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Perspectives économiquesUne année 2020 sous le signe de la prudence

Les milieux financiers redoutent que le ralentissement constaté à la fin de 2019 se transforme en récession l'année prochaine.

«Les risques politiques restent à un niveau élevé» et cette situation alimente «un climat d'insécurité», préviennent les experts. (Photo prétexte)
«Les risques politiques restent à un niveau élevé» et cette situation alimente «un climat d'insécurité», préviennent les experts. (Photo prétexte)
Keystone

Le ralentissement de l'économie mondiale et les tensions politiques risquent d'être les thèmes majeurs en 2020, une situation face à laquelle les analystes attendent de voir si les gouvernements vont prendre le relais de banques centrales se trouvant à court de munition. Pour les investisseurs, un choix prudent s'impose.

«Les marchés actions européens avaient démarré l'année 2019 avec trop de pessimisme. L'année 2020 pourrait être différente, puisque les intervenants pourraient débuter l'année avec un surcroît d'optimisme», estiment les analystes de Société Générale.

Selon les spécialistes de la banque française, les places européennes ont déjà intégré un flot de nouvelles positives, «ne laissant pas beaucoup de place à la déception». De fait, les risques sont nombreux l'année prochaine. Au delà des soubresauts liés aux litiges commerciaux lancés par Washington, principalement en direction de Pékin, un ralentissement économique en Chine et le dossier du Brexit, l'élection présidentielle américaine va occuper les observateurs tout au long de l'année.

«Climat d'insécurité»

«Les risques politiques restent à un niveau élevé» et cette situation alimente «un climat d'insécurité, avec un réel manque de visibilité venant à peser sur les décisions d'embauche des entreprises et aussi sur le moral des consommateurs», ont averti les spécialistes d'UBP.

Pour la banque genevoise, «l'enjeu primordial pour la nouvelle année est que le ralentissement constaté en cette fin 2019 ne se transforme pas en récession et qu'au contraire il laisse place à une phase de stabilisation».

L'OCDE a pour sa part averti que les perspectives mondiales étaient «instables». L'institution internationale a rappelé qu'avec un PIB attendu à 2,9% cette année, la croissance globale se situait à son taux le plus bas depuis la crise financière de 2008.

Et la situation ne devrait guère s'améliorer en 2020, l'Organisation de coopération et de développement économiques tablant sur un produit intérieur brut mondial ne devant pas dépasser 3%. La zone euro devrait passer de 1,2% en 2019 à 1,1% en 2020 et les Etats-Unis de 2,3% à 2,0%.

«Une action politique coordonnée s'impose de toute urgence pour rétablir la confiance, promouvoir une croissance inclusive et relever les niveaux de vie», a martelé l'OCDE dans ses perspectives économiques, appelant les gouvernement à coopérer et investir «pour éviter une stagnation de longue durée».

Banques centrales toujours accommodantes

Face à cette situation, les grandes banques centrales ne disposent que de peu de munitions. La Réserve fédérale américaine (Fed) a en effet baissé trois fois ses taux directeurs en 2019, la Banque centrale européenne (BCE) a réactivé son programme de rachat dette et la Banque nationale suisse (BNS) persiste dans les taux négatifs.

«Cet environnement monétaire très accommodant devrait perdurer en 2020 et d'autres ajustements à la baisse sont attendus ces prochains trimestres», ont pronostiqué les spécialistes d'UBP dans leurs perspectives d'investissement.

Selon ces derniers, «une fenêtre d'opportunité s'ouvre aujourd'hui pour mettre en place une relance cyclique au travers de la politique budgétaire».

Saxo Bank va même plus loin, estimant que les banques centrales pourraient normaliser leurs taux et les Etats saisir l'occasion «sous forme de dépenses écologiques et d'infrastructure».

La Suisse ne passera pas entres les gouttes, la majorité des prévisionnistes ayant abaissé leurs attentes. Cette année, le PIB devrait seulement accélérer de 0,7% à 1,0%, après 2,8% en 2018, et atteindre 1,1% à 1,5% en 2020.

Pour le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), les perspectives «s'assombrissent» en raison du ralentissement économique mondial. Le climat d'incertitudes devrait peser sur les investissements et les exportations helvétiques.

Après une année record pour les actions - le SMI a bondi de 24,5% depuis le début de l'année, le Dax de 25%, le CAC40 de 24,8%, le Dow Jones de 20% et le Nasdaq de 30% - le contexte de taux bas et d'incertitudes géopolitiques devrait une fois de plus favoriser ce type d'investissement.

UBS recommande ainsi de privilégier les actions de qualité offrant des dividendes élevés, de sociétés tournées vers le marché intérieur et la consommation qui sont moins exposées aux aléas du commerce international.

Marché de la dette

Concernant le marché de la dette, la banque aux trois clés appelle à la modération, en raison des rendements extrêmement bas de la dette plus sûre et de l'augmentation du risque de crédit chez les émetteurs à haut rendement.

L'établissement zurichois recommande également de se diversifier dans le métaux précieux au détriment des matières premières cycliques et dans une combinaison de valeurs refuges.

Le concurrent Credit Suisse s'attend quant à lui l'année prochaine à des rendements moins élevés qu'en 2019 pour la majorité des classes d'actifs. La banque recommande notamment des domaines à fort potentiel de croissance comme les technologies de l'éducation. Mais aussi les technologies de l'information qui devraient profiter de l'avènement de la 5G et de l'internet des objets, et la finance.

ats

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