Diplomates africains mauvais payeurs

Immobilier La mission de la Guinée équatoriale à Genève paie irrégulièrement ses charges. Grosse ardoise.

La Guinée Equatoriale possède deux appartements et un bureau dans cet immeuble du Petit-Saconnex.

La Guinée Equatoriale possède deux appartements et un bureau dans cet immeuble du Petit-Saconnex. Image: Richard Etienne

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Après l’avion, l’immobilier. La république de Guinée équatoriale, propriétaire d’un bureau et de plusieurs appartements dans un immeuble du Petit-Saconnex, n’a pendant longtemps pas payé ses charges, a appris la Tribune de Genève. Résultat: une ardoise de plusieurs dizaines de milliers de francs que l’Etat doit à sa régie.

Cette dernière incite la trentaine d’autres propriétaires de l’immeuble et de sa cour intérieure à débourser à la place de l’Etat africain. Certains accepteraient, d’autres pas. Dans une récente assemblée de copropriétaires, les représentants équato-guinéens se sont engagés à corriger le tir. Au téléphone, l’un d’eux assure que, depuis cette réunion, le pays paie chaque mois ses factures, ce qui devrait permettre un jour à l’ardoise d’être comblée.

Valise pleine de cash

L’affaire n’en est pas à son premier épisode. En octobre 2013, 20 minutes avait annoncé que la mission de la Guinée équatoriale auprès de l’ONU avait un retard de paiement de 54 000 francs. La régie confiait au quotidien avoir «assumé pendant longtemps les obligations défaillantes de la République de Guinée équatoriale à la place de la communauté des copropriétaires» et que «cette situation ne pouvait perdurer».

Quelques jours après la publication de l’article de 20 minutes, un membre de la mission équato-guinéenne se présentait à la régie avec une valise pleine de cash – 54 000 francs en coupures – pour s’acquitter de sa dette. Fin de l’affaire? Non, car depuis – et jusqu’à la récente assemblée des propriétaires de la parcelle – les paiements ont été irréguliers, créant une nouvelle ardoise.

La Guinée équatoriale fait couler beaucoup d’encre. La petite république – qui recense environ un million d’habitants – a été élue au début du mois de juin par les 193 pays membres des Nations Unies, en même temps que la Côte d’Ivoire, la Pologne, le Pérou et le Koweït, au Conseil de sécurité de l’ONU pour un mandat de deux ans dès janvier 2018.

Un pays qui fait l’actualité

En France et en Suisse, des procédures en justice contre son vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorín, sont en cours. A Paris, l’homme d’Etat est poursuivi pour détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption. Un procès se tient actuellement.

De son côté, le Ministère public genevois a ouvert une procédure pénale contre Teodorín Obiang pour blanchiment d’argent. L’instruction a conduit au séquestre de nombreuses voitures de luxe à Genève et d’un yacht aux Pays-Bas. Selon les avocats de la Guinée équatoriale à Genève, tous ces véhicules appartiennent non pas à Teodorín mais au gouvernement de cet Etat d’Afrique centrale.

En début de semaine dernière enfin, un jet équato-guinéen était saisi à l’aéroport de Genève dans le cadre d’une procédure civile opposant Orange à Malabo, la capitale du pays (lire nos éditions du 22 juin). L’opérateur français entend contraindre la seule nation hispanophone d’Afrique à s’acquitter de grosses factures en retard à son égard. Des factures qui se chiffreraient en dizaines de millions d’euros. Vendredi, l’avion était toujours séquestré.

Créé: 23.06.2017, 17h56

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