À Zurich, une start-up fintech lève 40 millions

FinanceEn levant un tel montant, Numbrs s’octroie une place dans le club fermé des licornes, puisque sa valeur dépasserait le milliard de francs.

Vue panoramique de la ville de Zurich.

Vue panoramique de la ville de Zurich. Image: Reuters

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En comptant sa dernière levée de fonds de 40 millions, Numbrs dépasse désormais les 200 millions de dollars récoltés. À en croire certaines estimations récentes, cela place la jeune société dans le club – encore restreint en Suisse – des sociétés non cotées dont la valeur actuelle dépasserait le milliard. Aux États-Unis, l’on parle alors de «licornes», à l’exemple d’Airbnb ou de WeWork, le spécialiste américain du coworking.

Avec une plateforme et une application disponible uniquement en allemand et en anglais, la notoriété de cette jeune pousse installée à Zurich n’a pas encore franchi la Sarine. Et cela ne devrait guère changer dans un avenir proche, puisque l’entreprise indique que les nouveaux millions levés serviront principalement à accélérer son déploiement en Allemagne, puis, dès 2020, à partir à la conquête de la Grande-Bretagne. «Notre expansion sur d’autres marchés européens suivra, y compris dans les pays francophones», précise Georg Schattney, en charge de la communication de l’entreprise fondée par Martin Saidler.

Optimiser ses finances

Mais que fait donc cette société de si particulier pour avoir su séduire quelques investisseurs de renom tels que Pierre Mirabaud ou Josef Ackermann, l’ex-PDG de la Deutsche Bank? Dans les grandes lignes, la start-up propose aux quelque 2,2 millions de personnes qui ont téléchargé son application d’avoir accès à leurs différents comptes bancaires sur une seule plateforme et, à l’aide d’un algorithme analysant plusieurs types de données, dont leurs paiements, de les aider à optimiser leurs finances sans le soutien des banques.

Pour financer son système téléchargeable gratuitement, Numbrs touche des royalties sur la vente de différents produits financiers. «Nous sommes partenaires avec plus de 30 banques et assurances», indique l’entreprise en mentionnant AXA, Allianz, Postbank, Santander, Barclays, etc.

Après plusieurs années d’existence, la jeune société n’arrive toutefois toujours pas à être rentable. Il y a deux ans, pour diminuer ses coûts, elle a notamment dû se séparer d’une cinquantaine d’employés (actuellement, ils sont un peu moins de 200), ce qui représentait un tiers de sa masse salariale de l’époque. Martin Saidler parle aujourd’hui de devenir une entreprise rentable d’ici deux ans.

À l’instar de Numbrs, c’est tout la fintech qui décolle en Suisse depuis plusieurs années. Début 2019, la Haute École de Lucerne publiait tout un rapport sur la branche dont la croissance s’est accélérée en 2018, suite à l’essor de la technologie de la blockchain.

En fin d’année, la Suisse dénombrait 356 entreprises actives dans ce milieu, soit 62% de plus qu’un an auparavant. Durant la même période, en termes de volume d’investissement, tous les records étaient battus avec 68 tours de financement bouclés et 324 millions de francs récoltés. «Le secteur a non seulement poursuivi son expansion, mais il a aussi continué à mûrir, comme le montre le nombre moyen d’employés dans les entreprises suisses de fintech, ainsi que l’évolution de leur valeur. Même si, en termes de chiffres absolus, la comparaison doit être nuancée, le contraste est marquant entre l’évolution de la fintech et celle du reste de l’industrie financière, où le nombre d’institutions et d’employés tend toujours à diminuer», indiquent les auteurs de l’étude lucernoise.

Genève, un essor mondial

Sur un plan mondial, deux villes suisses se distinguent plus particulièrement dans la fintech: Genève (3e) et Zurich (2e). Si pour le moment la capitale économique du pays est en tête, la Cité de Calvin héberge des groupes de renom, tels que Temenos, et ne dissimule pas ses fortes ambitions de croissance pour les années à venir.

Depuis bientôt deux ans, Genève s’illustre plus particulièrement dans le domaine de la blockchain et des cryptomonnaies. Il y a deux mois, elle a pu se targuer d’être la ville d’accueil de la future Libra, la monnaie virtuelle de Facebook (en partenariat avec un consortium de 27 autres entreprises) dont la date de lancement est prévue en 2020. Enfin, pour autant que les fronts qui s’opposent au projet ne finissent pas par en paralyser le développement.

Créé: 23.08.2019, 07h32

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