L’ombre de Google, d’Apple ou d’Amazon plane sur les banques

InternetToujours plus attirés par la finance, les géants du Web pourraient bien devenir les banques du XXIe siècle.

Ruth Porat, ici en compagnie de Ben Bernanke (ex-président de la FED), avait refusé en 2013 le poste de secrétaire adjointe au Trésor. Elle a rejoint mardi Google en tant que CFO.

Ruth Porat, ici en compagnie de Ben Bernanke (ex-président de la FED), avait refusé en 2013 le poste de secrétaire adjointe au Trésor. Elle a rejoint mardi Google en tant que CFO.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’ex-femme la plus puissante de Wall Street, Ruth Porat, est entrée mardi au service de Google (lire son portrait ci-contre) en tant que directrice des finances. Au vu de son expérience chez son ancien employeur, la banque Morgan Stanley, elle pourrait de surcroît apporter une expertise particulièrement utile au géant de Mountain View dans le développement de certains services financiers, longtemps restés l’apanage des banques et autres prestataires de service de paiements (Visa, MasterCard, Paypal, etc.).

Que ce soit Google ou les autres géants du net (Facebook, Amazon, Alibaba ou encore Apple), tous lorgnent en effet actuellement sur ces nouveaux créneaux d’affaires que sont le paiement en ligne, le financement participatif (crowdfunding en anglais) voire la microfinance.

Finance version 2.0

Le groupe à la pomme annonçait par exemple à la fin de l’an dernier son arrivée sur le marché du paiement sans contact. Au même moment, Google se lançait en toute discrétion dans le financement participatif en collaboration avec Lending Club, le leader du secteur aux Etats-Unis.

En termes de services financiers propres aux banques, le géant chinois du commerce en ligne Alibaba a franchi un cap en se lançant non seulement dans les prêts aux PME mais aussi en proposant à ses clients un service d’épargne. Grâce à des taux particulièrement attractifs, il est ainsi parvenu à engranger pour 50 milliards d’actifs et empiète cette fois clairement sur les plates-bandes des établissements bancaires.

Alliances maintenues

A se demander si les banques devront se méfier de cette nouvelle concurrence. «Pour le moment, ces activités restent embryonnaires, selon Yves Gallati, analyste du Groupe Syz. Ces modèles d’affaires n’en sont pas moins disruptifs et pourraient effectivement bouleverser la donne et remettre en perspective le modèle traditionnel d’affaires des banques. Faute de volumes et de rentabilité, ces dernières pourraient ainsi sous-traiter voir même renoncer à certaines activités telles que les transferts d’argent.»

Dans une interview donnée récemment au quotidien Les Echos, l’écrivain Philippe Herlin confirme «le rôle encore marginal joué par les nouveaux acteurs du numérique dans la finance». L’auteur de "Apple, Bitcoin, Paypal, Google: la fin des banques?" évoque toutefois le risque que les banques se fassent bel et bien «ubériser par les géants du Web».

Pour le moment, les deux camps évitent encore de se déclarer formellement la guerre. Selon certains spécialistes, mieux vaut avoir «Apple comme allié que comme ennemi». Des raisons de réglementations poussent également Google, Paypal, Amazon et les autres à plébisciter de telles alliances. Mais jusqu’à quand «les fintech» (surnom donné aux sociétés high-tech prêtes à bouleverser la finance) accepteront-elles de partager leur part du gâteau avec les banques? Cette question reste sans réponse. (TDG)

Créé: 26.05.2015, 20h22

Ruth Porat en bref

Pour s’assurer des services de Ruth Porat, Google y aura mis le prix. D’après Bloomberg, la directrice financière et vice-présidente de la banque d’investissement new-yorkaise Morgan Stanley depuis 2010 encaissera 70 millions de dollars, dont 5 millions à la signature du contrat. Ce montant fait de cette mère de trois enfants âgée de 57 ans «l’un des dirigeants les mieux payées de la Silicon Valley», assure-t-on chez Bloomberg. Il faut dire que l’ex-reine de Wall Street – élue par le magazine américain Forbes comme l’une des cent femmes les plus puissantes de l’année 2011 – n’a pas été choisie au hasard.

Avant de se mettre au service de Morgan Stanley, cette diplômée de la London School of Economics a fait ses premières armes dans le secteur des nouvelles technologies au service d’Amazon, d’eBay, de Netscape (navigateur Internet) ou de Priceline (voyagiste en ligne). Celle qui avait refusé en 2013 le poste de secrétaire adjointe au Trésor pourrait désormais vite faire de l’ombre à l’actuelle reine de la Silicon Valley: la CEO de Yahoo, Marissa Mayer.
O.W.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...