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Le boom spectaculaire des classes moyennes en Inde

Grandes gagnantes de la libéralisation des années 90, elles intéressent les multinationales avec leur pouvoir d’achat qui a bondi

«La classe moyenne, qui roule en deux-roues ou en voiture d’occasion, exige plus de confort», selon Dhee raj Sinha, qui a analysé les aspirations des consommateurs.
«La classe moyenne, qui roule en deux-roues ou en voiture d’occasion, exige plus de confort», selon Dhee raj Sinha, qui a analysé les aspirations des consommateurs.
Manish Swarup / AP

C’est le géant démographique de demain. Forte de 1,3 milliard d’habitants, l’Inde sera plus peuplée que la Chine d’ici à cinq ans selon l’ONU, et peut-être avant (lire ci-dessous). Si près d’un Indien sur deux vit sous le seuil de pauvreté, la classe moyenne a largement profité de la croissance économique précipitée par les réformes libérales des années 90 et 2000. D’après le recensement de 2011, 310 millions d’Indiens déclarent posséder une voiture ou un deux-roues, sept fois plus qu’en 1991.

Nestlé India cotée à la Bourse de Bombay

Dans ce contexte, nombre de groupes étrangers investissent dans les biens de consommation, en particulier l’automobile, les télécommunications et la pharmacie. Ces trois secteurs ont attiré 4,6 milliards de dollars (plus de 4,4 milliards de francs) d’investissements étrangers durant l’exercice 2015-2016. A la Bourse de Bombay, parmi les cinquante premières capitalisations boursières du monde, une dizaine de sociétés sont présentes dans l’agroalimentaire, les biens durables et la téléphonie: Bharti Airtel, Nestlé India, Tata Motors, Bosch, le groupe agroalimentaire et cosmétique Dabur…

Les tendances de la consommation changent rapidement. En témoigne l’essor des smartphones. A la fin de 2016, le pays dénombrait 300 millions d’utilisateurs, contre seulement 44 millions en 2012. Dans le métro de Delhi, les usagers ont le nez collé sur leur écran, occupés à regarder un film, à surfer sur les réseaux sociaux ou à faire des achats. D’après un sondage du suédois Ericsson réalisé en 2015, 17% des sondés font leurs courses sur Internet avec leur smartphone.

Même dynamisme du côté du marché automobile, où les ventes affichent une croissance annuelle de 9%. «La classe moyenne, qui roule en deux-roues ou en voiture d’occasion, exige plus de confort. Avec la croissance économique, son niveau de vie progresse et elle veut le montrer», explique Dhee raj Sinha, auteur de India Reloaded, un ouvrage qui décortique les aspirations des consommateurs. Les banques ont bien compris cette tendance et les prêts aux particuliers ont grimpé de 13,5% en 2016, alors que la croissance du PIB devrait atteindre entre 6,6 et 7% sur l’exercice 2016-2017. Mais, si la consommation des ménages tire l’activité, elle pèse sur l’environnement. Le traitement des déchets reste problématique. Et d’après l’OMS, quatre des dix agglomérations les plus polluées du monde sont en Inde.

Pollutions

Pollution et nouvelles habitudes alimentaires bouleversent le contexte sanitaire. Obésité, diabète, maladies respiratoires, troubles cardiaques et cancers sont devenus de plus en plus courants. Quelque 300 millions d’Indiens avaient une couverture santé publique ou privée en 2010; ils devraient être 655 millions d’ici à 2020 selon une étude de McKinsey.

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