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Les activités annexes font le beurre des compagnies

Si les compagnies ne cessent de baisser le prix des billets d'avion, elles génèrent des milliards de revenus grâce à tous leurs autres services. Et ces revenus ont doublé en 4 ans.

Les passagers de Swiss devront dès le 19 mars payer des frais supplémentaires pour choisir un siège à bord des long-courriers.
Les passagers de Swiss devront dès le 19 mars payer des frais supplémentaires pour choisir un siège à bord des long-courriers.
Keystone

Tous ceux qui prennent régulièrement un avion le constatent: ce n'est pas parce que prix d'appel du ticket est bas que le voyage sera au final bon marché. En effet, la plupart du temps, il faut payer pour son bagage, sa place dans l'avion, pour boire un café et grignoter un sandwich à bord, payer pour des écouteurs, voire regarder un film... Bref: il faut sortir le porte-monnaie pour tout. Il a même été question chez Ryanair de faire payer l'usage des toilettes à bord!

C'est la «Neue Zürcher Zeitung» qui le constate lundi. Si les compagnies aériennes ne cessent de baisser leurs tarifs, elles génèrent des milliards de revenus avec leurs activités annexes. Et ces revenus ne cessent de gagner en importance.

Selon la plateforme de technologie de voyage CarTrawler, ils ont carrément plus que doublé en 4 ans. Elle a calculé qu'entre 2014 et 2018, les quelque 175 compagnies passées sous sa loupe avaient enregistré une hausse de leurs revenus annexes de 128% à près de 65 milliards de dollars. Une somme qui devrait être dans les faits encore plus élevée puisque les revenus provenant des programmes de fidélisation n'ont pas été pris en compte.

Les compagnies américaines en tête

A ce jeu-là, le marché est largement détenu par les compagnies américaines United, Delta et American. Elles s'assurent chacune des revenus supplémentaires de plus de 5 milliards de dollars par an. La raison est simple: elles jouent à fond la carte des programmes de fidélisation qui encouragent les clients à prendre des vols supplémentaires grâce à des offres spéciales.

La compagnie irlandaise «low-cost» Ryanair est 5e tandis qu'Easyjet est 10e. La première engrange 2,3 milliards de dollars en revenus annexes, tandis que la seconde n'encaisse «que» 1,3 milliard. Lufthansa, propriétaire de Swiss, est 7e, avec un peu moins de 2 milliards.

Hausse chez Swiss

Mais Lufthansa pourrait bientôt grimper dans ce classement. Selon un article paru dimanche dans la «Schweiz am Wochenende», la compagnie allemande va renchérir de 5 francs les tarifs de Swiss pour réserver un siège sur ses vols intercontinentaux en classe économie, et ce dès le 19 mars. Il faut déjà débourser aujourd'hui au minimum 30 francs et jusqu'à 120 francs supplémentaires pour choisir son siège suivant son emplacement à bord (aller-retour). Pour les vols européens, ces tarifs vont eux de 12 à 45 francs.

Comme le souligne la «NZZ», les compagnies commercialisent désormais de plus en plus leurs sièges dans le but de maximiser leurs revenus. Le patron de Ryanair avait même fait de la provocation en prétendant qu'il était imaginable à l'avenir de faire voler gratuitement ses passagers et de rentabiliser le vol avec les activités annexes.

L'exemple de l'ultra low-cost Spirit

Mais c'est déjà bientôt le cas pour la compagnie américaine ultra low-cost Spirit. Celle-ci a en effet indiqué que 47% de tous ses revenus en 2017 avaient été générés par ses activités annexes. Chez elle, outre les ingrédients traditionnels du «low cost», son secret consiste à faire payer au passager tout ce qui est possible en plus du vol lui-même.

Si un siège entre New York et la Floride coûte 29 dollars, il faut par exemple encore débourser 35 dollars pour un bagage en cabine pré-réservé (100 dollars au guichet!) ou encore 30 dollars pour enregistrer un bagage de moins de 18 kilos, 25 dollars supplémentaires de 18 à 23 kilos ou encore de 1 à 50 dollars pour choisir votre siège. Un modèle qui est en train de faire donc de plus en plus d'émules.

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