Credit Suisse s’en sort à très bon compte aux États-Unis

BanquesLes indemnités qui seront versées aux victimes des subprimes passent de 2,8 milliards à une centaine de millions de dollars.

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À la fin de novembre, Credit Suisse avait laissé entendre la bonne nouvelle. Dans son litige avec la justice américaine qui poursuivait la banque pour avoir, entre 2006 et 2007, vendu des titres adossés à des crédits hypothécaires douteux – les fameux subprimes – le montant des indemnités aux personnes lésées ne dépassera les 120 millions de dollars, avait déclaré l’un de ses porte-paroles, au lieu des 2,8 milliards de dollars auxquels la banque s’était engagée. Hier, la «Zentralschweiz am Sonntag» et l’«Ostschweiz am Sonntag» ont révélé que l’accord avait été signé au 31 décembre 2018.

Si le montant desdites indemnités n’est pas communiqué, Karina Byrne, porte-parole du Credit Suisse, confirme que «la banque est satisfaite» de cet arrangement avec la justice américaine. Car la grande banque suisse met ainsi un point final aux actions liées à la crise financière de 2008 qui la poursuivaient depuis 2012. À l’époque, la plainte en dommages et intérêts portait sur une somme de 11,2 milliards de dollars. Le 18 janvier 2017, Credit Suisse annonçait alors avoir «conclu un accord avec le Ministère américain de la justice (DoJ), en clair avoir accepté de payer une amende pour solde de tous comptes de 2,48 milliards de dollars au trésor américain.

En sus, affirmait le communiqué, «Credit Suisse payera une indemnité aux personnes lésées pour un total de 2,8 milliards de dollars au cours des cinq années suivant l’accord». Comment, dès lors, est-on parvenu à une telle différence, entre les 2,8 milliards de dollars annoncés et les 120 millions de dollars maximum, annoncés en novembre par la banque suisse? Il s’avère en réalité qu’on se trouve là face à une grande classique, que l’ONG en faveur de marchés financiers transparents Better Markets résume très bien.

«Les accords (entre les banques et le DoJ) sont formulés de manière à induire le public en erreur, affirme son président Dennis Kelleher. Toutes les parties claironnent de très importantes amendes, afin que les procureurs ou les régulateurs obtiennent des titres de presse favorables et que la banque donne l’impression d’être sévèrement réprimée.» Mais, en réalité, le diable se cache dans les détails, «en petites lettres». Ainsi, le montant de dédommagements aux clients lésés ne se fait pas en liquide, mais, comme le dit d’ailleurs Credit Suisse dans son communiqué du 18 janvier 2017, «ces indemnités incluent des paiements abordables pour le logement, ainsi que la renonciation au remboursement d’intérêts et d’hypothèques de premier et de second rang».

Ainsi, Goldman Sachs devait investir 240 millions de dollars dans des logements abordables, mais au final le groupe n’aura versé que 30% de cette somme, déductible d’impôts de surcroît. Sur les 35,8 milliards de dollars infligés aux banques en guise de soutien aux consommateurs, seul 1,5 milliard, hors Credit Suisse, aura effectivement été versé.

Créé: 07.01.2019, 06h46

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