Il casse les prix des opérations de change et de transfert

DevisesAu cœur de Genève, un entrepreneur lausannois se profile déjà en concurrent imminent de la fameuse Western Union Bank.

Arnaud Solomon projette de créer une banque l'an prochain.

Arnaud Solomon projette de créer une banque l'an prochain. Image: Lucien Fortunati

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Un as vaudois des nouvelles technologies a fondé le 7 mars dernier, à Genève, l’entreprise Ibani SA: le Lausannois Arnaud Salomon. Aidé d’un quintet aussi jeune que pointu, l’entrepreneur propose depuis le mois dernier un nouveau souffle dans les opérations de change et de transfert de fonds. Tout se joue sur le Net et à des prix cassés, au regard des offres usuelles.

Ibani SA se profile ainsi déjà en concurrent imminent des acteurs traditionnels du change de devises et des transferts d’argent. À commencer par la fameuse Western Union Bank, dont les tarifs varient – il est vrai – beaucoup en fonction de la localisation des destinataires (voir l’infographie).

En matinée, l’équipe d’Ibani SA se met progressivement au travail dans le bâtiment de son principal partenaire, Saxo Bank. Ces artisans de la Toile constituent un échantillon de personnel à part dans la banque de la place de la Fusterie. Ils assument leurs tâches, c’est-à-dire innovent et esquissent l’avenir, sans costard ni cravate!

Plus concrètement, leurs services consistent à fournir des IBAN (International Bank Account Number) pour faciliter les opérations de change des clients. Cette norme internationale, aujourd’hui généralisée dans les banques suisses et européennes, a vu le jour en 1997. Elle permet notamment une identification homogène des comptes bancaires dans tous les pays, quel que soit l’établissement dans lequel il est hébergé.

Tout avec son smartphone

Utilisé depuis plus de vingt ans pour faciliter le traitement automatisé des paiements transfrontaliers, l’IBAN permet à Ibani SA de moderniser encore davantage les opérations de change. Tout commence par le téléchargement de l’application adéquate sur le site de l’entreprise. Le client peut alors solliciter les services de conversion de devises d’Ibani, en complétant l’IBAN de son compte courant habituel, hébergé en Suisse, par un compte chez Ibani SA, puis l’IBAN d’un compte à l’étranger ou en Suisse, autrement dit un IBAN miroir, sur lequel l’argent libellé dans la devise de son choix doit être versé. Qu’il s’agisse d’un compte au nom du même client ou de celui d’un bénéficiaire, comme un parent ou un ami.

Cette opération de change, puis de transfert, peut être sollicitée en quelques secondes avec son smartphone. Elle est ensuite effectuée en moins de deux heures.

Après avoir commencé en début d’année ses activités, agréées par la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), Ibani SA prévoit de fidéliser 8000 particuliers d’ici à un an. Une multitude de profils différents peuvent être intéressés par de tels services. On songe évidemment aux adeptes des courses en France voisine ou aux vacanciers disposant d’une résidence secondaire à l’étranger. «Mais aussi à des dizaines de toutes petites sociétés de négoce de matières premières, actives à Genève et établissant leurs comptes de pertes et profits en dollars. Nous avons aussi, parmi nos clients, des enseignants en provenance de l’étranger et intervenant souvent une fois par mois à l’Université de Genève. Sans oublier les travailleurs frontaliers, susceptibles d’économiser jusqu’à 3% de frais par rapport aux tarifs les plus fréquents», indique Arnaud Salomon.

À tous ces profils s’ajoute celui de la clientèle phare de la légendaire Western Union Bank, fondée en 1851 dans le Colorado: des salariés envoyant une partie de leurs revenus aux membres de leur famille restés dans le pays d’origine. Se positionnant déjà en concurrent, Ibani SA prétend assurer ses services (change, puis transfert) avec une marge de 0,5% au plus.

Les compétences technologiques, présentes chez Ibani SA, permettent, il est vrai, d’atteindre un haut degré de numérisation. La prudence encore requise en ses débuts d’activité n’impose plus que quelques ultimes tâches de contrôle manuelles, avant une numérisation et une automatisation complète.

Puissance comparative

Une telle perspective laisse augurer une réduction significative des coûts de production des services offerts. Un atout à ne pas négliger, alors que de fortes variations apparaissent dans les frais perçus sur les opérations de change et de transfert de capitaux. La Fédération romande des consommateurs nous a certes confirmé que les consommateurs ne manifestent encore guère de coups de colère à ce sujet. Mais, à l’ère du Web, ils disposent d’une réelle puissance de comparaison dans presque tous les domaines.

L’expérience tentée par Ibani SA rappelle dès lors celle d’une illustre fintech britannique, employant aujourd’hui un millier de collaborateurs: TransferWise. Ses fondateurs estoniens, Taavet Hinrikus et Kristo Käärmann, avaient eux-mêmes flairé le business en se souvenant des frais qu’ils avaient dû endurer à leurs débuts en Grande-Bretagne pour chaque transfert d’argent dans leur pays d’origine.


Ouverture de l’actionnariat par le jeton

Une grande première, technologique et financière, sera présentée mardi à Genève, dans les locaux de Saxo Bank: les toutes premières actions d’une société émises sur la blockchain. Des jetons numériques apparaîtront ainsi mardi et les détenteurs de ces actifs, aussi liquides que transférables, deviendront automatiquement des actionnaires de Mt Pelerin Group SA.

Après le tour de force d’Ibani SA (lire ci-dessus), Arnaud Salomon, brillant rejeton de l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne), devrait donc réussir l’an prochain un projet de banque encore inédit, après avoir obtenu l’aval de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), dûment informée en tout temps sur l’évolution du futur établissement financier genevois.

«Le Registre du commerce de Genève a déjà accepté le 27 septembre les statuts de Mt Pelerin Group SA, dont un article établit que les propriétaires de tokens (jetons) seront considérés comme de réels actionnaires, dotés de droits de vote et de dividendes. Chacun d’entre eux s’avère ainsi protégé par le droit suisse», relève la direction de Mt Pelerin Group SA.

Cette entreprise, comme tant d’autres commençant leurs activités au XXIe siècle, préfère l’alternative de financement proposée par les technologies de la blockchain, activement promues par l’État de Genève. Dans ce contexte, deux éléments retiennent la plus grande attention: le nombre de sociétés cotées à la Bourse suisse a diminué d’un tiers au cours des quinze dernières années, et un tiers des plus importants ICO (initial coin offering) dans le monde ont été effectués en Suisse l’an dernier.

Créé: 16.10.2018, 08h05

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