire chrétien-démocrate (CDU) à Düsseldorf. «A l’avenir, il faudrait interdire ce genre de produit», ajoute-t-il.

D’autres régions se sont d'ailleurs assurées contre les fluctuations monétaires. Berlin, par exemple, a pris une crédit de 250 millions en francs suisses en s'assurant contre le risque d'un décrochage. «C’est une précaution qui va de soi lorsqu’il s’agit d’argent public», insiste Thomas Schäfer, le ministre des Finances de la capitale. A bon entendeur...

Créé: 27.01.2015, 18h28

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