La BNS ne veut pas d’un fond souverain en Suisse

BanqueThomas Jordan a défendu hier sa politique monétaire devant les plus gros contribuables vaudois.

Thomas Jordan, Président de la direction de la Banque Nationale Suisse.

Thomas Jordan, Président de la direction de la Banque Nationale Suisse. Image: KEYSTONE

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«La Banque nationale suisse (BNS) verse entre 60 et 100 millions au canton de Vaud et nous ne sommes pas inclus dans votre club!» Voilà pour la boutade tentée par Thomas Jordan, le président de la direction générale de la BNS, lors de la 12e réunion du club des 100 qui a rassemblé hier les plus gros contribuables en terres vaudoises.

De quoi détendre l’atmosphère avant d’attaquer les points qui fâchent. Le principal concerne l’idée en vogue de pousser la Suisse à lancer son fond souverain. Que faire des 700 milliards au bilan de la BNS? Pourquoi ne pas suivre la Norvège ou Singapour, deux pays qui ont utilisé leurs réserves monétaires pour créer leur fonds? «Cette comparaison ne se justifie pas. Ces pays investissent leurs fonds engrangés par la vente de pétrole pour la Norvège ou liés à des excédents budgétaires pour la Cité Etat asiatique. En Suisse, les milliards de la BNS ne sont dus qu’à une hausse de la masse monétaire», a-t-il dit.

Pour lui, la constitution d’un tel fonds semble d’autant plus improbable qu’elle supposerait que Berne émette des obligations d’Etat pour des centaines de milliards ou qu’elle emprunte cet argent à la BNS. «Ces hypothèses iraient à l’encontre de sa politique de lutte contre l’endettement, et s’opposeraient à la loi qui interdit à la BNS de financer l’Etat». Quant au rendement d’un tel fond, il serait insuffisant à couvrir les risques de change et provoquerait une appréciation du franc.

Sur ce point rien n’est réglé au vu de la conjoncture mondiale malgré le passage aux taux négatifs. Quand André Kudelski, patron du groupe éponyme demande «à quelle surprise de la BNS il faut s’attendre au début de l’an prochain après celles de 2011 et de 2015», Thomas Jordan plaisante en rappelant que dévoiler une surprise signifierait que ça n’en serait plus une. Il précise quand même que «son but reste de lutter contre la surévaluation du franc.»

(TDG)

Créé: 01.11.2016, 22h00

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